Henry Pons de Thiard de Bissy
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son ', dominicain: Dom Louis ISIaillié, bénédictin; le sieur Pressiat, banquier expéditionnaire, quoique plus mesuré; et M. Charmot, procureur du séminaire des Missions étrangères, maison alors extrêmement gâtée, mais depuis ce temps-là parfaitement revenue. C'était les agents du parti. Le Pape, instruit de leurs intrigues, fit faire les informations juridiques de leur conduite par M. Banchieri, assesseur du Saint-Office, et depuis cardinal -. Par considération pour les Dominicains, on fit donner des avis au P. Graveson, par le P. Cloche^, son général; Dom Maillié fut mis au château Saint-Ange, où on lui fit son procès, et l'on eût fait de même au sieur Charmot, si Dieu ne le lui avait fait par une mort prématurée.
Ces trois dangereux novateurs répandaient dans Rome toutes sortes de faux bruits favorables au parti : ils furent assez téméraires pour attaquer M^' le Dauphin même, et débiter partout qu'il était fort choqué de l'ordonnance des évêques de Luçon et de La Rochelle ; qu'il en avait fait des reproches au P. Letellier qu'il en croyait lauteur; qu'il était tout dans l'intérêt du cardinal de Noailles et de son parti, quoique par déférence pour le Roi, il dissimulât ses sentiments; mais que si jamais il montait sur le trône, le jansénisme avait d'autant plus à espérer sa protection, que ce prince était parfaitement instruit et possédait fort bien saint Augustin.
Leur assurance à débiter en gens instruits ces fausses nouvelles, leur ardeur à les répandre, les circonstances dont ils savaient les embellir firent beaucoup d'impression dans Rome; le bruit en vint aux oreilles du Pape, et lui causa la plus vive douleur ; il m'en parla et ne put retenir ses larmes. « Que pensez-vous, me dit-il, des bruits que répandent les sieurs Charmot, Dom Maillié et le P. Grave-
1. Le f. fr. 6050 contient plusieurs lettres du P. Graveson au cardinal de Noailles. Cf. Quétif et Echard, Script, ord. praed.. II, 805.