EXCES DE CONFIANCE DE RICHEPANCE
midi, j'appris qu'il y avait suspension d'hostilités; que les ennemis s'en étaient prévalu d'avance, et qu'ils en avaient tiré un grand avantage pour faire passer par Je pont de Kremsmùnster un assez grand nombre de troupes et de l'artillerie qui seraient indubitablement restées en notre pouvoir par le résultat des mouvements combinés sur ce point, si le général Ricliepance n'avait pas été trop confiant à croire à cette nouvelle qui n'était encore alors que prématurée et qui ne lui avait été donnée que par un général ennemi. Cependant le général Ricliepance ne fut pas, jusqu'à la fin du passage des Autrichiens, dupe de la ruse dont on s'était servi pour se sauver; car il arrêta subitement la marche d'une partie de leur colonne qu'il retint prisonnière. J'écrivis de Neuhofen au général Lahorie :
Ma division est en position la droite à Keraaten, la gauche à Neuhofen, ayant une brigade à cheval sur la chaussée qui conduit à Enns, poussant des partis sur cette ville et sur la rivière, ainsi que sur Ebelsberg. Mon avant-garde est placée à une lieue et demie en avant de Neuhofen, sur le chemin qui conduit de cet endroit à Steyr et qu'on m'a assuré être praticable pour les voitures, poussant des partis sur Steyr et sur la rivière, vers Dietach et Stein.
Le chef Laffon, qui avait marché ce matin sur Kremsmùnster pour se diriger ensuite sur Neuhofen, n'ayant pas encore appris la suspension d'armes, a chassé devant lui environ 200 hommes, tant infanterie que cavalerie; il leur a même fait tirer trois à quatre coups de canon. Le général Lacouiv, qui avait marché par la traverse de Leombach à Neuhofen, par un chemin assez difficile pour l'artillerie, a coupé la retraite à ces messieurs qui sont de différents corps. Nous avons aussi deux officiers du régiment du prince Charles.
Je m'attendais, ce matin, à une trêve. Mais les derniers mots sont-ils dits?
Pendant la nuit, je reçus du général Lahorie la lettre suivante, datée de Wels :
Je te préviens, mon ami, que le général en chef, sur la demande d'un armistice par l'archiduc, a cru devoir borner le mouvement de demain et d' après-demain à se trouver maître des ponts sur l'Enns à Steyr et à Enns. Cela a lieu en attendant des pouvoirs que l'archiduc Charles doit demander à Vienne et obtenir ou non dans quarante-huit heures.
D'après cette convention, le général Lecourbe tiendra le pont de Steyr, le général Richepance cantonnera sa division aux environs de Steyr, et le général Grouchy, sur Kremsmùnster. Cantonne aussi ta division sur l'Enns.
icr nivôse (22 décembre). — Je transmis de suite le premier paragraphe de cette lettre aux généraux de brigade, ainsi qu'au chef LafFon auquel je mandai de mettre ses troupes en marche pour aller cantonner à Thann, Pùhring et dans d'autres villages, et de placer seulement de simples postes d'observation sur l'Enns.
Le général Durutte fut prévenu qu'il devait rester à Kematen et d'y cantonner sa brigade et dans les villages à une lieue aux environs, et de préférer ceux les plus rapprochés de l'Enns.
Il fut annoncé au général Lacour de s'établir à Sankt-Marien et de faire aussi cantonner ses troupes dans les villages qu'il avait déjà à sa disposition, et qu'il pouvait étendre surtout sa cavalerie vers Kremsdorf et Hargelsberg, et de faire observer par des postes les routes d'Ebelsberg ; et au général Kniaziewicz, d'établir sa légion en cantonnement à Alendorf, Holzing, Matzelsdorf et autres endroits en avant de Neuhofen, les plus près du chemin conduisant de ce lieu à Steyr.
2 nivôse (23 décembre). — Le quartier général de la division resta établi à Neuliofen. Je reçus, dans la matinée, un billet du général Lahorie. Il me mandait :
Reste en position jusqu'à nouvel ordre, mon cher Decaen. Etablis tes troupes aujourd'hui comme tu pourras.
On a envoyé m'annoncer qu'un officier général viendra traiter d'un armistice et qu'un courrier est parti pour faire conclure la paix par M. Gobenzl.
Je lui écrivis dans l'après-midi :
Je t'adresse, mon cher Lahorie, mon rapport sur le passage de la Salzach. Les marches de l'armée m'ont empêché de faire cet envoi plus tôt. Je reste encore en retard pour faire parvenir les rapports sur les autres opérations de la division depuis ce passage. Je vais me hâter afin qu'ils te parviennent au plus tôt.
Il n'existe pas de ponts sur l'Enns entre Steyr et Enns. La position que tient la division Richepance, la situation des villages et surtout la manière dont les maisons qui en dépendent sont dispersées, me demanderont quelque temps pour me former si les circonstances veulent que je passe à Steyr ou à Enns : je suis à peu près au centre pour l'un et l'autre. Ainsi, mon cher Lahorie, préviens-moi de bonne heure s'il arrive qu'on soit obligé de donner suite aux hostilités, afin que je mette le moins de retard possible pour effectuer le passage de l'Enns. Je t'envoie un maréchal des logis.
Je t'envoie un drapeau et la lettre qui annonce sa capture. Je te serais obligé de me dire si vous l'avez reconnu pour être de l'uniforme wurtembergeois.
DECAEiV A NEUHOFEX 195
Je reçus du général en chef la lettre ci-après :
Je reçois à l'instant, citoyen général, votre rapport sur le passage de Laufen et le drapeau que vous avez envoyé. Recevez mes félicitations sur cette affaire brillante : elle couvre votre division d'une gloire nouvelle. Veuillez lui faire connaître combien je sais l'apprécier et quels éloges une conduite aussi distinguée lui vaudra delà République entière. Je me hâterai de faire connaître au gouvernement les braves qui se sont particulièrement distingués. Nul doute qu'ils ne reçoivent les récompenses qu'ils méritent. Salut et attachement!
Signé : Moreau.
P. -S. — Lahorie est à Steyr. Votre division passera probablement dans cette ville.
Le général Dessolle me fit la demande d'envoyer un détachement de 25 hommes de cavalerie avec un officier pour aider à escorter près de 3 000 prisonniers réunis à Wels.
Je reçus, dans la soirée, la lettre ci-après que le général en chef m'avait fait écrire par l'adjoint Rapatel, datée de Wels.
Le général en chef me charge, mon cher général, de vous prévenir que le général Lahorie est parti cet après-midi pour Steyr et que, si demain il ne traite pas définitivement avec l'ennemi, votre division passera I'Enns à Steyr. Le général Lahorie vous écrira de cette ville (1).
Vu le contenu de cette lettre, je mandai au général Lacour que l'incertitude dans laquelle j'étais si la division ferait une marche le lendemain me faisait le prévenir, surtout d'après ce qu'il m'avait annoncé des difficultés de se réunir promptement, de donner des ordres pour que chaque corps qu'il commandait fût rassemblé, le lendemain à 8 heures du matin, sur un des points qu'il occupait, le plus rapproché de Steyr, pour le mettre ensuite en marche au premier ordre pour se rendre au lieu de rassemblement de la division, qui lui serait indiqué si elle devait passer I'Enns.
3 nivôse (24 décembre). — Vers 8 heures du matin, je reçus du général Lahorie la lettre suivante, datée de Steyr :
Le délai accordé est expiré, mon cher Decaen, et l'on n'a encore aucune nouvelle de l'ennemi. D'après cela, le général Richepance qui, déjà, s'était
(1) La lettre portait en post-scriptum : « J'ai reçu votre lettre et le paquet pour le général Lahorie » (A. H. G.).
établi à une lieue d'ici avec son avant-garde, reçoit Tordre de passer l'Enn» avec toute sa division et de se porter sur Sankt-Peter et Seitenstetten, ayant, s'il est possible, son avant-garde sur l'Ybbs.
La division du général Montrichard passera l'Emis après lui pour remonter la rive droite de cette rivière.
Ta division devra déboucher de Steyr après ces deux divisions. La brièveté des jours et la distance ne te permettront probablement que de te former en avant de Steyr, à gauche du général Ricbepance, c'est-à-dire sur Salaberg.
Est-ce qu'il n'existe pas de pont à Plaick, vis-à-vis de Cabin (1)? Cela t'abrégerait bien du chemin.
Je présume que tu pourras passer à midi.
Des ordres furent sur-le-champ donnés pour mettre en marche la division. Le passage des deux divisions qui la précédaient sur Steyr ne permit que de porter l'avant-garde vers Salaberg. Le surplus de la division fut placé en avant et en arrière de Steyr. J'y établis mon quartier général.
On vit enfin arriver le comte de Grùnne, général-major, accompagné du colonel de Weyrother, envoyé par l'archiduc Charles pour traiter d'un armistice. Le général Lahorie en régla avec eux les dispositions.
4 nivôse (25 décembre) . — La division fut cantonnée à Steyr et dans les villages aux environs.
J'adressai au général Moreau le rapport des opérations de la division depuis le moment où, après le passage de la Salzach, elle avait marché sur Salzburg, jusqu'à celui de son arrivée à Steyr. Mais, attendu que si je transcrivais ici ce rapport, ce ne serait que répéter ce que j'ai énoncé déjà, jour par jour, je me borne donc à dire que je le terminai en recommandant au général en chef tous ceux qui s'étaient distingués pendant cette glorieuse campagne et dont les noms avaient été cités.
Une convention d'armistice fut signée dans la journée et envoyée au général Moreau.
5 nivôse (2G décembre). — Les troupes séjournèrent dans leurs cantonnements. Elles se réjouirent à la nouvelle de cette conciliai) La lettre de Lahorie porte « Cabin ». Il faut peut-être lire Gaissiog, sur l'Emis -
même, ou plus vraisemblablement Kanninjj, à 4 kilomètres à l'est de Gaissin<j. (V. plan autrichien au 1/28 800e de la basse Autriche, Archives des Cartes, A. H. G.).
DECAEN A STEYR 197
sion qui leur assurait le repos au moins pour le reste de l'hiver. Je reçus du général Dessolle la lettre ci-après, datée de Kremsmùnster :
Le général en chef, désirant distribuer à chacun des militaires qui se sont particulièrement distingués depuis l'ouverture de la campagne les récompenses auxquelles ils ont droit, conformément à l'arrêté des Consuls du 4 nivôse an VIII, je vous invite, mon cher général, à m' adresser dans le plus bref délai le rapport particulier des traits de bravoure qui ont eu lieu depuis la reprise des hostilités, dans la division à vos ordres, et désigner, dans ce rapport, d'une manière claire et précise, les sous-officiers et soldats que vous croyez les plus dignes de ces récompenses, ainsi que les officiers qui, par leur conduite dans les différentes affaires, vous auront paru mériter de l'avancement. Déjà plusieurs rapports sont parvenus au général en chef; mais il attend, pour statuer sur les demandes qu'elles contiennent, la réception de ceux qui lui manquent. Je ne puis donc trop vous engager, mon cher général, à n'apporter aucun retard à l'envoi de ce travail.
Les intentions du général en chef furent remplies. Les rapports demandés lui furent envoyés peu de jours après la réception de cette lettre.
6 nivôse (27 décembre). — Le général Lahorie, resté à Steyr, m'adressa la lettre suivante :
Ci-joint, mon ami, un exemplaire de la convention d'armistice entre les deux armées pour être mis à l'ordre de la division. Ta division occupera le canton de la Traun sans passer la rivière de ce nom. Indépendamment de cet arrondissement, elle aura, au delà de l'Enns, tous les cantonnements compris dans le triangle formé par le confluent de l'Enns dans le Danube et une ligne tombant de Cabin (I) sur le Danube à la hauteur de Weinberg, passant par Cabin, Guttenhofen et Ober Walling.
A l'exception de cet arrondissement, tout le pays désigné sur la carte de l'Autriche sous la dénomination de Viertel Ob dem Wienerwald jusqu'à la ligne de démarcation sera occupé par le général Richepance.
Le général Grouchy occupera, avec sa division, le quartier connu sous la dénomination de Lansrucht (?) qu'il partagera en partie avec le général Grenier.
Ton mouvement pourra être complété après-demain pour l'établissement de tes cantonnements.
Les troupes devront vivre dans le pays. Peut-être, cependant, se trouverat-on forcé de faire faire des distributions régulières de pain.
(1) Voir la note de la page précédente.
En même temps que les troupes seront réparties chez les habitants, les mesures les plus sévères devront être prises pour arrêter le cours des exactions particulières et de la dévastation auxquelles ont pu servir d'excuse, pendant cette campagne, les marches, les besoins, les combats multipliés et la rigueur de la saison.
Le matériel entier de l'artillerie devra être envoyé à Wels où sera réunie toute F artillerie du centre sous la direction du commandant du parc de celle partie de l'armée, pour la réparation dont le matériel peut être susceptible. Les chevaux, après cette marche, devront rentrer dans l'intérieur de ta division.
.le suppose, mon ami, que tu as donné des ordres pour le renvoi des chevaux et voitures que le besoin de ta division avait fait prendre ou requérir sur nos derrières, et que tu as pris des mesures pour l'enlèvement des chevaux volés ou inutiles à la suite des corps, du parc, etc., dans ta division.
Nous nous établirons à Salzburg.
Bonjour, mon cher Decaen, je t'embrasse.
Tu m'enverras l'état de tes cantonnements dès qu'il sera achevé.
Voici la convention :
Sa Majesté l'Empereur et Roi voulant traiter de suite de la paix avec la République française, quelle que soit la détermination de ses alliés, les généraux en chef des armées française et impériale en Allemagne désirant arrêter, autant qu'il est en leur pouvoir, les maux inséparables de la guerre, sont convenus de traiter d'un armistice et suspension d'armes ; et, a cet effet, ont chargé respectivement de pouvoirs spéciaux, savoir le général en chef Moreau : le général de brigade Victor Fanneau Lahorie; et S. A. R. l'archiduc Charles, le général-major comte de Grûnne et le colonel de Weyrother, de l'état-major, lesquels ont arrêté ce qui suit :
Article premier.
La ligne de démarcation entre la position de l'armée gallo-batave en Allemagne, sous les ordres du général Augereau, dans les cercles de Westphalie, du Haut Rhin, et de Franconie jusqu'à Baiersdorf, sera déterminée particulièrement entre ce général et celui de l'armée impériale et royale qui lui est opposée.
De Baiersdorf, cette ligne passe à Erlangen et Nuremberg, Neumarkt, Parsberg, Laaber, Stadt am Hof et Ratisbonne, où elle passe le Danube dont elle longe la rive droite jusqu'à l'Erlauf qu'elle remonte jusqu'à sa source, passe à Markt Gaming, Kogelsbach, Gostling, Steibsbach (1), Màndling, Leopoldstein, Eisencrz, Vordernberg et Leoben, sur la rive gauche de la Mur jusqu'au point où cette rivière coupe la route de Salzburg à
(1) Martens et Hùffer (Quellen zur Geschichte des Zeitatters der franzôsischen Révolution, I, p. 508) indiquent : Hemmen. Le manuscrit de Decaen porte Steibsbach. Il faut peut-être lire • Steinbaclischlag, à environ 2 300 mètres au sud-est de Gostling.
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Klagenfurt qu'elle suit jusqu'à Spittal, remonte la chaussée de Vérone par Lîenz et Brixen jusqu'à Botzen; de là, passe à Meran, Glurns et Sankt- Marin, et arrive, par Bormio, dans la Valteline où elle se lie avec l'armée d'Italie.
Article 2.
La carte d'Allemagne par Chauchard servira de règle dans les discussions qui pourraient s'élever dans la ligne de démarcation ci-dessus.
Article 3.
Sur les rivières qui sépareront les deux armées, la cession ou la conservation des ponts sera réglée par des arrangements particuliers suivant que cela sera jugé utile soit pour les besoins des armées, soit pour ceux du commerce ; les généraux en chef des deux armées respectives s'entendront sur ces objets, ou en délégueront le droit aux généraux commandant les troupes sur ces points. La navigation des rivières restera libre, tant entre les armées que pour le pays.
Article 4.
L'armée française non seulement occupera exclusivement tous les points de la ligne de démarcation ci-dessus déterminés, mais encore, pour mettre un intervalle combiné entre les deux armées, la ligne des avant-postes de l'armée impériale sera, dans toute son étendue à l'exception du Danube, à un mille d'Allemagne au moins de distance de celle de l'armée française.
Article 5.
A l'exception des sauvegardes ou gardes de police qui seront laissées ou envoyées dans le Tyrol par les deux armées respectives et en nombre égal mais qui sera le moindre possible (ce qui sera réglé par une convention particulière), il ne pourra rester aucune autre troupe de Sa Majesté l'Empereur dans l'enceinte de la ligne de démarcation.
Celles qui se trouvent en ce moment dans les Grisons, le Tyrol et la Carinthie devront se retirer immédiatement, par la route de Klagenfurt, sur Bruck pour rejoindre l'armée impériale d'Allemagne sans qu'aucune puisse être dirigée sur l'Italie.
Elles se mettront en route, des points où elles sont, aussitôt l'avis donné de la présente convention, et leur marche sera réglée sur le pied d'une poste et demie d'Allemagne par jour.
Le général en chef de l'armée française du Rhin est autorisé à s'assurer de l'exécution de cet article par des délégués chargés de suivre la marche des troupes impériales jusqu'à Bruck.
Les troupes autrichiennes et les troupes impériales qui pourraient avoir à se retirer du Haut Palatinat, de la Souabe, de la Franconie, se dirigeront par le chemin le plus court au delà de la ligne de démarcation.
L'exécution de cet article ne pourra être retardée, sous aucun prétexte, au delà du temps nécessaire, eu égard aux distances.
Article 6.
Les forts de Kufstein et de Scharnitz et les autres points de fortification permanente dans le Tyrol seront remis en dépôt à l'armée française pour être rendus dans le même état où ils se trouvent à la conclusion et ratification de la paix, si elle suit cet armistice sans reprise d'hostilités. Les débouchés de Finstermiinz, Nauders et autres points de fortification de campagne dans le Tyrol seront mis à la disposition de l'armée française.
Article 7.
Les magasins appartenant, dans ce pays, à l'armée impériale sont laissés à sa disposition.
Article 8.
La forteresse de Wûrzburg, en Franconie, la place de Braunau, dans le cercle de Bavière, seront également remises en dépôt à l'armée française pour être rendues aux mêmes conditions que les forts de Kufstein et de Scharnitz.
Article 9.
Les troupes tant de l'Empire que de Sa Majesté Impériale et Royale qui occupent ces places les évacueront, savoir la garnison de Wûrzburg, le 16 nivôse (6 janvier 1801); celle de Braunau, le 14 nivôse (4 janvier), et celles des forts du Tyrol, le 18 nivôse (8 janvier).
Article 10.
Toutes les garnisons sortiront avec les honneurs de la guerre et se rendront avec armes et bagages par le chemin le plus court à l'armée impériale.
Il ne pourra être rien distrait par elles de l'artillerie, des munitions de guerre ou de bouche et d'approvisionnements de tout genre de ces places, à l'exception des subsistances nécessaires pour la route jusqu'au delà de la ligne de démarcation.
Article 11.
Des délégués seront respectivement nommés pour constater l'état des places dont il s'agit, mais sans que le retard qui serait apporté à cette mission puisse en entraîner dans l'évacuation.
Article 12.
Les levées extraordinaires ordonnées dans le Tyrol seront immédiatement licenciées et les habitants renvoyés dans leurs foyers. L'ordre et revécution de ce licenciement ne pourront être retardés sous aucun prétexte.
Article 13.
Le général en chef de l'armée du Rhin voulant, de son côté, donner à S. A. R. l'archiduc Charles une preuve non équivoque des motifs qui
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l'ont déterminé à demander l'évacuation du Tyrol, déclare qu'à l'exception des forts de Kufstcin, Scharnitz et Finstermûnz, il se bornera à avoir, dans le Tyrol, les sauvegardes ou gardes de police déterminées dans l'article 5 pour assurer les communications. Il donnera, en même temps, à tous les habitants du Tyrol toutes les facilités qui sont en son pouvoir pour leur subsistance ; et l'armée française ne s'immiscera en rien dans le gouvernement du pays.
Article 14.
La portion du territoire de l'Empire et des Etats de S. M. l'Empereur comprise dans la ligne de démarcation est mise sous la sauvegarde de l'armée française pour le maintien du respect des propriétés et des formes actuelles du gouvernement des peuples.
Les habitants de ces pays ne seront point recherchés pour raisons des services rendus à l'armée impériale, ni pour opinions politiques, ni pour avoir pris une part active à la guerre.
Article 15.
Au moyen des dispositions ci-dessus, il y aura, entre l'armée gallobatave, celle du Rhin et l'armée de Sa Majesté Impériale et Royale et de ses alliés dans l'empire germanique, un armistice et suspension d'armes qui ne pourra être moindre de trente jours.
A l'expiration de ce délai, les hostilités ne pourront recommencer qu'après quinze jours d'avertissement, comptés de l'heure où la notification de rupture sera parvenue; et l'armistice sera prolongé indéfiniment jusqu'à cet avis de rupture.
Article 16.
Aucun corps ni détachement, tant de l'armée du Rhin que de celle de Sa Majesté Impériale en Allemagne, ne pourra être envoyé aux armées respectives en Italie tant qu'il n'y aura pas d'armistice entre les armées française et impériale dans ce pays.
L'inexécution de cet article serait regardée comme une rupture immédiate de l'armistice.
Article 17.
Le général en chef de l'armée du Rhin fera parvenir le plus promptement possible la présente convention aux généraux en chef des armées gallo-batave, des Grisons et d'Italie, avec la pressante invitation, particulièrement au général en chef de l'année d'Italie, de conclure de son côté une suspension d'armes. Il sera donné en même temps toute facilité pour le passage des officiers ou courriers que S. A. R. l'archiduc Charles croira devoir envoyer soit dans les places à évacuer ou dans le Tyrol et, en général, dans les pays compris dans la ligne de démarcation, durant l'armistice.
Fait double à Steyr, le 4 nivôse an IX (25 décembre 1800). Signé : le général-major comte de Grïxxe, le colonel de Weyrother et le général de brigade Lahorie.
Ainsi se termina cette belle campagne, si courte par sa durée et si grande par ses résultats, et qui offrit à ma division différentes occasions de se distinguer.
Je ne puis m'empêcher de dire que j'éprouve encore une bien vive satisfaction en écrivant en ce moment, quoique vingt-quatre ans soient expirés, que, comme réserve, on admira la justesse de ses mouvements et que, dans les attaques, on lui sut gré de sa conduite.
La précision et la hardiesse de ses manœuvres à la bataille de Hohenlinden, sa célérité et son audace au passage de la Salzach lui valurent les louanges de l'armée et les témoignages de la satisfaction particulière du général en chef.
Plus de 4000 prisonniers dont 70 officiers, sept pièces de canon enlevées sur le champ de bataille et un drapeau, beaucoup d'équipages, des magasins considérables pris à Salzburg, à Wels, furent, pour cette division, les avantages de cette campagne qui ne lui coûta pas 300 hommes.
Aussitôt la réception de la lettre précédente, je fis mettre le contenu de la convention à l'ordre du jour de la division et je donnai les ordres ci-après :
Au chef de brigade Laffon.
Les cantonnements qui vous sont désignés, mon cher Laffon, sont la ville d'Enns et ses environs. Mais, comme le corps du général Grenier, qui occupe cette contrée, ne l'a pas totalement abandonnée, vous ne pourrez y faire votre établissement que lorsque les troupes de ce général auront fait leur mouvement, qu'il faut faire de suite observer pour occuper, à fur et à mesure qu'ils seront abandonnés, les villages qui sont sur la rive droite de l'Enns compris dans la ligne ci-après.
Cette ligne part de Kanning, près l'Enns, tombant directement sur le Danube, et dans laquelle sont compris Kanning, Guttenhofen, Ober-VValling et Mitter-Au.
Venez demain soir à Enns où sera établi le quartier général de la division. Je réglerai définitivement vos quartiers.
Au général Durutte.
Aussitôt que les troupes qui environnent Steyr et qui occupent cette ville, autres que celles de votre brigade, mon cher général, en seront parties, vous les cantonnerez dans le terrain compris dans la ligne ci-après tracée :
Toute la vallée de la Steyr, depuis Sierning jusqu'à Griïnburg, le terrain