‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 5 sur 132 · DECAEN DEMANDE DES ORDRES A LECOIÎRBE · texte numérisé non relu

DECAEN DEMANDE DES ORDRES A LECOIÎRBE

pour se rendre à Aislingeii où il recevrait de nouveaux ordres.

Le général Durutte reçut l'ordre de réunir sa brigade près de IJurgau et d'en partir à 2 heures précises du matin, pour se rendre aussi à Aislingen en suivant la marche du général Debilly par Baumgarteu.

La réserve, avec l'artillerie et les équipages, reçurent l'ordre de se rendre aussi sur Aislingen, en passant par Rofingen et Mehrenstetten, et j'envoyai un officier d'état-major au quartier général pour prévenir que j'avais dirigé toute ma division sur Aislingen et que j'y serais rendu de ma personne à 4 heures du matin, ainsi que je l'avais mandé au général Lecourhe. Mon officier d'étatmajor me rapporta, le lendemain matin, à Aislingen une lettre du général Lahorie, datée du 29 à minuit, dans laquelle il me mandait qu'il venait de recevoir à l'instant mon avis de la marche de ma division et du lieu que j'avais choisi pour son rassemblement; que, d'après l'heure à laquelle je serais rendu sur Aislingen, je me trouverais pleinement en mesure de soutenir le général Lecourbe; mais qu'il était indispensable que la division dépasse Aislingen dans sa position pour arriver sur la route de Dillingeu parce que le général Grandjean, avec ses cinq bataillons et ses deux régiments de cavalerie, se placerait entre Aislingen et Weisingen pour \ attendre les ordres de son mouvement ultérieur sur Dilliugen. 11 me prévint (|ue le général en chef allait se rendre à Aislingen même.

30 prairial. — Cette nouvelle disposition fut exécutée, et la division prit sa position en masse de manière à pouvoir se mettre en marche au premier ordre; et des reconnaissances furent envoyées pour s'approcher des ponts de Lauingen et de Dillingeu, afin de reconnaître dans quel état ils étaient et travailler à leur réparation aussitôt que cela serait possible.

Ne recevant pas de nouvelles du général Lecourbe et ayant entendu une canonnade du côté de lîlindheim, entre les 5 et 6 heures du matin, j'envoyai aussitôt un de mes aides de camp pour informer ce général de la position que je tenais et pour lui demander ses ordres.

Quelque temps après, je reçus une lettre du général Lahorie, dans hujuelle il me mandait que le général en chef venait d'être prévenu par le général Lecourbe que son passage avait man(|ué

sur Dillingen (1) et qu'il se portait sur Blindlieim pour en tenter un nouveau sur ce point; et que l'intention du général en chef était que je me tinsse prêt à soutenir le mouvement du général Lecourbe et de me diriger, sur sa demande, vers le point où il aurait forcé le passage, s'il était assez heureux pour y parvenir; et il me fut répété que le général en chef allait venir me voir et qu'il allait s'établir à Burgau.

Mon aide de camp, de retour de sa mission et qui, par sa prompte diligence, avait fait crever son cheval, m'annonça que le général Lecourbe ne lui avait pas donné d'ordre à me transmettre. Comme il était alors en plein succès, il ne voulut probablement pas qu'on eût à dire qu'il avait été secondé dans son opération. Ce singulier procédé me donna un peu d'humeur. J'en informai de suite le général eu chef par un officier que j'envoyai vers lui, ainsi que pour le prévenir que, d'après le succès du passage et en attendant ses ordres, puisque le général Lecourbe n'avait pas jugé à propos de m'en donner, j'avais fait travailler à réparer les ponts de Lauingen et de Dillingen et que j'allais toujours faire rapprocher une partie de mes troupes du pont de Dillingen qu'on m'avait annoncé pouvoir être réparé vers les 6 heures du soir, s'il n'arrivait pas d'événements contraires aux travaux.

Enfin le général en chef étant arrivé, il m'ordonna de faire avancer le reste de ma division vers le pont de Dillingen où je me rendis de suite avec lui. Mous arrivâmes au moment où les réparations venaient d'être terminées, entre 6 et 7 heures du soir.

Comme le général Lecourbe, en poursuivant l'ennemi en remontant la rive gauche du Danube, avait dépassé Dillingen, le général en chef passa sur-le-champ de l'autre côté du fleuve. Je le passai avec lui. Mais dès que nous fûmes de l'autre côté du pont, on entendit le canon. Alors, d'après les ordres du général en chef, je fis avancer au trot, pour nous suivre, le 6' régiment de chasseurs, le 13" de cavalerie et ma compagnie d'artillerie légère; et mon infanterie reçut l'ordre de marcher avec diligence.

A une lieue environ de Dillingen, nous rencontrâmes le général Lecourbe dans sa voiture et qui revenait vers nous. Il rendit com^pte au général en chef de sa position et de celle de l'ennemi

(1) Decaeo, qui s'était porté vers Dillingen, avait pris l'échec de Lecourbe pour une fausse attaque (Plauzonne à Liihorie, .lislingeii, 30 prairial, .\. H, G ).

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qui, ayant reçu un renfort considérable de cavalerie envoyé d'Ulm, avait repris Toffensive. Xous continuâmes d'avancer pour aller au soutien des troupes du général Lecourhe.

Lorsque nous fûmes arrivés sur le terrain, que le général en chef eut vu l'état des choses, et que la cavalerie de la division Grandjean (le -4" de hussards et le IP de dragons) eut rejoint, il prit la résolution non seulement d'arrêter le mouvement de l'ennemi, mais encore de le rejeter au delà de la Brenz : en conséquence, il ordonna une nouvelle attaque.

Ce que m'avait fait, le matin, le général Lecourhe, me fit demander au général en chef si c'était de lui-même ou de ce général que je recevrais des ordres. Le général en chef m'ordonna de me placer à la gauche de notre ligne et, quand elle s'ébranlerait pour se porter en avant, de marcher rapidement avec mes deux régiments de cavalerie et mon artillerie légère pour combattre l'ennemi sur son flanc droit. Au moment opportun, j'exécutai cet ordre avec célérité et, lorsque ma colonne fut arrivée à la proximité de l'ennemi, j'en ordonnai le déploiement. Bientôt après, mon artillerie eut commencé son feu. Cette manoeuvre audacieuse et promptement exécutée contribua beaucoup au succès (|ui couronna cette glorieuse journée; car, malgré les efforts de l'ennemi contre les charges vigoureuses que le général en chef, qui se trouva plusieurs fois dans la mêlée, dirigea contre lui, il fut partout culbuté. On lui prit plus de quatre cents chevaux sans ceux qui restèrent sur le champ de bataille. Pendant celte action, la 37" demi-brigade d'infanterie s'empara de Gundelfingen. On combattait encore à 11 heures du soir. Enfin l'ennemi, jeté au delà de la Brenz, nous abandonna ses positions.

Après le combat, je m'établis à Ober-Medlingen avec toute ma division ayant des avant-postes pour se garder sur la Brenz (1).

(1) • Le général Decaeii a appris ce soir par les habitants du pays que le général Szlaray avait son quartier général établi à Gundelfingen depuis quatre jours, et que le parc de réserve de l'artillerie autrichienne est à Xôrdlingen. Le général Decaen me charge encore de vous prévenir qu il a sa division assemblée près de Gundelfingen, une brigade eu avant de cette ville, et l'autre à droite, éclairant les routes de Langcnau et de Stotzingea et provisoirement celle qui conduit sur Giengen. Il vous prie de faire porter le plus tôt possible la division Leclerc pour garder cette dernière route. Les avant-postes de la division sont placés verslaBreni et s'en rapprocheront le plus possible. On aperçoit, dans ce momentci, l'ennemi en mouvement devant ses feux eu filant sur sa droite. Le général Sztaray et le général Nauendorf sont partis hier de Gundelfingen pour Dillingen » (Hamelinaye à Lahorie, Gundelfingen, 30 prairial, A. H. G.).

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