L'INCIDENT DE LA ' COTE D'OR
considération et de votre estime. Je la conserverai avec ce soin qui est dû à la ressemblance de l'un des plus grands hommes qui aient existé dans les temps anciens et modernes, et comme un gage de l'amitié personnelle qui règne entre nous.
J'ai l'honneur d'être, etc..
Signé : Cullem, lieutenant-colonel et commissaire britannique.
Pour copie conforme :
Siyné : L. Binot.
Pièces annexées à la lettre écrite au ministre de la Marine, le 20 fructidor an XI, et relatives au navire la Côte-d'Or, arrêté et ensuite relâché par les Anglais.
Pondichëry, le 28 messidor an XI.
B. C. ^- Binot, adjudant commandant, etc..
au général Decaen, etc..
J'ai eu l'honneur de vous informer, mon Général, par le vaisseau la Côte-d'Or, de tout ce qui s'est passé depuis votre départ et de la réponse que j'ai reçue du lord Clive à votre adresse.
J'attends toujours la décision du conseil de Calcutta; le colonel Cullen m'assure qu'elle doit arriver incessamment.
L'amiral Rainier, auquel je me suis plaint de l'arrestation de la Côted'Or (voir n° 1), m' ayant répondu d'une manière insignifiante (n° 2), je lui ai de nouveau écrit pour lui faire sentir combien son procédé était déplacé, en le prévenant qu'aussitôt c|ue ce vaisseau aurait pris des vivres, je lui donnerais des ordres pour une nouvelle destination (voir le n" 3) .
Le même jour, je me suis empressé de communiquer au capitaine de la Côte-d'Or l'ordre que m'avait laissé l'amiral Linois; dans la même nuit, il a reçu son exécution.
Les Anglais qui, selon toute apparence, n'ont aucune envie d'agir ostensiblement envers nous, ont laissé partir notre vaisseau de nuit, quoique pouvant bien l'en empêcher, et se sont contentés de le faire suivre par deux frégates. J'espère qu'il sera assez heureux pour arriver à sa destination.
Il paraît que l'amiral anglais est furieux de ne pouvoir retenir nos bâtiments. Il me fit dire, le matin du départ de la Côte-d'Or, par le colonel Cullen, combien il était surpris que je donnasse des ordres aux bâtiments qui étaient dans la rade, et que, bientôt, je verrais les frégates anglaises ramener notre bâtiment.
388 MEMOIRES ET JOURNAUX DU GEXERAL DECAEM
J'ai répondu que je désirais que Monsieur l'amiral m'adresse par écrit ce qu'il pensait de ma conduite et de ce qu'il avait dessein de l'aire envers nos bâtiments, et qu'enfin il me tardait d'apprendre si nous avions la paix ou la jjucrre.
La flotte anglaise est toujours en rade, forte de cinq vaisseaux et trois frégates.
Le citoyen liruiv m'ayant témoigné le plus grand désir d'aller vous rejoindre, connaissant son zèle pour tout ce qui peut intéresser son pays, je lui ai permis de partir et je l'ai chargé de mes paquets. J'ai riionneur, etc..
SUjné : Bixot.
Au quartier général, à Pondichéry, le 24 messidor an XL
L'adjudant commandant L. Binot, chef de i étal-major de l expédition des Indes Orientales, à Monsieur l'amiral Rainier, commandant les forces navales de Sa Majesté Britannique dans les mers de l'Inde.
Ce n'est pas sans le plus grand étonnement que je me trouve forcé de vous demander quelle peut être la raison qui vous a engagé à faire mouiller près de vos vaisseaux un bâtiment de la République française qui se dirigeait sur Pondichéry, lieu de sa destination.
J'étais loin de m'attcndre, Monsieur, à pareil procédé de votre part au moment où je suis sur le point de reprendre possession de la ville.
Pour copie conforme :
Signé : Bixot.
A bord du Cenlurwn, en rade de Pondichéry, le 14 juillet 1803.
Monsieur,
Avant de faire une réponse directe à votre lettre où vous me demandez si péremptoirement la raison qui m'a fait mouiller le transport français la Càte-d'Or près de mon pavillon, hier soir, je vous prie de me faire la grâce de m'infornu'r par quelle autorité vous faites usage du style que vous avez employé en vous adressant à moi, à cette occasion, vu que je ne puis reconnaître aucun autre quartier général à Pondichéry que celui qui