HEUREUSES DISPOSITIONS DE MOREAU
cher avec plus de rapidité et avec tout l'ensemble possible « ; qu'après m'avoir demandé si toute ma division serait réunie dans la soirée, et que j'eus répondu affirmativement, mais à 500 hommes près qui, placés à des avant-postes éloignés, ne rejoindraient que durant la nuit, le général Moreau avait dit : « Eh bien! Je voulais faire tourner l'ennemi par 10 000 hommes; il le sera alors par 20000. Mais à quelle heure pourrez-vous arriver sur Christoph? — Je ne puis pas le préciser, mais je ferai mon possible pour que la majeure partie de mes troupes y soient avant midi » ; enfin que le général Moreau avait décidé que je suivrais la division Richepance, et que des ordres m'avaient été donnés en conséquence.
Après ce préliminaire, je donnai mon explication en ces termes : « L'archiduc Jean, nous croyant en pleine retraite tandis que nous nous préparions à lui livrer bataille, avait fait marcher son armée, par la vallée d'Isen et par la grande roule de Haag, sur Hohenlinden, et il avait dirigé une division sur son flanc gauche par Albaching pour se porter par la route de Wasserburg à Ebersberg. Le général qui la commandait avait mis du retard à exécuter ses ordres, autrement il aurait pu inquiéter la droite de la colonne Richepance qui avait laissé cette route pour prendre le chemin de Christoph, et retarder son mouvement; et, ce que le général autrichien n'avait pas fait contre cette colonne, il aurait pu l'exécuter contre la mienne lorsque je lui fis prendre la même direction. Cependant, au moment où la plus grande partie de mes troupes était engagée sur cette nouvelle direction, mes éclaireurs avaient fait annoncer qu'ils avaient rencontré quelques ennemis sur la route de Wasserburg, et j'avais envoyé un parli de dragons et d'infanterie pour les observer en attendant l'arrivée d'une partie de la brigade Debilly que j'avais laissée à Ebersberg où elle devait être relevée par une des divisions de l'aile droite de l'armée. Or, n'ayant pas d'inquiétude de la part de l'ennemi que j'aurais eu à combattre s'il n'avait pas mis de retard à s'avancer, j'avais hâté la marche de mes troupes pour arriver sur le plateau de Christoph, parce qu'on se battait alors vivement vers Hohenlinden. -a
Je ne fis pas le récit des différentes dispositions que j'avais ordonnées, soit pour arriver sur le plateau de Christoph, soit pour ". 16
combattre les ennemis qui furent rencontrés à sa proximité, soit enfin pour rétablir la jonction d'une partie de la division Richepance que j'avais trouvée sur ce plateau et qui avait été séparée de l'autre partie, à la tête de laquelle ce général avait marché sur Maitenbeth, par des ennemis arrivés sur le flanc gauche de la colonne française et qui l'avaient coupée.
Mais je dis au Premier Consul que le général Kniaziewicz, avec une partie de la légion polonaise que j'avais dirigée sur la droite de Christoph pour contribuer à rétablir la jonction des troupes de Richepance, s'était trouvé en présence de ce corps de l'armée autrichienne que l'on aurait dû plus tôt rencontrer, et avec lequel les ennemis qui avaient coupé la colonne française voulaient opérer leur jonction : ce qui avait été contrarié par l'arrivée de mon avant-garde conduite par le chef de brigade Laffon, du 6e de chasseurs à cheval; qu'il était résulté des dispositions que j'avais ordonnées, et du combat qui s'était engagé, que les troupes séparées de celles à la tête desquelles se trouvait le général Richepance l'avaient rejoint; et que, bientôt après, la victoire s'était décidée en notre faveur car, de toutes parts, les troupes de ma division avaient amené des prisonniers, au moins 3 000, et sept pièces de campagne; cependant, qu'on entendait encore une vive canonnade sur la gauche, et que j'avais envoyé la brigade Durutte du côté du feu pour être employée au besoin; qu'ayant suivi le mouvement de cette brigade, j'avais aperçu, au moment qu'elle allait déboucher sur la grande route de Hohenlinden à Haag, la division Grouchy qui y poursuivait l'ennemi ; qu'ayant alors jugé, par la marche de cette division, que la gauche n'avait pas besoin de mon renfort, j'avais fait faire une contremarche à la brigade Durutte et pris la résolution de diriger la plus grande partie de mes troupes sur Haag en passant par Albaching, afin de couper autant que possible la communication de l'ennemi avec Wasserburg ; que, dans cette circonstance, le général Kniaziewicz, que j'avais chargé de rester sur Christoph pour couvrir mon flanc droit, m'ayant fait prévenir qu'il était vigoureusement attaqué par le corps devant lequel il était en observation, je lui fis annoncer que je marchais pour l'appuyer; que le combat était sérieusement engagé et que ce général soutenait fort bien l'attaque; mais que mon mouvement sur Albaching ayant menacé la droite de l'en-