‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 139 sur 184 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Lettre de Decaen au ministre. — Arrivée à Pondichéry. — Decaen écrit au gouverneur de Madras pour demander l'exécution des clauses du traité d'Amiens. — L'escadre anglaise se met sous voiles. — Elle mouille au vent de la division française. — Arrivée inattendue du Délier — Il apporte à Decaen l'ordre de rallier l'île de France en cas de rupture entre la France et l'Angleterre. — Devant les mesures que prennent les Anglais, Decaen décide de se rendre immédiatement à 1 île de France. — Ses ordres à l'adjudant commandant Binot. — Abnégation du préfet colonial Léger qui abandonne sa famille. — Les bâtiments de Linois échappent pendant la nuit à la surveillance de la flotte anglaise. — Arrivée à l'île de France. — La Belle-Poule échappe aux Anglais. — La Côte-d'Or, capturée par eux, est rendue. — Difficultés qu'éprouve Decaen à faire parvenir ses rapports en France. — Nouvelles instructions à Binot.

Ce qui eut lieu eusuite est énoucé daus la lettre ci-après, que j'adressai au ministre, sauf quelques détails et quelques faits que je pourrai rapporter à la suite de cette lettre, et que je ne jugeai pas à propos d'y insérer ou que je ne crus pas nécessaire de transmettre. Cette lettre était sous la date du 10 fructidor :

Citoyen Ministre,

Si je n'avais qu'à vous annoncer mon arrivée à la côte de Coromandel, mon rapport aurait été on ne peut pas plus satisfaisant. Mais les événements qui se sont succédé ont extrêmement influé sur le plaisir que je devais naturellement éprouver d'être arrivé à une destination aussi éloignée avec des troupes jouissant de la meilleure santé.

Il aurait été bien favorable que le Bélier fût arrivé deux jours plus tôt dans la rade de False Bay, où la contrariété des vents avait retenu la division jusqu'au 7 prairial, ou qu'au moins il eut pu nous atteindre avant Pondichéry.

Auparavant de vous entretenir du parti que j'ai dû prendre, lorsque votre dépêche du 20 ventôse m'a été remise, je vais vous faire un exposé de la situation des choses à mon arrivée à la côte Coromandel.

Le contre-amiral Linois, en vous rendant un compte particulier des mouvements de la division, vous annonce que, le 22 messidor au point du jour, nous nous trouvâmes à l'atterrage devant Porto-\Tovo, où l'escadre anglaise était au mouillage. Aussitôt que cette escadre nous aperçut, il en

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