DECAEN SE PORTE SUR AIGSBOURG
vous entreteniez avec lui des relations continuelles sur les différents événements militaires qne vous pourrez avoir. C'est l'intention du général en chef. Je m'empresse de vous la transmettre.
6 messidor. — Les troupes de la division et celles qui devaient y être réunies reçurent de suite l'ordre de leur marche et de recevoir leurs vivres pour deux jours. La brigade Debilly commença le mouvement vers minuit (1). La division, passant par Neresheim et Wittislingen, arriva à Hochstâdt entre 10 et 11 heures du matin.
La brigade Durutte, avec le parc et les équipages, furent placés en échelons en arrière d'Hochstàdt; et, pour que les troupes puissent faire la soupe et se reposer, elles furent prévenues que là halte serait de quatre heures.
A trois heures après midi, tout le détachement se mit en marche pour passer le Danube et se rendre à Wertingen. La tête de la colonne y arriva vers 8 heures du soir. Le général Debilly reçut l'ordre d'envoyer le 6e de chasseurs jusqu'à Rieblingen, sur la grande route d'Augsbourg, et de placer ses autres troupes en avant de Wertingen, dans les villages à une demi-lieue et à un quart de lieue à droite et à gauche de cette route. Il fut prévenu que sa brigade devait être réunie, le lendemain à 3 heures du malin, à Rieblingen et d'en partir pour marcher sur Augsbourg. La brigade Durutte resta à Wertingen, ainsi que le parc et les équipages. J'y établis aussi mon quartier général, et la réserve occupa les villages en arrière et les plus rapprochés de cet endroit.
7 messidor. — Le lendemain, à 3 heures du matin, cette brigade avec le parc, les équipages et la réserve se mirent en marche pour suivre le mouvement du général Debilly.
Je me portai à la tête de la colonne, et quand elle eut débouché dans la plaine d'Augsbourg, à environ quatre lieues de cette ville, je lui fis faire une halte. Toutes les troupes, en arrivant successivement sur ce point, reçurent une distribution d'eau-de-vie (on en avait fait conduire à la suite de l'avant-garde), et je donnai l'ordre qu'après deux heures de repos, tout le détachement se mettrait en marche pour arriver à Augsbourg.
(1) «... La division du général Decaen... partit d'Ohmenheim à 2 heures du matin et arriva dans la journée à Wertingen, se dirigeant sur Munich... » (Rapport signé Lahorie, Kordlingen, 6 messidor, A. H. G.).
La réunion sur le même point de toutes les troupes qui le composaient causa une vive satisfaction et fit oublier la fatigue. On fit alors des conjectures sur la cause de ces marches forcées et de la réunion d'une partie de la réserve de cavalerie à la division. La parfaite intelligence des soldats français leur fit préjuger qu'ils allaient à Munich.
Vers les 9 heures du matin, je partis du lieu de rassemblement avec un piquet de chasseurs pour me rendre à Augsbourg. J'y entrai entre 10 et 11 heures. Aussitôt mon arrivée, je donnai Tordre aux autorités de cette ville de faire transporter sur-le-champ, entre Augsbourg et Friedberg, du pain, de la viande, de la bière et de l'eau-de-vie pour 10 000 hommes, et de l'avoine et du foin pour 3 000 chevaux. Celte demande excita la plus grande surprise. On n'avait pas eu la moindre nouvelle de notre marche. On ne voulait pas croire que tant de troupes arriveraient aussi promptement. On fit des représentations qu'il y avait impossibilité de satisfaire à une pareille demande, et on finit par m'envoyer une députation.
Je dis à cette députation que, dans une grande ville comme Augsbourg, les difficultés présentées devaient facilement s'aplanir. Je lui notifiai que, si, à 1 heure, ce que je leur avais fait requérir n'était point arrivé sur le lieu indiqué, à 1 heure et demie 10 000 hommes entreraient dans la ville, et que je les mettrais à discrétion chez l'habitant. Cette déclaration mit fin aux remontrances et on s'occupa avec la plus grande activité de faire ce que j'avais demandé.
A 2 heures, la tête de la colonne arriva à la porte d'Augsbourg (1). Elle fut aussitôt dirigée en dehors de la ville pour aller prendre sa position de l'autre côté, avec défense à qui que ce soit d'y entrer. Toutes les troupes, dont le nombre causait le plus grand étonnement aux habitants qui les voyaient passer autour de leurs remparts, furent prendre leur position entre cette ville et Friedberg. Elles furent prévenues qu'elles y resteraient jusqu'à 6 heures du soir; et, comme on avait mis toute célérité à conduire au camp tout ce qui avait été demandé, les troupes reçurent leurs distributions sans le moindre retard.
(]) «... La division du général Decaen, qui continuait de marcher sans autre repos qoe des haltes de quatre heures par jour, arriva à Augsbourg à 2 heuies du matin... - (Happort signé Lahorie, Donauwôrth, 7 messidor, A. H. G.).