‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 89 sur 132 · ANNEXÉES SOLS LES NUMEROS 1 , 2 ET · texte numérisé non relu

ANNEXÉES SOLS LES NUMEROS 1 , 2 ET

A MA LETTRE AU MINISTRE DE LA MARINE SOUS LA DATE DU 10 FRUCTIDOR AN XI.

A Pondichéry, le 9 messidor an \I.

Léger, préfet colonial des établissements français dans l'Inde, au général Decrès, ministre de ta Marine et des colonies.

Général,

Un petit bâtiment part pour l'île de France : j'en profite pour rendre compte à Votre Excellence de notre heureuse arrivée à Pondichéry. La traversée n'a été que de dix-neuf jours depuis Madagascar : nous sommes arrivés le 15 juin, 26 prairial, sans accident et sans perte d'honnne.

Les lettres de créance données par le capitaine général au commandant Binot pour réclamer la remise de la place ont été remises à l'officier anglais qui commande à Pondichéry; et, sur l'envoi qui en a été fait à Madras, le gouverneur a répondu qu'il ne pouvait faire la remise avant d'avoir reçu les ordres du gouverneur général de Calcutta.

Mais, en attendant cette réponse, on a permis le débarquement des troupes; et des ordres ont été donnés au colonel CuUen, nommé commissaire britannique pour la remise, de s'occuper des détails préparatoires et d'avoir pour nous tous les égards possibles. Je n'ai qu'à me louer, en effet, des procédés de ce connnissaire.

Toutes facilités me sont données pour préparer les logements des troupes, les hôpitaux, et pour assurer les subsistances.

On espère que la réponse sera prompte et conforme à nos désirs. Je dois cependant vous observer qu'on attribue le retard de la remise à des alarmes occasionnées par des dépt'ches du 11 mars, reçues par Constantinople. On a paru, un moment, craindre de voir recommencer les hostilités. Depuis deux jours, on est plus calme, et les gens qui raisonnent s'élèvent au-dessus des murmures populaires qui tendaient à donner une méfiance très dangereuse.

Le capitaine Bruilhac, en raison de ces premiers bruits, a demandé à retenir à bord une partie des troupes passagères, se trouvant trop faiblement armé. C'est une petite augmentation de dépense, puisque les soixante hommes qu'il a retenus consomment à bord une ration de vin qu'ils

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n'auront point à terre. J'ai cru devoir consentira cette disposition qui met cette frégate dans un état de force.

11 est impossible de se faire une idée de l'état de destruction de toutes les propriétés nationales. Le gouvernement seul a été conservé. Les autres maisons nationales ne pourront être réparées qu'à grand frais. On a détruit...

Le surplus de celte lettre annonçait quel(|ues dispositions provisoires pour le logement des troupes, etc... et Je prévoyais bien -. , disait le préfet, 'i que noire po.sition serait peu agréable dans les commencements; mais je ne croyais pas trouver ces établissements publics si complètement détruits, v Enfin, il terminait cette lettre par le paragrapbe suivant :

... Je suis trop peu lixé encore sur le motif de l'expédition militaire des Anglais à Poonah pour hasarder d'en donner des détails. Le fait cat qu'ils sont à Poonah comme auxiliaires ou gardes d'honneur du peschvvah. L'expérience fait connaître ce que cette expression signilie. Bientôt le peschuah sera pensionné, c'est-à-dire prisonnier. D'autres chefs mahrattes sont mécontents. L'arrivée de la division peut donner de l'inquiétude aux Anglais. Salut, etc..

Signé : Légkr.

Pondichéry, le 19 messidor.

Léger, préfet, etc., au ministre de la Marine.

Depuis le 9 de ce mois, date de la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire pour rendre compte de notre arrivée, notre position n'a pas changé.

Le gouvernement de iMadras n'a pas encore reçu de réponse du gouverneur général de Calcutta.

Le conunissaire délégué à Pondichéry a fait toutes les dispositions pour améliorer en ce qui le concerne l'exécution de la remise.

Il n'existait ni pavillon anglais ni nuit pour la place. Il a fait rétablir le mât qui existait anciennement, et le pavillon britannique qui flotte sur la ville indique que nous n'en avons pas encore pris possession.

Le courrier de Madras nous apprit hier que de nouveaux pa(juets, reçus par la caravane, datés de Londres du 26 mars paraissaient augmenter l'inquiétude générale à Madras sur la durée de la paix. On parle d'une alliance de la France avec la Russie, et du dessein manifesté de partager l'empire de la Turquie. Votre excellence conçoit combien ces nouvelles rendent notre situation fâcheuse.

Leson-dit ne doivent pas m'cmpècher de continuer les dépenses pour

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