‹ Mémoires et journaux du général Decaen. Publiés avec introd., notes et cartesChapitre 81 sur 184 · DECAEN A ENNS · texte numérisé non relu

DECAEN A ENNS

21 nivôse (II janvier). — Le chef de l'état-major de la division reçut du général Lahorie, remplissant par intérim les fonctions de chef de r état-major général, Tordre suivant :

Le général en chef de l'armée du Rhin, à la prière de la plupart des officiers, sous-officiers et soldats prisonniers de guerre blessés de l'armée de Sa Majesté Impériale et Royale qui se trouvent encore, dans l'étendue de la Bavière, de l'Autriche et de l'évéché de Salzburg, dans l'arrondissement de l'armée française, a ordonné que tous ces prisonniers de guerre seraient immédiatement renvoyés à l'armée impériale et dirigés par Enns sur la route de Vienne. Le chef de l'état-major de l'armée du Rhin a l'honneur de prévenir M. le chef de l'état-major de l'armée de Sa Majesté Impériale et Royale, en l'invitant à donner des ordres immédiatement pour que ces prisonniers soient reçus aux avant-postes.

L'état des prisonniers de guerre envoyés sera dressé par duplicata dont un sera signé par l'officier de l'armée impériale chargé de les recevoir aux avant-postes.

Cet ordre était accompagné d'une lettre d'envoi dans laquelle étaient indiquées les dispositions d'exécution qui furent remplies exactement (1).

23 nivôse (13 janvier). — Il arriva une lettre du général Lahorie, datée de Salzburg, le 21 nivôse, pour le chef de l'état-major de la division, énonçant ce qui suit :

Le général en chef, voulant connaître les consommations de denrées qui ont lieu à l'armée, me charge de vous inviter a m'adresser dans le plus bref délai, et à dater du 1er frimaire dernier, un état par décade des denrées en pain, viande, liquides, foin, paille et avoine, qui ont été reçues et distribuées dans la division du corps d'armée dont le détail vous est confié.

Ces états indiqueront sommairement les denrées reçues pendant la décade et d'où elles proviennent, celles qui auront été distribuées et versées sur d'autres divisions, avariées, etc., et ce qu'il en reste de disponible le dernier jour de la décade.

Vous continuerez à m'adresser ces états jusqu'à nouvel ordre, en y joignant ceux des magasins des places occupées par les troupes de la division dont le détail vous est confié.

(1) Un Hongrois du nom de Charles Birony, qui avait été lieutenant-colonel, et employé par le roi de IVaples à diverses missions diplomatiques auprès de la cour de Vienne, s'était présenté à Decaen quand celui-ci était entré à Munich, quelques mois plus tôt... « La nécessité m'a forcé de recourir directement au général Decaen qui, par sa bonté ordinaire, me présenta au général Dessolle..., » écrivait-il; et il proposait de lever un corps hongrois afin, disait-il, « de pouvoir être utile à l'armée, d'une part, et pour ranimer l'espoir de mes compatriotes en Hongrie... » Cette proposition n'avait pas abouti (Birony au général en chef, Munich, 21 nivôse an IX, A. H. G.).

En m1 envoyant les états particuliers des gardes-magasins visés des commissaires des guerre ou commandants de place, en l'absence des commissaires des guerres, vous serez dispensé de m1 adresser un état général.

Le général en chef compte sur votre exactitude dans l'exécution des présentes dispositions.

Quelques jours auparavant, le 17 nivôse, j'avais écrit au commissaire des guerres de la division, Maljean, de me faire un rapport, le lendemain matin, de quels moyens il avait pourvu à la subsistance des troupes de la division depuis qu'elle était établie dans le canton de la Traun, à dater du 2 nivôse; que ce rapport devait faire connaître les quantités consommées, quelles denrées, d'où elles étaient provenues, si c'étaient des ressources du pays ou des magasins pris sur l'ennemi, et de déterminer les quantités fournies par l'un et l'autre; enfin ajouter, pour tout ce qui avait été requis aux différents baillis, le nom de la commune où il avait frappé la réquisition, et, en donnant une note des réquisitions, dire si elles avaient été acquittées ou ce qu'il fallait encore verser pour les compléter; d'ajouter à ce rapport une note qui me fit connaître l'état des magasins de l'armée autrichienne dont il avait dû prendre ia surveillance depuis l'établissement de la division.

Il fut prévenu que j'avais fait donner ordre aux gardes établies à chaque magasin pris sur l'armée autrichienne de n'en laisser rien distraire, ni même d'y laisser entrer qui que ce soit jusqu'à nouvel ordre.

J'avais écrit cette lettre et j'avais pris cette mesure parce que j'avais été informé qu'il s'était commis des abus et des dilapidations préjudiciables aux intérêts de l'armée.

26 nivôse (16 janvier). — Les troupes de la division étant alors bien établies dans leurs cantonnements, et toutes les dispositions ayant été prises pour assurer leur subsistance, j'avais prévenu le général en chef que je me proposais d'aller passer quelques jours à Munich. Je me mis donc en route pour y aller directement en passant par Braunau.

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