‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 41 sur 132 · DEBILLY QUITTE LA DIVISION DECAEN · texte numérisé non relu

DEBILLY QUITTE LA DIVISION DECAEN

viendrait remplacer le général Debilly, auquel je fis celte réponse :

Il n'est pas nécessaire, citoyen général, que le général Lacoursoit arrivé à la division pour vous rendre à votre nouvelle destination. Quant aux; désagréments que vous dites avoir éprouvés et qui ne peuvent rester ignorés, si vous pensez que ce soit pour votre avantage, je vous engage à leur donner toute la publicité que vous jugerez convenable.

11 fut ordonné aux troupes composant le détachement de rejoindre, le lendemain, leurs corps respectifs. La brigade du général Debilly fut provisoirement commandée par le chef de brigade Saint-Dizier.

21 frimaire (12 décembre). — Un nouveau rapport du chef Laffbn me parvint le matin : il m'apprenait que Montaulon s'était porté, dans la soirée, avec les troupes sous ses ordres, à Heretsham ; qu'il avait rendu compte que l'ennemi était toujours en pleine retraite, et qu'à Schnaitsee, il y avait une vingtaine d'hommes à pied qui en étaient partis à 4 heures de l'après-midi.

Il annonçait qu'il avait ordonné à cet officier supérieur d'envoyer des patrouilles sur tous les points pour tâcher de ramasser les traînards; qu'il paraissait, d'après tous les rapports, que l'ennemi se retirait sur Salzburg, et que les dernières troupes avaient couché à Tittmoning; qu'un déserteur des dragons de La Tour, qui venait d'arriver, avait dit que 100 liommes de son régiment étaient partis à 2 heures du matin de cet endroit, d'où il avait déserté ; qu'il m'observait que les chemins étaient extrêmement mauvais surtout pour l'artillerie.

Le général Durutte rendit compte que la croisière des route^s en avaut d'Altenmarkt était gardée; que, si elle lue l'avait pas été dès le soir, c'est que je lui avais prescrit d'établir son avant-garde à la hauteur de Rabenden; qu'il avait envoyé un bataillon jusqu'il Schivarzau pour garder les débouchés venant, de Trostberg et Feldkirchen, aboutir à la grande route; (ju'il n'avait pas envoyé, la veille, vers la division Grouchy, car le 10" de chasseurs, à cheval depuis 7 heures du matin, n'était arrivé à sa position qu'à la nuit,

gade, le 25 prairial an III; jjënéral de brigade, le li thermidor au VIII; ficiiéra! de dirisioii, le 12 juillet 1809; mort le 28 juillet 1809, à Gaudensdorf, i'aubourg de Vienne, des suites de blessures reçues à \Va<jram (A. A. G.).

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et que les chevaux étaient trop fatigués; mais qu'un détachement, commandé par un officier, était parti dès le matin et qu'il m'en donnerait des nouvelles à son retour; qu'il envoyait un Autrichien qui se disait déserteur et que, pendant la nuit, il avait envoyé quatre prisonniers.

Je reçus, entre 8 et 9 Jieurcs, une lettre du général Lahorie, encore datée de Rosenheim, à 1 heure du matin, il m'écrivait :

Le général on chef me cliarge de te prévenir, mon cher Decaen, que le général Lecouihe s'est porté hier en avant de Traunstein, et qu'il marche aujourd'hui sur la Salzach. 11 n'a rencontré qu'une faible arrière-garde qu'il a repliée avec le 8« de hussards.

Le général Grouchy se porte aujourd'hui sur Traunstein pour le soutenir.

Le général Richepance a ordre de se porter sur Altenmarkt. L'intention du général en chef est que lu passes l'AIz et que tu prennes position en avant de cette rivière, sur la route de Salzhurg; lu seras soutenu, au hesoin, par le général Richepance. Ton avant-garde éclairera aussi loin qu'elle le pourra le pays entre la route de Salzhurg et la Salzach, et approchera de celte rivière dans la direction de Laufen particulièrement, mais sans se compromettre.

L'ennemi a évacué les têtes de pont de Mùhldorf et de Kraihurg. Le général Grenier se portera aujourd'hui dans la direction de Burghausen et Salzhurg.

Prends, mon ami, tous les renseignements possibles sur la nature des communications qui mènent de la route de Salzhurg, à ta liauteur, sur Laufen et la Salzach entre Burghausen et Salzhurg.

Le général Moreau se rend aujourd'hui à Traunstein pour suivre le mouvement du général Lecourbe. Il parait que l'ennemi se concentre derrière la Salzach; mais je le crois parti un peu tard.

Aussitôt la réception de cette lettre, des ordres furent donnés pour l'exécution de ce qui m'était prescrit. Arrivé à Waging, je remis à l'adjudant commandant Normand (1), qui m'avait apporté le matin des ordres, le rapport ci-après adressé au général Lahorie :

Ayant reçu mon ordre de mouvement très tard (il était plus de 8 heures, mon cher Lahorie), je n'ai pu arriver de bonne heure en posi-

ili Xormaïui i Jean-François-Gaspard), né en 17"'2 à Xantos; capitaine, puis chef de bataillon à la légion nantaise depuis l'an II; chef de brigade, le 14 lliermidor an VI ; député au Conseil des Cinq Cents, en germinal an V; adjudant commandant, le 15 thermidor an I\ ; destitué le 17 messidor an XII ; réinléjjré, le 25 février 1809; général de brigade, le 30 août 1811 ; mort à Vilna, le 17 janvier 1813 (.\. A. G.J.

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tion. EnGn je suis établi, à 7 heures, une brigade en avant de Waging, ayant une avant-garde à Petting qui doit pousser ses postes à Schonram où se trouve renibranchement des routes qui conduisent à Laufen et à Teisendorf, avec ordre de pousser des partis le plus près possible de Salzburg.

Laffon a marché de Feldkirchen pour passer l'Alz au delà de Harting (1), et venir à Altering (2) alin de pousser des partis sur la Salzach, Laufen et Tittnioning, et prendre des renseignements sur la nature des communications. Le sui'plus de ma division est en arrière de Waging.

Je n'ai point vu d'ennemi. Mes rapports m'annoncent que toutes ses troupes ont marché sur Laufen et Salzburg. Il en est passé à Waging environ 20000, avec les généraux Hohenlohe, Baillet, Roschowsky, Hesse- Homburg, Eszterbazy, et deux antres dont on n'a pu me dire 1-es noms.

Les régiments de La Tour, Waldeck, Herzog Ferdinand-hussards et cuirassiers sont les seuls régiments qu'on ait pu me désigner et vingt pièces d'artillerie. Les Bavarois et les Wurtembergeois faisaient partie de ces troupes. Les dernières troupes ennemies sont parties ce matin à 8 heures d'ici, et de Tittnioning, pendant la nuit.

Le passage de l'ennemi à Waging a commencé avant-hier, la nuit, jusqu'à 3 heures hier après-midi.

Les ennemis, officiers et soldats, sont d'une humeur du diable contre l'archiduc Jean qui a dû être hier à Teisendorf. Ils estiment leurs pertes à 15 000 hommes et 100 pièces de canon.

Ils ont fait une tète de pont à Laufen, commencée dès le mois de juillet.

La Salzach est peu large, mais jirofonde.

Je vais te dire ce que j'ai appris sur la nature des communications, selon que tu me les demandes.

De Waging à Tittnioning, il n'existe qu'une mauvaise communication passant par Mauerhain et Tengling. Les habitants du pays y passent rarement avec leurs charrettes; ils embarquent sur le lac à une demi-lieue de Waging et débarquent au-dessus de Lampoding où il se trouve un assez bon chemin.

De Tittnioning à Burghausen, il y a une chaussée qui règne le long de la Salzach et qui remonte de Tittnioning à Laufen. Il y a une bonne communication de Harting (3) à Tittnioning.

De Waging à Laufen, il faut suivre la chaussée de Salzburg jusqu'à Schonram ; il y a une grande route qui conduit, de là, à Laufen ; c'est la seule communication.

De Waging à Traunstein, il n'y a de communication que pour passer à pied et à cheval; les transports qu'on a à faire de Waging à Traunstein se font préférablement à bras.

(1) Peut-être faut-il lire Gainliartio;;, à 1 800 mètres au M.-O. de Troslberg.

l2) Peut-être Allerfiaij, à 5 kilomètre» à l'ouest de Tittmoiiing.

(3) Voir la note 1 ci-dessus. Le registre de Decaen, conservé aux Archives de la Guerre, porte : « ... de Trostberg à Tiltmoniug » (Correspondauce des divisions du centre et de la réserve, A. H. G.).

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Je te ferai part de ce que j'aurai de nouveau, si cela en vaut la peine. Fais en sorte que je reçoive mes ordres de bonne heure. J'ai trouvé ici un espion envoyé hier par Claparède (1). Il ne sait rien. Sa manière de répondre auv interrogations qui lui ont été faites m'a paru louche; il sera envoyé demain à l'état-major. (2)

Je fus prévenu par une lettre de Tétat-major général que l'intention du général en chef était qu'à l'instant où les troupes occuperaient un terrai» où se trouveraient des salines, il y fût placé des sauvegardes ayant les ordres de s'opposer aux moindres dégradations et de protéger les propriétés des personnes chargées de la surveillance de ces salines. Cet ordre fut de suite transmis à tous les chefs de corps.

(1) Claparède lAIichel), né le 28 aoûl 1770, à Gignac (Héraull) ; capitaine an 4« bataillon de l'Hérault, le 5 février 1793; chef de bataillon, le 26 messidor an VII; nommé «jénéral de brigade par le commandant en chef de l'armée de Saint-Domingue, le 17 thermidor an X; général de division, le 8 octobre 1808; employé en Espagne en 1808, à l'armée du Rhin en 1809, en Espagne en ISIO et 1811, à la Grande Armée en 1812; commandant la place de Paris, le 15 juillet 1815; inspecteur général d'infanterie de 1815à 1818; en disponibilité, le 1" octobre 1830; mort à Montpellier, le 23 octobre 1842 (A. A. G.).

(2) Decaen ajoutait dans sa lettre : » J'apprends que le général Galiaui [peut-être Candiani] était du nombre des généranx et que les cuirassiers [étaient ceux] d'Anspacb et de Zeschwitz, des Bavarois et Wurtembergeois » (Correspondance des divisions du centre et de la réserve, A. H. G. ).

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