‹ Mémoires et lettres du P. Timothée de La Flèche, évêque de Béryte, sur les affaires ecclésiastiques de son temps 1703-1730Chapitre 12 sur 46 · François Berger de Matissoles · texte numérisé non relu

François Berger de Matissoles

ii MEMOIRES ET LETTRES

pour terminer ce différend, chargea M^'' le Dauphin d'en être l'arbitre; l'archevêque de Bordeaux ', Tévêque de Meaux ^, et quelques autres, furent choisis pour travailler à la réconciliation. Enfin après bien des conférences, il fut arrêté que, pour se justifier du soupçon de jansénisme, le cardinal proscrirait le livre de Quesnel , et révoquerait son mandement contre l'ordonnance ; et qu'ensuite les deux évêques lui écriraient une lettre de satisfaction, sur celle qu'ils avaient écrite au Roi contre lui.

Le cardinal avec une conduite dévote et un génie médiocre, était haut et entêté ; un projet qui lui donnait le tort et lui arrachait son cher livre, ne pouvait être de son goût. Il s'embarrassa peu d'offenser le prince qui s'était mêlé de l'accommodement, et le roi qui l'en avait chargé ; il refusa tout. Le parti applaudit à son refus et prit sa défense; les trois évêques portèrent l'instance à Rome du consentement du Roi, pour faire casser son mandement. Le roi révoqua le privilège et défendit le débit de ce livn^ : enfin voyant toutes ces démarches inutiles auprès du cardinal, il prit le parti de demander à Rome une bulle solennelle pour finir cette contestation sans retour. Cette nouvelle affaire absorba toutes les autres ; le député des évêques qui poursuivait à Rome la cassation du mandement n'obtint rien; le Pape, comptant que la crainte d'une bulle ferait revenir le cardinal, ou qu'en tout cas la bulle terminerait tout, lui donna les marques les plus tendres de bonté.

Tout le monde sait que. par ordre du Roi, on donna au public après la mort de M'-''' le Dauphin un mémoire qu'on avait trouve écrit de sa main, adressé au Pape, plein de protestations de catholicité et de son opposition au jansénisme; mais peu de personnes en connaissaient le vrai principe.

Il y avait à Rome, depuis quelque temps, plusieurs jansénistes reconnus parmi bien d'autres : le père Grave-

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