EMPLACEMENTS DE LA DIVISION DEGAEN
compris entre la Steyr et l'Enns, celui compris sur la rive droite de cette rivière jusqu'aux: limites du canton de l'Ybbs, enfin ce qui est entre l'Enns depuis Steyr jusqu'à Kronstorf exclusivement, et une ligne tirée de ce village passant par Losensteinleiten, Matzelsdorf ; ces deux villages ne sont point à votre disposition.
Le quartier général sera établi à Enns. Je vous informerai de la manière dont il sera pourvu à la subsistance de vos troupes.
Au général de brigade Lacour.
Votre brigade devra partir demain de sa position, mon cher général, pour aller prendre ses cantonnements dans le pays compris dans la ligne de démarcation ci-après tracée :
La rive droite de la Traun depuis Weisskirchen jusqu'au Danube, et de Weisskirchen, tirant une ligne droite sur Sankt Wolfang (1), passant ensuite à Matzelsdorf, Losensteinleiten, Hofkirchen et Sankt Florian, et, de là, suivant la gauche du ruisseau qui passe devant Sankt Florian jusqu'au Danube. Tous les lieux par où passera la ligne feront partie de vos cantonnements.
Vous ferez votre établissement le plus tôt possible ; en raison de la marche que votre troupe doit faire pour s'y rendre, vous laisserez votre artillerie légère à Steyr : l'officier qui la commande en préviendra l'état-major.
Le quartier général de la division sera établi à Enns.
Au général Kniaziewicz.
Le général Kniaziewicz cantonnera sa légion dans la ligne de démarcation ci-après : tout le pays entre la Traun et l'Alm, tout celui compris entre l'Alm et la chaussée qui conduit de Wels à Steyr passant par Kremsmùnster et Hall, jusqu'à Sierning exclusivement, d'où il sera tiré une ligne droite passant par Adlwang, Voitsdorf, Vorchdorf, jusqu'à l'Alm.
Le général Kniaziewicz aura à sa disposition tous les villages compris dans cette ligne de démarcation et tous ceux par lesquels traverse la ligne qui en forme les limites, excepté le village de Schergendorf et ce qui se trouve en avant de ce village vers Wels, entre la Traun et la chaussée de Kremsmûnster.
Le général Kniaziewicz établira ses troupes dans leurs cantonnements le plus tôt possible, et de la manière la plus convenable en raison des localités.
Le quartier général de la division sera établi à Enns, et il sera indiqué la manière dont il sera pourvu à la subsistance des troupes.
7 nivôse (28 décembre) . — Je partis de Steyr pour me rendre à Enns, où je résidai presque constamment jusqu'au départ de lar-
(!) Wolfangstein sur le 1/75 000° autrichien.
mée pour retourner en France, après la ratification du traité de paix de Lunévillc.
Comme je n'ai entrepris de rédiger ce journal que pour me créer de l'occupation, je me suis décidé à le continuer, quoiqu'il ne s'agisse plus que de dispositions relatives aux intérêts de l'armée et pour la maintenir dans le meilleur état sous tous les rapports; et ensuite de sa marche de retour, après avoir séjourné pendant plus de trois mois pour ainsi dire aux portes de la capitale des Etats autrichiens, où elle n'était pas entrée parce que son chef, qui n'en avait pas eu l'ambition, avait généreusement suspendu ses armes dès que les ennemis lui avaient déclaré qu'enfin ils demandaient la paix.
9 nivôse (30 décembre). — Je fus informé par le général Durutte qu'à Steyr on avait trouvé des grains dans plusieurs magasins; mais que la plus forte partie était réclamée pour appartenir à la compagnie des mines de Styric, pour la subsistance des ouvriers; cependant que, vu les circonstances, les magistrats de cette ville en disposaient pour la nourriture des habitants. J'ordonnai qu'ils en eussent la libre disposition et qu'on ne mit la main que sur ce qui appartenait à l'armée autrichienne.
10 nivôse (31 décembre). — Le général Kniazieuicz envoya l'état des villages dans lesquels sa légion était cantonnée et m'annonça que, dans peu de jours, il m'adresserait les renseignements que je lui avais recommandé de prendre, ainsi qu'aux autres généraux de brigade, sur la population et les ressources dans leurs arrondissements.
11 nivôse (1er janvier 1801). — Je reçus du général Lahorie une lettre datée de Salzburg, le 9. Il me mandait (1) :
La rentrée des contributions de l'Autriche éprouvera, à ce qu'il parait, beaucoup d'obstacles, tant par la rareté du numéraire que par la mauvaise volonté du pays. Je n'ai pas besoin de t'engager à faire connaître que tu traiteras le pays avec la dernière sévérité en cas du moindre retard
(1) Cette lettre débutait ainsi : « Je te préviens, mon cher Decaen, que le payeur et la poste du centre s'établiront à Linz au lieu de Wels. La rentrée des contributions de l'Autriche éprouvera, etc.. » (Laborie à Decaen, Salzburg, 9 nivôse, A. H. G.).
DEGAEN A ENNS 205
pour le paiement des contributions ou pour des arrangements avec le payeur général. L'intention du général en chef est que tu donnes à ce dernier toutes les facilités possibles en force armée, etc.. (I).
11 me fut annoncé par le général Durutte que le capitaine d'artillerie Mathieu était parvenu à établir à Steyr un atelier pour la réparation des armes. En conséquence de cet avis, des ordres furent donnés pour que les corps de la division y envoyassent les armes qui avaient besoin d'être réparées.
Le chef de l'état-major de la division transmit à chacun des corps l'extrait ci-après d'une dépêche du chef de l'état-major général, datée de Salzburg, le 9 nivôse :
Le général en chef, désirant connaître la situation de l'armée au moment de la cessation des hostilités, me charge de vous écrire pour que vous ayez à prévenir tous les corps d'adresser un état de situation exact de tous les hommes présents sous les armes, au moment actuel.
Ces états, par vos soins, devront être rendus au quartier général dans huit jours à dater de la réception de la présente.
Le général en chef pourra ainsi s'occuper à réparer de suite les pertes que les corps ont essuyées pendant la campagne, en ordonnant aux généraux inspecteurs, soit d'infanterie, soit de cavalerie, de diriger sur les corps les plus faibles les recrues ou remontes nécessaires pour les porter au complet. Les corps feront ensuite dresser successivement l'état de leurs besoins, soit en armement, habillement et équipement pour que le général d'artillerie ou l'ordonnateur en chef puissent s'occuper de suite des moyens d'y pourvoir.
Par le dernier paragraphe, il était dit :
J'espère que vous voudrez bien mettre tous vos soins à l'exécution des dispositions contenues dans cette lettre et que vous partagerez l'intérêt qu'y met le général en chef.
Malgré le besoin que la cour de Vienne a de la paix, son obstination à faire la guerre jusqu'à ce jour doit nous engager à nous préparer à la continuer avec avantage, s'il était nécessaire, en nous préparant pendant l'armistice.
12 nivôse (2 janvier) . — Le général Durutte annonça l'arrivée à Steyr du 1er bataillon de la 14e d'infanterie légère qui avait été
(1) Lahorie ajoutait, en post-scriptum : « Fais-moi le plaisir de faire remettre cette lettre ci-jointe au général Richepance. Fais établir une correspondance entre Linz et ton quartier général. J écris aux généraux Grouchy et Richepance pour que cette chaîne soit formée sans interruption » (Lahorie à Decaen, Salzburg, 9 nivôse, A. H. G.).
détaché à la division Richepance à l'ouverture de la campagne; qu'il n'avait point encore envoyé un état exact de ses cantonnements parce que, la plupart des habitants du pays ayant abandonné leurs foyers, ils n'y rentraient que peu à peu et qu'autant qu'ils étaient instruits des mesures prises pour assurer leur tranquillité; et que, pour ne point les effrayer, il ne faisait faire que des mouvements partiels ; qu'il y avait encore quelques bailliages où il ne pouvait envoyer personne, tels que celui de Steinbach qui avait été en partie brûlé parce que les habitants avaient eu l'imprudence de faire feu sur les troupes du général Lecourbe; que je verrais, par un tableau qu'il m'adressait, à lui remis par le capitaine du cercle, que la population du pays était assez considérable, mais qu'il était rare d'y trouver vingt maisons réunies (1).
19 nivôse (9 janvier) . — Par une lettre de l'état-major général, je fus prévenu que le général en chef avait décidé que les troupes qui se rendraient de Linz à Munich seraient dirigées par Wels, Schuanenstadt, Frankenmarkt, Neumarkt, Salzburg, Waging, Stein, Wasserburg et Ebcrsberg; mais que, comme il n'existait d'établissements militaires que dans les places de Munich, Wasserburg, Salzburg, Wels et Linz, il devenait indispensable que les troupes marchant en corps prissent, dans ces places, les subsistances nécessaires pour les jours où elles logeraient dans les communes où il n'existait point de magasins.
20 nivôse (10 janvier). — Le général Durutte annonça que la compagnie des sapeurs qui était à Steyr avait reçu ordre du général du génie Clémencet (2) de se rendre à Salzburg.
(1) La répartition en cantonnements du pays occupé n'allait pas toujours sans certains tiraillements entre les généraux français, témoin la lettre suivante de Laliorie à Decaen :
« Le général Grouchy se plaint que tu aies laissé les chevaux de ton parc dans son canton. Cependant, il était convenu que le matériel de l'artillerie seul resterait à Wels; le général Grouchy ne peut effectivement nourrir cette grande quantité de chevaux, ayant déjà tous ceux du parc général du centre. Donne des ordres, mon ami, pour faire rentrer daus ton canton les chevaux de ton parc. Je sais hien que tes cantonnements en seront un peu foulés, mais nous ne devons pas vieillir dans ce pays; aussi il n'y a pas grand mal à le gruger un peu » (Lahorie à Decaen, Salzburg, 18 nivôse an IX, A. H. G.V
(2) Clémencet (Louis), né le 30 janvier 1747, à Màcon ; lieutenant en 1770: capitaine, ie 5 décembre 1782; lieutenant-colonel, le 8 novembre 1702; général de brigade, le 10 frimaire an III; mort à Paris, le 3 prairial an XIII (A. A. G.).