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et solides que r auteur manifeste partout, F élan patriotique et le tan mélancolique qui ankiîewt le récit de ces calamités nationales — tout cda fait de ce mémoire tm des doeumens historiques les plus merveUleux.
Le recueil est terminé par deux mémoires sur les droits maritimes, c'est-à-dire, sur la question épineuse de savoir : A quels droits peuvent prétendre les netitres pendant une guerre maritime f question qui, dans toutes les occurrences, sera vivement discutée, surtout entre V Angleterre et les états maritimes dun ordre inférieur. — Qmtz écrivit de sa propre main sur V enveloppe de ces cahiers: n Cette première partie a été imprimée à Paris en 1813, 7- La seconde, quoique peut -être plus intéressante, n'a été lue que de quelques personnes.*^ Il parait, d après cette rema/rque, que la première dissertatioti' fut imprimée comme manuscrit et commumquée à un certain nombre de personnes; car je ne puis croire qu'elle soit venue à la connaissance du grand public, n'en agant trouvé nuUe part la moindre notice. Je présume même qu'elle ^ ne fut pas imprimée en 1813 — car qui est-ce qui durait osé Vimprimer alors à Paris f — mais en 1816 , Gentz se trouvant à cette époque dans cette capitale, où il assistait aua: conférences tenues pour la seconde paix de Paris.
Avant de mettre ces deux mémoires sous les
yeuâ: de mes lecteurs , je ne crois pouvoir mieux faire que de citer les mots par lesquds Gentz luimême entama cette matière huit ans auparavant, à roccasion d'un ouvrage de Gérard de Rayneval, intitulé: ^^ Institutions du droit de la nature et des gens^^ (Paris, 1803), ouvrage qui acquit en France tme grande autorité, mais que Gentz soumit d'abord à une critique très sévère. * H dit entre autres par rapport aux dt*oits maritimes :
n D'après tout ce que nous venons de dire sur le caractère de T ouvrage en question [de Ragneval/}, ndus pensons bien que personne ne s'attendra à y trouver quelque donnée importante qui puisse faciliter la solution d'un problème aussi difficile et aussi compliqué qu'est celui de fixer les droits et les devoirs respectifs des puissances beh ligérantes et des puissances neutres dans une guerre maritime. Les peines inutiles que, depuis Mbericus GentiUs et Hugo Grotius jusqu^à nos jours, se sont données une foule d'écrivains pour résoudre de manière ou d'autre ce problème récalcitrant; les mécomptes et les contradictions dans lesquels sont tombés tous ces écrivains^ du moment qu'ils se sont flattés de parvenir à une solution, en laissant de coté les traités positifs,
* On ia trouve dans ia y^Allgemeine lAteratHr- ZeUung^' de Jénaj mois de Mai 1804.
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pour ne consulter que ce que Von appelle le droit des gens pur ou naturel; le résultat singulier que Von avait déjà obtenu dans des temps plus reculés, et que differens jurisconsultes — entre autres le judicieux Oaliani — ont signale avec tant de justesse, résultat qui est que, dans cette matière, chaque fois qu'on veut revenir à des principes généraux, les deux parties opposées (comme par suite d'une antinomie naturelle) ont, suivamt le point de vue d'où Ion part, en même temps raison et tort; enfin toutes les discussions récentes, amenées par les fameux traités de neutralité de 17 SO et 1800, et dont quelques-unes ont été très approfondies, tout cela n'a fait que donner aux juges compétens la conviction <iue la question des limites à établir entre les puissances belligérantes et les neutres dans une guerre maritime, n'est pas seulement restée indécise en général, mais que même elle se refuse à toute solution , dès qu'en prenant les voies suivies jusqu'ici, on s* écarte des droite positifs fixés par les traités. Il n'y a pas de question concernant le droit des gens qui décèle d'une niamère plus palpable que celle-ci combien sont insuffisantes les réglés que ton a établies jusqt£à nos jours pour un droit des gens universel; il n'y en a point qui rende plus suspectes ^ plus chancdantes les.. bases que Von a données à cette science; et Fauteur de cette critique, qui a
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lu et comparé a/vec une attentie» toute particulière tout ce qui a été écrit de part et éP autre sur la question j croit pouvoir assurer que^ tant que ton n'analysera point ^ tout autrement que cela ne s'est fait jusqu'ici^ et qu'on ne remettra pas dans le creuset les principes fondamentaua? d'un droit des gens naturel^ il faudra se résigner à regarder cette dispute comme interminable.
n L'auteur dont nous nous occupons [Mr. de Rayneval] semble n'avoir pas même connu les difficultés dont la matière est hérissée^ ou du moins ne s'en être guère soucié. Il expédie en peu de mots les questions les plus compliquées y et distribue à tort et à travers des licences et des privilèges selon son bon plaisir. H accorde sans restriction aux puissances neutres la maxime que le pavillon couvre la cargaison^ sans tenir <meun compte des objections élevées contre elle par les défenseurs de la partie adverse , notamment par les écrivains anglais y et certes ces objections ne sont rien moins que frivoles. En revanche , il accorde pleinement OMX puissances belligérantes le droit de visiter les vaisseaux neutres, lors même qu'ils seraient sous Vescorte d'un b,âtiment de guerre; bien qu'on ne puisse nier que les raisons que les apôtres de la navigation neutre ont opposées à Vexercice d!un pareil droitj^'aient pour le moins autant de poids que celles qu^ils ont alléguées pour la
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liberté de la marchandise ennemie naviguant sou» pamllon neutre. ^^
Ces deua; mémoires nous prouvent jusqu^à quel point Gentz avait approfondi la matière. Ses opinions s*a£cordent souvent d^une manière étonnante avec celles que les premiers publieistes de notre temps ont émises depuis sur le même sujet. Mais le raisonnement acquiert sous sa plume un intérêt tout particulier^ en ce que^ pour traiter la question générale^ il profite à propos des différends qui s'étaient élevés alors sur les droits maritimes. La France avait déjà soulevé T Amérique septentrionale contre V Angleterre; mais la Russie^ seule parmi les états du continent^ résistait encore et protégeait en quelque sorte le commerce Anglais. Napoléon s'occupait déjà des préparatifs de la guerre dans laquelle son pouvoir colossal vit s' entr' ouvrir Vabime qui devait bientôt Vengloutir.
Depuis la chute de Napoléon^ presque toutes les questions du droit des gens étaient en quelque sorte exclues de V ordre du jour^ mais elles viennent de reprendre toute leur importance^ depuis que les progrès de la civilisation paraissent devoir être de nouveau en proie aux illusions et au désir insatiable de domination et de gloire dun peuple remuant. Relisons donc dès maintenant ces ancietuf souvenirs y écoutons les voix qui du fond des tombeaux s'élèvent pour nous remettre en mémoire les
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luttes, les malheurs et les ea^périences de nos ancêtres^ afin qu'au jour du danger nous sachions tous sous quel éhrapeau nous rallier.
SUmtgart, le i Mats i84i.