LE CORPS DE CONDE VERS ROSENHEIM
D'un autre émissaire, qui fit son retour à Munich dans la soirée du 20, on eut les renseignements ci-après :
On travaillait toujours aux retranchements de Wasserburg, mais il y a seulement 300 ouvriers, paysans et soldats. La garnison est composée du régiment de milices wurtembergeois. C'est le colonel Mixich qui commande à Wasserburg où on attend le contingent de Souabe d'environ 3 000 hommes.
Six compagnies de chasseurs wurtembergeois occupent la ligne depuis Wasserburg jusqu'à Rosenheim. A une lieue de la première ville, il y a une batterie construite au bord de l'Inn, sur la rive droite.
Le corps de Condé, fort encore de 3 500 hommes, occupe Rosenheim, Aibling et l'étendue de pays jusqu'à Fischbachau, en deçà de l'Inn, et jusqu'à Marquartstein vers Salzburg. La chaîne des avant-postes est gardée par des hussards des frontières et par des fantassins de Gradisca.
Le prince de Condé a son quartier général à Rosenheim. La garnison est composée de 1 200 hommes. Le duc d'Enghien est à Aibling et commande la cavalerie; mais il n'a avec lui que 300 hommes. Le corps de Condé a son magasin à Rrannenburg. A Kufstein, il y a deux compagnies de Bender commandées par un colonel. Les habitants ne permettent à aucun individu du corps de Condé d'y entrer.
A Wôrgl, quatre lieues de Kufstein, il y a un magasin rempli de blé et de fourrage. Le principal magasin de l'ennemi est à Hall, qu'on augmente journellement au moyen d'une quantité de bateaux chargés de blé arrivant par l'Inn. On a fait, le 16 brumaire (7 novembre), à Wôrgl, une réquisition de 36 000 quintaux de foin. Ce même jour, trois compagnies de chasseurs tyroliens ont passé par Worgl pour aller prendre poste au défilé d'Achen- Thal. On a appris de ces Tyroliens que le nombre des chasseurs de leur pays organisés et armés montait à 13 000 hommes qui avaient reçu ordre de se porter sur différents points indiqués. La levée en masse est ordonnée.
Quinze bataillons de troupes de ligne avaient passé, il y avait quinze jours, par le Tyrol pour se rendre en Italie.
Cet émissaire avait rencontré à Mûhlthal (I) des quartier-
(1) MùhUial, qui ne figure plus sur les cartes modernes, est porté sur la carte de la
maîtres qui arrivaient pour préparer des logements; d'après leurs assertions, 12 bataillons étaient attendus successivement. On avait mis, dans cet endroit, 12 000 bottes de foin en réquisition parce qu'on y attendait aussi de la cavalerie et des équipages.
Il avait rencontré 150 bas-officiers détachés de l'armée d'Italie, destinés partie pour la Bohême, partie pour la Hongrie, pour l'instruction des levées.
On disait le général Mack déjà arrivé en Italie.
Les soldats se flattaient que le prince Charles commanderait l'armée d'Allemagne.
21 brumaire (12 novembre). — Le général Dessolle retourna à Augsbourg. Je partis aussi de Munich pour aller vers les frontières du Tyrol. Pendant ce voyage, je reçus deux lettres de ce général. Il me mandait, dans l'une, que le commissaire ordonnateur en chef m'avait transmis, par l'intermédiaire du commissaire des guerres de ma division, l'état des denrées à fournir par différents états occupés par les troupes à mes ordres, pour la formation des magasins de réserve indiqués par l'ordre général de l'armée du 1er brumaire; que le salut de l'armée commandait de grandes précautions, pour assurer les subsistances dans tous les cas.
Profitez donc, (me disait-il) des derniers moments que vos troupes occuperont les Etats pour que, d'ici au 1er frimaire prochain, les deux tiers des denrées qui y ont été requises soient rentrées dans les magasins désignés dans Tordre précité.
Je crois inutile de vous déduire d'autres raisons pour vous prouver que l'exécution de cette mesure est de la plus grande importance pour les succès de l'armée. Je connais votre prévoyance. Cela me suffit pour me convaincre que vous ne négligerez aucun des moyens qui sont en votre pouvoir afin de remplir le but que s'est proposé le général en chef en prenant ces dispositions.
Par l'autre lettre, le général Dessolle me disait qu'il m'avait écrit de profiter des derniers moments où je devais rester dans mes cantonnements pour faire rentrer les denrées mises en réquisition; que, s'étant fait représentera l'instant l'état de situation des magasins, il s'était aperçu que l'article des avoines était bien au-dessous
Bavière de Joseph Dirwald, de 1813, à 800 mètres environ à l'est de Saint-Peter, à 10 kilomètres environ au S.-S.-E. d'Innsbruck.