‹ Mémoires et lettres du P. Timothée de La Flèche, évêque de Béryte, sur les affaires ecclésiastiques de son temps 1703-1730Chapitre 20 sur 46 · MEMOIRES ET LETTRES DE L'KVÈQUE DE BÉRYTE · texte numérisé non relu

MEMOIRES ET LETTRES DE L'KVÈQUE DE BÉRYTE

Le Roi aimait les capucins ; il était prévenu pour le Général. Sa réponse fut des plus oblig-eantes, accompagnée de cet air de bonté et de majesté si naturel à Louis XIV. Le bon Père en fut charmé et ne pouvait se lasser d'en dire du bien ; il fut reconduit chez les Trinitaires oîi il logeait et magnifiquement régalé par les officiers de la bouche. J^e P. Général avait un mérite distingué; il était bien fait; il s'énonçait parfaitement dans sa langue ; tout respirait en lui une grande piété ; il en avait beaucoup en effet; il y joignait un grand bon sens, aussi se concilia-t-il la vénération de toute la cour. Il fit à Paris les visites ordinaires, où je l'accompagnai, et pour ne pas me trouver à la visite qu'il allait faire, où la réforme serait inévitable, je repris avec son agrément mon voyage de la Flèche que j'avais interrompu.

On s'attend bien qu'un Définiteur général, qui avait joué à Rome un rôle brillant pour un capucin, sera reçu avec distinction dans sa province, que les dédicaces des thèses, les compliments, les poèmes, en un mot tous les honneurs monastiques lui seront prodigués partout; et qu'à son tour il n'épargnera ni les médailles ni les indulgences et autres présents de dévotion qu'il a apportés en abondance de Rome.

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