CHAPITRE V
La mission de Cavaignac à Mascate. — Decaen veut rétablir l'autorité du gouverneur de l'île de France. — Linois s'y montre assez peu disposé. — Mesures que prescrit Decaen. — Recommandations de Decaeu à Cavaignac. — L'Atalante transportera Cavaignac à Mascate. — Cette frégate fera aussi une reconnaissance des côtes de l'Inde et de la situation politique. — Decaen rend compte au ministre de la Marine du sort de la Côte-d'Or. — Pénurie de ressources à l'île de France. — Une lettre de Linois au ministre de la Marine. — Cavaignac chargé de faire parvenir de Mascate à Constantinople et à Paris des lettres de Decaen. — Correspondance du préfet colonial Léger avec le ministre à son arrivée à Pondichéry. — Correspondance échangée entre Binot et les Anglais, le gouverneur du fort Saint-Georges et l'amiral Rainier et Decaen.
Dès les premiers jours de mon arrivée à l'île de France, j'avais témoigné au contre-amiral Linois mon désir qu'il désignât et fit préparer la frégate qui devait porter le résident destiné pour Mascate; et, le 12 fructidor, je lui adressai cette demande officielle :
J'ai eu le plaisir de m1 entretenir avec vous sur Futilité qu'il y avait qu'une frégate de la division pût mettre au plus tôt sous voile afin de transporter à la côte d'Arabie le citoyen Cavaignac, nommé par le Premier Consul résident auprès de l'iman de Mascate. Veuillez bien me faire connaître pour quelle époque les dispositions préparatoires de la frégate que vous avez désignée seront terminées, parce qu'il est essentiel, sous beaucoup de rapports, que cet agent du gouvernement soit au plus tôt rendu à sa destination. J'ai l'honneur, etc..
Ayant eu lieu de faire l'observation que les capitaines des navires arrivant dans la colonie ne paraissaient devant le gouverneur qu'après avoir été conduits, pour faire leur déclaration, devant des membres de l'assemblée coloniale qui en composaient le Directoire, je jugeai convenable de faire entendre que ce n'était pas ce mode qui devait être suivi : il en résulta bien un changement, mais les nouvelles dispositions n'étant pas encore celles qui devaient être pratiquées, je mandai au contre-amiral ce qui suit :
15 fructidor.
Si les temps antérieurs ont pu préjudicier à l'autorité des gouverneurs, à l'île de France, et qu'il ait été possible qu'on l'ait même méconnue