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LES POSSESSIONS FRANÇAISES DE L'INDE

retrouve, dans ce même mémoire, au n° 6, des pièces à l'appui que les districts dont il s'agit étaient composés de 80 aidées; et cette pièce est de toute authenticité : aussi, c'est le nombre de 80 aidées qui nous fut restitué à la paix de 1783 et qui doit nous être rendu dans la présente rétrocession.

Comme il est nécessaire de faire connaître au gouvernement chacun des détails relatifs à nos établissements d'Asie, le capitaine général et le préfet colonial devront adresser au ministre copie de toutes les pièces dont ils parviendront à recouvrer les originaux, avec les plans y relatifs, de manière à pouvoir reformer à Paris un nouveau dépôt d'archives sur cette partie.

Territoire et Population.

Pondichéry est le chef-lieu des établissements de la République en Asie et la résidence ordinaire du capitaine général. Son territoire s'étend au sud jusqu'à deux lieues, et environ une demi-lieue dans le nord.

La population, qui était, en 1776, de 50000 Indiens et environ 1 000 Européens, a toujours diminué depuis cette époque; les malheurs de la guerre ayant porté atteinte au commerce, la population s'est réduite, avec les moyens d'industrie.

Jusqu'à ce que la France ait repris la consistance qu'elle avait autrefois dans cette contrée, le capitaine général et le préfet colonial ne peuvent en augmenter la population qu'en attirant les familles indiennes par l'équité de leur administration et la protection locale.

Le préfet colonial ne négligera pas de faire, chaque année, un recensement général, famille par famille, de tous les habitants des villes appartenant à la République. Il distinguera les Européens, Français ou autres, des Indiens et enverra le tout au ministre.

Karikal est situé à trente lieues au sud de Pondichéry.

Le territoire français, dans cette partie, est composé de quatre nangans [?] ou districts qui composent environ quatre lieues carrées.

La France possède Karikal à titre de concession de la part du roi de Tanjaour (1) depuis 1738.

L'article 14 du traité de 1783, nous en a rendu la propriété qui nous est garantie par celui d'Amiens.

Pour accroître sa population, on pourra attirer des Juifs dans cette ville, et la tolérance religieuse, ainsi que la douceur du gouvernement, favoriseront cette mesure.

L'établissement des Français à Mahé remonte à 1722.

Cette ville est la seule que la République possède à la côte de Malabar, distante d'environ £0 lieues à l'ouest de Pondichéry. Elle n'est pas moins importante pour le commerce que par son voisinage avec les états des Mahrattes. Elle l'était bien davantage quand Tippoo-Sultan était sur le

(1) Probablement Tanjore.

trône de Mysore. La mort de ce prince et le partage de ses états apportera des changements notables dans notre politique et nos relations commerciales dans cette partie.

On ne connaît point le titre primitif en vertu duquel l'ancienne compagnie des Indes s'est établie à Chandernagor. On sait seulement, par des lettres patentes du mois de février 1701, qu'alors ce comptoir faisait partie des possessions françaises.

Chandernagor fut d'abord très négligé; mais, par les soins de Dupleix, il était parvenu à l'état le plus florissant avant que les Anglais eussent fait la conquête du Bengale.

Dans les trois dernières guerres, cette ville est tombée au pouvoir des Anglais et elle sera toujours dans l'impossibilité de se défendre parce que, non seulement elle est enclavée dans les possessions britanniques, mais encore parce que nous n'avons que la liberté de l'entourer d'un fossé pour l'écoulement des eaux (Art. 13 du traité de Versailles),

Quoique Chandernagor soit ainsi dans la dépendance des Anglais, ce n'est pas moins un point intéressant pour notre commerce et pour les revenus qu'il donne à la République.

Le voisinage de Calcutta permet aussi de se procurer des notions précieuses sur la conduite et les projets de nos rivaux et de connaître ainsi les phases de leur situation politique aux Indes.

Les loges, comptoirs et établissements du commerce français au Bengale relèvent tous de Chandernagor.

Tout ce qui concerne Chandernagor, loges et dépendances du Bengale, est déterminé par la convention du 31 août 1787, qui devra servir de règle au capitaine général pour les instructions que donnera le capitaine général à l'officier commandant ces établissements.

C'est là que, surtout, il faudra s'attacher à prévenir ou à arrêter, par des voies conciliatoires, les tracasseries qui pourraient avoir lieu soit relativement à des rapports de commerce, soit dans les affaires contentieuses.

Chandernagor, étant éloigné d'environ 400 lieues de Pondichéry et réunissant sous sa dépendance un assez grand nombre de loges et comptoirs, forme, pour ainsi dire, une colonie séparée, quoique le gouverneur en soit subordonné au capitaine général et qu il ait également des instructions à recevoir du préfet colonial pour la partie administrative.

On compte, à Chandernagor, environ 130 Européens et 24 000 Indiens. La France, qui possédait autrefois les quatre cercers ou provinces du Nord, n'a plus, dans cette partie de l'Inde, que les deux loges Masulipatain et Yanaon.

Ces deux factoreries ont pour objet de protéger le commerce dans cette contrée. Le pavillon français est arboré dans ces loges, qui sont dirigées chacune par un agent français. A la loge de Yanaon est attachée une petite propriété dont les revenus peuvent couvrir les frais de rétablissement.

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