Cf. La Chesnaye Desbois, Dicl. de la noblesse, v. Esl
ne permettent pas de douter de ses sentiments. » — « Ce que je fis alors, reprit-il, n'est qu'un léger crayon de ce que je voudrais faire pour les intérêts de Sa Majesté. >> Je reçus le même accueil de M"""" la Duchesse, chez qui le Duc me lit conduire, et elle me montra le portrait de la Reine d'Espagne, sa fille, et plusieurs ouvrages de miniature et de peinture de sa façon très bien travaillés. A peine fus-je de retour aux capucins, qu'un gentilhomme vint me saluer de la part de Son Altesse, suivi de vingt-cinq portefaix chargés de présents.
Nous trouvâmes à Turin Monseigneur l'archevêque d'Avignon^. J'y rendis visite à Madame Royale, à madame la Marquise de Prie, épouse de l'ambassadeur de France, lequel était alors à Chambéry à la suite du Roi de Sardaigne. J'y reçus une lettre du marquis du Coudre, un des principaux seigneurs de sa cour, pour m'engager à passer par Chambéry, parce que le Roi de Sardaigne voulait me communiquer quelques affaires importantes. La commission était délicate : les deux cours de Rome et de Sardaigne étaient alors brouillées, et sans doute que le Roi, sachant l'accès que j'avais auprès du Pape, m'aurait chargé de quelque négociation. Heureusement il ne se trouva pas à Chambéry lors de mon passage; je passai outre.
M. de Villeroy, archevêque de Lyon, voulait être cardinal; il crut se faire en nous deux patrons. Tout fut mis en œuvre pour nous recevoir. Le prévôt des marchands vint par son ordre aux capucins où nous étions, et se chargea de nous défrayer. Le prélat était à sa maison de campagne avec Milord Bolingbrocke ^. Ses carrosses vinrent nous chercher, il nous régala magnifiquement et dans une conversation particulière il me dit confidemment : « Vous avez beau champ pour parler en ma faveur à Sa Sainteté, vous connaissez l'attachement du Maréchal de Villeroy, mon père, pour le Saint-Siège, et les services qu'il lui a rendus. Je ne