Mnit cil
Pape pour lui faire sentir son mécontentement, avait donné ordre à M. Massei d'aller en droiture à Parme, sans passer par Modène. Le Prince le sentit et m'en parla. Je lui répondis que M. Massei était si pressé de se rendre à Parme qu'il n'avait pas sans doute eu le temps de s'arrêter. C'est ici que je fus reçu comme en triomphe, comme un ambassadeur. Le Duc, qui voulait se raccommoder avec le Roi de France, croyait lui faire sa cour et se ménager en moi une espèce de patron. Les capucins lui donnèrent d'abord avis de mon arrivée. Il en était déjà informé. Lin de ses gentilhommes vint me complimenter ; ses carrosses suivirent de près, l'habit de capucin y figurait à merveille. Le corps de garde était en haie ; les appartements étaient pleins de seigneurs. Le Duc s'avança de quelques pas pour me recevoir. Après quelques compliments, il me prit par la main et me mena dans une galerie voisine, où la conversation dura tête à tête plus d'une heure, toujours en se promenant; elle roula toute sur son chagrin d'avoir donné lieu au Roi d'être mécontent de sa conduite.
Dans la dernière guerre ' les troupes françaises s'emparèrent du duché de Modène pour empêcher les troupes impériales de s'en saisir. Alors le Duc se retira à Bologne avec sa famille. Cette démarche déplut à la Cour de France. On y crut le Duc dans les intérêts de l'Empereur, comme s'il fût allé demander sa protection. « Les apparences sont contre moi, me dit-il, j'en conviens; mais Dieu sait que je suis attaché à la France plus qu'aucun de mes ancêtres. Mille raisons m'y engagent et j'espère d'en convaincre le Roi. Je suis retiré à Bologne pour ne pas encourir l'indignation de l'Empereur qui, persuadé que j'avais attiré les Français, me menaçait de me faire ressentir sa colère. De petits princes comme moi ont bien des ménagements à garder avec des puissances formidables et voisines, à qui on ne peut résister. La suite a bien fait voir que dans ces tristes conjonctures, je ne pouvais