‹ Mémoires et lettres du P. Timothée de La Flèche, évêque de Béryte, sur les affaires ecclésiastiques de son temps 1703-1730Chapitre 25 sur 46 · Cette guerre se termina en 1738 par la paix de Vienne · texte numérisé non relu

Cette guerre se termina en 1738 par la paix de Vienne

en user autrement : TEmpereur, devenu maître de Mantoue et de presque toute l'Italie, n'eût pas manqué de me chasser de mes États ; au lieu que, demeurant neutre comme je fis, j'y suis paisiblement rentré après l'évacuation des troupes, disposé plus que jamais à marquer mon attachement au Roi. Voilà, Monsieur, continua-t-il, ce que je vous prie de lui représenter, afin qu'il me rende sa protection et ses bonnes grâces. « Il me fit ensuite conduire à l'appartement de la Duchesse de Wittemberg, sa belle-mère, et des princes, ses enfants. On y était prévenu de tout. L'accueil fut également favorable, La Duchesse me présenta ses petites-filles, princesses remplies de vertu, d'esprit et de beauté, et témoigna désirer beaucoup qu'elles fussent établies en France, et me pria de le dire à la Princesse de Condé, sa sœur^ A peine eus-je été reconduit dans les carrosses de Son Altesse, que je reçus quantité de rafraîchissements.

M. Massei, déjà rendu à Parme, avait tout prévenu en ma faveur. Le Duc, averti par les capucins de mon arrivée, me fit demander quelle réception je dédirais, ou une audience aussi distinguée qu'à Modène, ou une particulière où je pourrais venir incognito par l'escalier secret, où on me ferait asseoir et couvrir, ce qui ne pouvait se faire en public y L'humilité du prélat capucin fut mise alors dans une épreuve délicate. Confus de tant d'attention, il préféra modestement l'escalier dérobé. Un carrosse vint le prendre, le Prince le reçut en son cabinet. Deux fauteuils étaient placés en cérémonie vis-à-vis l'un de l'autre. Le Prince ou par politesse, ou par ennui de la harangue, l'interrompit et le fit asseoir et le fit couvrir, car il avait alors l'habit d'évêque. Sa Grandeur s'en défendit, mais il fallut se rendre. Son Altesse n'ayant voulu ni s'asseoir, ni se couvrir devant lui : « Je ne puis trop vous prier, me dit-elle, de marquer au Roi quelle est ma vénération et mon dévouement. » — « J'exécuterai les ordres de Votre Altesse, lui dis-je, quoique les preuves, qu'elle en a données dans la dernière guerre,

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