MÉMOIRES B
boliques furent sa réponse. J'étais le plus scélérat, le plus grand malheureux des hommes, d'avoir ainsi al)usé de la procuration générale qu'elle m'avait donnée. Je la laissai pester, jurer et se plaindre tant que bon lui sembla. Je lui marquai que je ne manquais ni d'estime ni de considération pour elle, mais que j'étais absolument résolu de ne plus retourner en province essuyer les mêmes chagrins et calomnies auxquels j'avais été en butte, qu'elle pouvait m'apporter sa réponse elle-même à Paris, que j'avais pris maison, qu'à son arrivée elle trouverait un appartement préparé, qu'elle n'avait qu'à, disposer de sa maison et de ses meubles toulousains comme elle le jugerait à propos, qu'à l'avenir j'entendais être homme. »
Elle ne prit pas cette décision si au tragique et il semble que sa mauvaise humeur portât plutôt sur l'em- I)loi qui fut fait de l'argent de cette vente. Elle revint à Paris, où d'autres tribulations l'attendaient.
M. du Nover perdit pas mal d'argent dans des affaires diverses, en ajoutant les parties de bassette et de pharaon. C'est vers cette époque qu'il parle avec son venin accoutumé d'une comédie de Dangeau (i) : Les Vendanges de Suresne, dans laquelle sa femme étail ridiculisée, sous les traits d'une M™'' Thomasso. Il prétend qu'elle assista à la première représentation, crul se reconnaître et sortit aussitôt. Selon lui, elle vint lui demander de la venger, ce dont il n'eut garde, et alla au contraire voir cette pièce pour en rire. M™*^ du Noyer n'en fait pas mention.
(i) C'est M. du Noyer qui l'attribue à cet auteur.