‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 15 sur 184 · DECAEN A AUGSBOURG · texte numérisé non relu

DECAEN A AUGSBOURG

Aussitôt après le renvoi de la députation des autorités d'Augsbourg, j'écrivis au général de brigade Boyé (1), commandant des troupes qui gardaient Friedberg, que, le général en chef les ayant mises à ma disposition, je le prévenais que ma division prendrait position à la fin du jour en deçà et au delà de la Paar, à cheval sur la chaussée de Friedberg à Dachau, poussant des avant-postes au delà de la Glon s'il était possible; que, pour correspondre à ce mouvement, je rengageais à pousser sa ligne jusqu'en arrière de Dasing sur la route de Friedberg à Aichach, avançant des hussards sur Aichach et qui pousseraient de fréquentes reconnaissances qui puissent observer l'ennemi sur le débouché d'Ingolstadt. Je l'engageai aussi à porter un corps à Stâtzling, couvrant le pont de Lechhausen et observant Aichach. Je mis à sa disposition deux escadrons du 17e de dragons.

J'écrivis au général Lecourbe que, la mission dont j'étais chargé me mettant dans le cas de m'entretenir avec lui sur les événements militaires, je le prévenais que, le soir, le corps que je commandais prendrait position sur la Paar, et que mon avant-garde passerait au delà. Je l'informai de ce que j'avais ordonné au général Boyé. Je l'engageai à me faire part s'il avait marché vers Neuburg et à quelle hauteur ses troupes étaient dans cette partie, ainsi que du point où il croyait pouvoir les avancer le lendemain, ajoutant que les avis qu'il me donnerait me seraient utiles.

J'écrivis aussi au général Nansouty (2) qui commandait un petit corps d'observation à Landsberg, sur le haut Lech. Je le prévins que j'allais prendre position sur la Paar; que, le lendemain,

(1) Boyé (Charles-Joseph), né le 11 février 1762, à Ehrenbreilstein ; hussard au légimeiit de Conflans, le 12 février 1778; fourrier, le 2 juillet 1780; adjudant, le 7 juin 1785, sous-lieufenaut, le 18 septembre 1791 ; lieutenant, le 17 juin 1"J9'2; capitaine, le 29 octobre 1792; chef descadrons, le 21 mai 1793; chef de brigade, le 6 floréal au II: général de brigade, le 22 prairial au III; démissionnaire, le 24 floréal an IV; remis en activité, le 12 thermidor an Vil; employé à la Grande Armée en l'an XIII; à l'armée d'Espagne eu 1808; retraité eu 1812; naturalisé Français par ordonnance du 2 janvier 1817; mort le 16 mai 1832 (A. A. G.).

(2) Nansouty (Elienne-Vlarie-ADtoine-Champion de), né le 30 mai 1768, à Bordeaux; cadet, puis sous-lieutenant au régiment de Bourgogne, le 26 mars 1785; capitaine, le 6 avril 1788; lieutenant-colonel, le 4 avril 1792; chef de brigade, le 19 brumaire an II, général de brigade, le 12 fructidor an VII; général de division, le 3 germinal an XI; employé à la Grande Armée en l'an XIV; Ecuyer de l'Empereur; colonel général des dragons, le 16 janvier 1813; commandant la cavalerie de la Garde, le 29 juillet 1813; commissaire dans la 18e division, en avril 1814; capitaine lieutenant de la lre compagnie de mousquetaires, en 1814; mort à Paris, le 12 février 1815 (A. A. G.).

j'avancerais sur Dachau et même plus loin, si je le pouvais; et je lui demandai de pousser quelques partis sur ma droite, si cela lui était possible, ainsi que de me donner quelques renseignements sur la force des ennemis dans la partie qu'il gardait et vers Munich .

Enfin j'écrivis au général Moreau :

Ma division est arrivée hier à Wertingen, mon général, Pavant-garde à Riehlingen. Aujourd'hui, à 2 heures, elle est entrée à Augsbourg. Elle va prendre quelques heures de repos; ensuite, elle passera la Paar. L'avant-garde, soutenue par un échelon, avancera encore, s'il est possible jusque sur la Glon. Je compte être demain en position à Dachau et, le soir, être peu éloigné de Munich, pour y entrer le lendemain de bonne heure et même plus tôt s'il n'y a pas d'obstacles majeurs.

Je préviens le général Nansouty pour qu'il pousse quelques partis sur ma droite. Je charge le général Boyé, auquel je laisse deux escadrons de dragons, de me couvrir vers Aichach et Pottmes et d'avancer vers Aichach, en raison des mouvements de l'ennemi.

J'ai prévenu le général Lecourbe, selon vos intentions. L'on m'a dit que l'ennemi avait montré, dans la partie que je vais parcourir, environ 1 000 chevaux, 9 pièces d'artillerie avec peu d'infanterie. Ce sont des hussards de Meszaros, de Grenz, et des hulans du 2e régiment. Ils sont venus, il y a trois jours, attaquer Friedberg.

Vers les 6 heures du soir, je me rendis au camp. J'ordonnai la marche de mes troupes. Je recommandai au général Debilly, quand il aurait passé la Paar, de s'avancer au delà, le plus loin qu'il lui serait possible, mais surtout ses avant-postes, ayant égard à la fatigue des troupes, et de prendre la position qu'il jugerait la plus convenable.

Le général Durutte reçut l'ordre de suivre ce mouvement avec sa brigade, la réserve, le parc et les équipages, de passer aussi tout au delà de la Paar, et d'y prendre sa position en arrière du général Debilly, et de placer ses troupes en raison de la localité et de l'espace qu'il y aurait entre cette rivière et la brigade Debilly.

Les corps furent prévenus de laisser, en passant à Friedberg, leurs éclopés et leurs hommes fatigués. Mais aucun soldat n'y voulut rester, tant il y avait de courage et d'ardeur et de désir d'arriver au but où on devait atteiudre.

Je rentrai à Augsbourg pour y passer la nuit et pour y recevoir

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