‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 49 sur 132 · L'ARMEE VA RE.VTRER EX FRAX'CE · texte numérisé non relu

L'ARMEE VA RE.VTRER EX FRAX'CE

Je fis donner des ordres pour rexécution du contenu de la circulaire ci-après, datée du 5 ventôse :

Le général en chef désirant, mon cher général, avoir un travail complet, sur les opérations et marches de l'armée pendant la dernière campagne, je vous prie, en conséquence, de vouloir bien donner des ordres pour que les officiers du génie attachés à votre division soient chargés d'une partie de ce travail, savoir : les communications détaillées dans l'instruction ci-jointe.

Les circonstances exigeant que cette opération soit terminée sous peu de jours, il est important de prescrire à ces officiers d'y mettre la plus grande activité.

9 ventôse {'21 février). — Je reçus du général Lahorie la lettre circulaire ci-après, datée du 7 :

Le général en chef vient de me prévenir, mon cher général, de pré parer l'armée à son mouvement qui, probablement, aura lieu incessamment. Il a pensé que la première chose à faire était de se débarrasser des hôpitaux et des parcs d'artillerie. En conséquence, son intention est que toute l'artillerie de l'armée (à l'exception de l'artillerie qui restera avec les divisions) soit réunie de suite au parc central de chaque corps de troupe avec tous les caissons de cartouches des demi-brigades; et que les chefs de corps fassent retirer et encaisser les cartouches en distribution et celles restantes pour les envoyer de suite à la même destination.

21 ventôse (12 mars) . — Je fus informé, par une lettre du général Lahorie du 19, que, plusieurs demandes d'autorisation d'aller à Vienne lui ayant été adressées, il ne voulait point se mêler d'en faire la demande au prince Charles; qu'il avait laissé celte faculté au général Grouchy, et que je pouvais aussi demander des passeports pour Vienne, à l'archiduc, pour les officiers auxquels je croirais pouvoir sans inconvénient accorder cette faveur, mais seulement pour très peu de jours et de suite; qu'il estimait que ma division ne se mettrait en marche que vers le 25 ou 30 ; que la division Richepance la précéderait peut-être, comme plus éloignée.

mémoires, il disait encore à Laliorie • « ... Je puis, si je veux, avoir une correspondance de facteur avec un philosophe! Oui, mon cher Laliorie, me voilà lancé pour la recherche des matériaux scienliGques I A cet égard, je ne voudrais pas faire autre chose, car je ne me sens pas digne de feuilleter un incunable. Je te donne ma parole que la charge sera complète! Je ne puis agir différemment d'après les démarches qu'on vient de faire... Aussi, par une circulaire, j'invite tous ceux qui sont à inviter de m'aider de tous leurs moyens pour que je puisse prouver à mon commettant que j'étais digne de sa confiance. J'ai déjà un catholicon. Adieu, je t'embrasse de tout mon cœur ^ (Decaen à Lahorie, Enns, 1" ventôse, A. H. G).

Il me donnait avis (|u'il attendait le général Moreau pour le 20. A cette lettre était jointe une circulaire du général en chef, datée de Munich, le 17 ventôse, dont suit le contenu :

Le général en chef au (jénéial de division Decaen.

Le traité de paix de Lunéville, citojen général, qui vient de mettre le gouvernement français en relations d'amitié avec tous les peuples du continent, lui impose de quitter avec tous les ménagements possibles le pays occupé par les armées de la République.

J'ai reçu, à cet égard, les ordres les plus positifs. Les désordres qui auraient lieu seraient nécessairement l'objet d'une foule de réclamations et forceraient le gouvernement à des mesures sévères contre les chefs, seule réparation qu'il serait en son pouvoir de donner.

Veuillez donc, citojen général, prendre tous les moyens qui seraient en votre pouvoir pour que la discipline la plus exacte soit maintenue pendant toutes les marches. Vous exigerez que tous vos subordonnés ne s'écartent ]ias de leur poste, sous quelque prétexte que ce soit. Vous voudrez bien également établir votre quartier général au centre des troupes à vos ordres et être à portée de faire droit à toutes les plaintes qui pourraient vous être adressées.

Je ne doute pas, citoyen général, de votre empressement à me seconder pour que la renti'ée de l'armée du Uhiii en France soit aussi honorable que ses campagnes ont été glorieuses. Vous sentez combien il m'en coûterait d'avoir à désigner au gouvernement des vexations ou des désordres qu'il ne pourrait plus se dispenser de réprimer, comme une satisfaction due à des peuples amis.

Je vous salue.

Signé : More.^u.

4 vciitàse (15 mars). — Je reçus du général Lahorie la lettre ci-aprés, datée du 22 :

Mox CHER Decaen,

Le général Moreau est enfin arrivé; mais on ne sait encore rien du départ de l'armée. Cependant il y a beaucoup à croire que l'armée recevra des ordres de mouvement avant la fin du mois.

Je donne aujourd'hui ordre à la division Ilichepancc de se rassembler par brigades en avant de la Traun; ci-joint copie de ma lettre à ce sujet.

Je t'engage à replier sur la rive gauche de la Traun, le 25, les troupes de ta division sur la route de Vienne.

Je t'écrirai probablement sur tout le mouvement dans trois jours. Je vois que le temps qui nous reste ne permettrait pas d'accorder des permissions pour Vienne; il m'a paru même que ces permissions n'entraient qu'à

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