‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 5 sur 184 · DECAEN SE PORTE SUR ETTEMBEUREN · texte numérisé non relu

DECAEN SE PORTE SUR ETTEMBEUREN

25 prairial. — Je reçus l'ordre de réunir ma division, à 3 heures après midi, sur les hauteurs du village de Billenhausen et de me porter sur Ettenbeuren, en jetant un parti sur Burtenbach, ce parti devant éclairer sa droite vers Zusmarshausen. Je devais aussi envoyer des reconnaissances sur Jettingen (I).

Je fus prévenu d'avoir soin, avant de prendre position à Ettenbeuren, d'attendre à la hauteur de Meuburg que le général Leclerc, qui devait s'y placer, y fût arrivé, et qu'il avait ordre d'y être rendu à 4 heures précises; que les troupes du général Lecourbe, avec lesquelles je devais faire communiquer les miennes par des reconnaissances, passeraient ce même jour la Zusam et prendraient position à droite et à gauche de Zusmarshausen, peut-être même en avant; que la division du général Grandjean viendrait prendre position en avant de Ingstetten et qu'elle y serait rendue à 5 heures; que le parc de réserve serait placé sur les hauteurs en arrière d'Ebershausen ; que le général en chef s'établirait à Krumbach .

Je fus prévenu que le corps de réserve porterait, de ce jour, le nom de centre de l'armée, et que les divisions qui composaient cette réserve prendraient le nom des généraux qui les commandaient.

Je fus aussi prévenu que le corps de troupes du lieutenant général Grenier devait se mettre en marche dans la journée pour porter sa droite sur ïchenhausen ; que, comme il était à croire qu'il n'arriverait qu'assez tard à cette position, cette circonstance ne devait retarder mon mouvement qu'autant que j'aurais devant moi des forces qui nécessiteraient un engagement incertain.

Les reconnaissances envoyées le matin sur la route de Burgau avaient rapporté que l'ennemi était à Wettenhausen.

Toutes les troupes de la division reçurent l'ordre de se réunir à

au 48e d'infanterie, le 1er février 1791 ; sous-lieutenant, le 15 septembre 1791 ; lieutenant, le 13 mai 1792; capitaine, le 3 nivôse an III; chef de bataillon, le 16 floréal an VIII; major au 39e d'infanterie, le 30 frimaire an XII; colonel du 69e, le 10 février 1807; général de brigade, le 22 juin 1811 ; retraité, le 1er août 1815; commandant le département de l'Allier, puis de la Haute-Saône, en 1831 ; retraité, le 1er octobre 1833 (A. A. G.). Ne pas confondre avec l'adjudant général Fririon qui servait à l'état-major général (Cf. la situation donnée par Carrk;n-Nisas, Campagne des Français en Allemagne, 1800, page 232).

^ (1) « Lauingen » d'après le registre de correspondance de Moreau. Le manuscrit de Decaen porte « Ialingen » .

3 heures de l'après-midi sur les hauteurs de Billenhausen, à la rive droile de la Kammlach. M'étant rendu au lieu du rassemblement et, de là, aux avant-postes, et n'apercevant plus de vedettes ennemies, je demandai alors depuis quand les ennemis étaient disparus; et, d'après la réponse qu'il y avait plus de deux heures, je recommandai au général Debilly qu'il faudrait, à l'avenir, que les commandants [de] sa ligne d'avant-postes ne négligeassent pas, en pareille circonstance, non seulement de prévenir des mouvements de l'ennemi, mais même de ne pas attendre d'ordres pour faire suivre un mouvement, parce qu'il était essentiel de savoir toujours, autant que possible, la direction qu'il prenait et sur quel point il prenait poste.

Ma division étant réunie, et dès que je fus informé que les troupes du général Leclerc étaient en position à Neuburg, je donnai l'ordre au général Debilly de diriger sa brigade sur Ettenbeuren, en suivant la route de Burgau et de s'éclairer sur sa droite.

Je le prévins qu'il faudrait pousser l'ennemi autant qu'il ne présenterait pas de forces trop nombreuses; à cet effet, je mis trois pièces d'artillerie légère à sa disposition. Je lui recommandai le plus grand ordre dans la marche des troupes, et que son infanterie marchât toujours par section autant que le terrain le permettrait.

Je lui donnai l'ordre de prendre position en avant d'Ettenbeuren, sa gauche dans la direction d'Ichenhausen où les troupes du général Grenier devaient, le soir, prendre position, et d'avoir sa droite vers la Mindel dans la direction de Burtenbach qui serait occupé par un parti de la brigade Durutte, ainsi que de pousser ses avant-postes jusqu'à Klein-Beuren, s'éclairant sur Burgau et sur Jettingen, se liant par sa gauche avec les avant-postes du général Grenier.

Le général Durutte reçut l'ordre de suivre , avec sa brigade , le mouvement de Debilly , de prendre position en arrière d'Ettenbeuren, la gauche dans la direction d'Ichenhausen, et la droite vers Burtenbach; et, lorsque sa brigade serait à Langenhaslach, de détacher cent chevaux pour se rendre à Burtenbach, où le commandant prendrait poste militairement, et d'où le commandant enverrait des partis jusqu'à Jettingen, ainsi que vers Zusmarshausen pour se lier avec les troupes du général Lecourbe.

COMBATS D'Al ANT-POSTES 17

La brigade Debilly arriva à Ettenbeuren en poussant devant elle les ennemis qu'elle rencontra et qui ne firent point de résistance; mais lorsque l'avant-garde de cette brigade déboucha de ce village, l'ennemi tira sur elle avec cinq pièces de canon. Cependant, dès qu'il vit les dispositions que je faisais pour l'éloigner, il s'empressa de se retirer, par le pont de Wettenhausen, sur la route de Gùnzburg. Alors je fis prendre à la division la position qui m'avait été prescrite par l'ordre du jour. J'établis mon quartier à Ettenbeuren et, dans mon rapport, j'annonçai que, d'après le dire des déserteurs, nous avions devant nous les hussards de Ferdinand, ceux de Blankenstein, des cuirassiers et 200 hommes d'infanterie du régiment de Mihanovich ; que nos avant-postes étaient à la hauteur de Wettenhausen et que nous étions liés par notre gauche avec les troupes du général Grenier.

26 prairial. — L'officier commandant la découverte envoyée dès le matin sur Knoringen rendit compte qu'il avait appris que, dans cet endroit, 350 hommes du régiment de Ferdinand et de Blankenstein-hussards et de chasseurs de Le Loup y avaient passé la nuit et en étaient partis de bonne heure; que l'ennemi avait des postes aux villages d'Hammerstetten et Anhausen sur la gauche de la rivière, et qu'ils s'étaient relirés à l'approche de notre parti de chasseurs; mais que, dès qu'il avait quitté Knoringen pour revenir à Klein-Beuren, il avait aperçu descendre dans le premier de ces villages environ 200 hommes de cavalerie (1). . Le général Durutte m'informa que, s'étant avancé sur la route de Knoringen à Gùnzburg, il avait vu des partis ennemis dans les bois à droite et à gauche de Leinheim; que, près de Reisensburg, il avait vu une redoute à laquelle les habitants lui avaient dit qu'on travaillait depuis un mois, qu'il n'y avait point de canons, et qu'il avait aussi vu environ deux escadrons de hussards sur ce point, dont la moitié avaient monté à cheval dès qu'ils l'avaient aperçu.

Vers les 11 heures du matin, l'ennemi entreprit de repousser mes avant-postes de gauche : je les fis soutenir (2). Alors il

(1) Deux cent cinquante, selon Plauzonne (Plauzonne à Lahorie, Ettenbeuren, 26 prairial, A. H. G.).

(2) u L'ennemi se présente avec deux bataillons, cinq pièces de canon et près de

s'engagea une assez vive cauonnade qui n'eut d'autre effet que le bruit; j'en donnai avis au général en chef (1).

Je reçus l'ordre de mettre ma division en marche à 4 heures précises de l'après-midi et d'aller prendre position en arrière de Knoringen et de Burgau. Je fus prévenu que la division Grandjean arriverait ce même jour avant 5 heures à Ettenbeuren, et que le général Grenier porterait sa droite en avant de Hochwang.

Par post-scriptum, on me mandait que, d'après l'avis d'une attaque de l'ennemi sur ma gauche, le général Grandjean recevait l'ordre de marcher de suite à mon appui; et que, dans la supposition que ce mouvement de la part de l'ennemi ne serait qu'une reconnaissance, je devais prendre la position indiquée, et que le général Grenier recevait l'ordre de faire appuyer sa droite sur Wettenhausen.

Après la réceplion de cette lettre, j'écrivis au général Lahorie que nous étions toujours en présence, l'ennemi, d'un côté de Wettenhausen, et nous, de l'autre, ayant la Kammlach pour ligne de séparation, et que je faisais l'observa lion au général en chef que je ne pourrais exécuter le mouvement qui m'était ordonné qu'autant que le général Legrand pousserait ce qu'il avait devant lui, ne pouvant m'en gager dans la vallée de la Kammlach si ma gauche ne se trouvait pas dégagée.

Mais en attendant que les troupes du général Grenier eussent opéré leur mouvement pour s'appuyer sur Wettenhausen, afin que l'ennemi fût forcé de l'abandonner, je m'avançai moi-même avec un parti, au travers des bois, dans la direction de Burgau. Ne rencontrant point d'ennemis, j'arrivai jusqu'à la grande route d'Augsbourg à Ulm. Cependant, comme il faisait nuit et que je n'avais pas de guide, je ne pus pas juger dans quelle position je me trouvais relativement à Burgau, ni de combien j'en étais éloi-

4 000 chevaux. Il attaque Wettenhausen. Nous ne pouvons pas encore juger si c'est une attaque positive. Les dispositions sout prises pour le recevoir > (Plau«onne à Lahorie, Ettenbeuren, 26 prairial, A. H. G.).

(I) « L'ennemi met beaucoup de lenteur et de mollesse dans son attaque : il fait feu de cinq pièces de la hauteur en arrière de Wettenhausen. Il s'est porté entièrement sur notre gauche (rive gauche de la Kammlach). On n'aperçoit rien sur la droite ni en avant de la vallée. Le général pense que, si le général Legrand faisait un mouvement devant lui, on pourrait bientôt connaître quelle est l'intention de l'ennemi et le forcer à se déterminer. Les partis poussés par notre cavalerie ne rapportent rien de l'ennemi • (Plauionne à Lahorie, Ettenbeuren, 26 prairial. A. H. G.).

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