REVENUS ET DEPENSES
Les loges de Surate et de Calicut sont à la côte Malabar ce que Masulipatam et Yanaon sont à la côte Coromandel. On s'est procuré, sur la loge de Surate, une note qu'on joint pour information à ce mémoire. Cette note devra être vérifiée, et il est à désirer que le gouvernement en reçoive de pareilles sur chacun de nos établissements.
Quoique les agents français à Mascate et à Moka aient le titre de commissaires des relations commerciales, ces loges n'en dépendent pas moins des établissements de la République en Asie, et l'administration particulière doit en être immédiatement subordonnée à l'administration générale de l'Inde.
Ce principe est fondé sur ce qu'il se fait peu d'armements en Europe pour Moka et jamais pour Mascate, et qu'ainsi un des buts essentiels de ces comptoirs est de favoriser et soutenir le commerce dinde en Inde, lequel est sous l'administration spéciale de l'administration de Pondichéry.
On ne parle pas ici de la loge de Canton, non seulement parce qu'elle est très éloignée du chef-lieu de nos possessions dans l'Inde, mais encore parce que les armements pour la Chine se font en Europe et qu'il n'y a guère de communications entre Canton et Pondichéry. Il sera cependant ordonné à l'agent de la République en Chine de correspondre avec le capitaine général et le préfet colonial toutes les fois que l'occasion se présentera de leur rendre compte de l'état du commerce et des événements politiques de cette contrée.
Revenus et dépenses.
Ce mémoire contenait renonciation détaillée des domaines et revenus dans l'Inde dont le total était porté à l 174 175 francs; et, à la suite, il était dit :
... On ne se dissimule pas que la somme de ce revenu ne sera pasr dans la première année, ce qu'elle était avant notre dépossession ; et il sera important que le préfet fasse connaître les rentrées sur lesquelles on pourra compter, ainsi que l'aperçu de la dépense annuelle raisonnée et présentée dans la forme usitée d'un budget.
D'après les ordres du Premier Consul, chacune des personnes employées dans nos établissements partira de Franee avec six: mois de son traitement, etc.. Quant aux soldats, trois mois seulement leur seront payés avant de partir; les trois autres mois seront remis au conseil d'administration du corps pour assurer la solde du temps à courir sur ces avances après le débarquement.
Le Premier Consul, prenant en considération l'étal des forces et de l'administration destinées à servir dans les mers d'Asie et les dépenses auxquelles donneront lieu leur solde et autres frais accessoires que nécessitera notre établissement en Asie, a ordonné que, pour y parvenir, 1 800 000 francs seront embarqués sur l'escadre destinée à la rétrocession, et mis à la disposition de l'administration. Cette somme, avec les revenus
du pays, devra excéder la dépense de tous les établissements pendant une année à compter du jour du départ.
Le Premier Consul a décidé que, sur cette somme, 200 000 francs seraient employés aux fortifications extraordinaires, aux présents à faire aux gens du pays, aux frais de courrier et à toutes autres dépenses qui ne peuvent être prévues dans le cours ordinaire de l'administration. Ces fonds, comme tous les autres, devront être versés dans la caisse du payeur, et il ne pourra en être disposé que d'après les ordres du capitaine général et sur une ordonnance du préfet colonial.
Troupes.
Si l'on ne considérait les possessions de la République que comme des établissements purement commerciaux, quelques Européens avec un corps de Cipayes suffiraient pour la garde des premiers fonctionnaires et la police des villes. Mais comme la dignité de la République ne comporte pas une situation si précaire, qu1 elle mettrait ses établissements à la merci de la moindre insurrection des natifs, l'intention du Premier Consul est d'entretenir, dès ce moment, à Pondichéry une force armée assez considérable, et qui puisse facilement s'accroître suivant les circonstances.
Les troupes destinées pour les garnisons de l'Inde sont...
(L'énumération en a été faite précédemment).
Le Premier Consul s'en rapporte, sur le rétablissement militaire de Karikal et de Mahé, à la sagacité du capitaine général, pour le nombre d'Européens et de Cipayes qui doivent en composer les garnisons; quant à Cbandernagor, il ne peut y être entretenu que des Cipayes.
Le capitaine général se conformera, pour les nominations aux emplois vacants dans les troupes, à ce qui lui est prescrit dans l'arrêté du 28 fructidor an X.
Fortifications.
De toutes les places que la République possède aux: Indes, Pondichéry est la seule qui, dans l'ancien système, ait été fortifiée; ce n'est pas que Mahé, le seul point d'appui que nous ayons à la côte Malabar, ne soit très important sous les points de vue militaire et politique; mais cette propriété secondaire isolée, ceinte par des nations que les Anglais dominent en maîtres, ne pourrait être mise en état de défense sans des sacrifices énormes et insuffisants en cas d'hostilités.
Il n'en est pas de même de Karikal ; c'est encore un problème à résoudre de savoir si cette place ne serait pas préférable à Pondichéry pour être le chef-lieu de rétablissement français.
La plus grande étendue de son territoire, Y importance de ses revenus, les avantages militaires de sa situation, celui d'être située sur une rivière dans le voisinage d'un établissement neutre, semblent donner du poids à l'opinion de ceux qui pensent que cette place réclame la préférence sur