‹ Mémoires et lettresChapitre 12 sur 35 · A MON ONCLE MONSIEUR LE DUC DE MONTPENSIER · texte numérisé non relu

A MON ONCLE MONSIEUR LE DUC DE MONTPENSIER

(Mars 1^81 '.)

Mon oncle, il ne se sauroit plus souvent que je le désire offrir occasion de vous tesmoingner, soit par effect ou par lettre, la volonté que j'ay de vous servir, ne souhaitant rien plus que de vous en pouvoir rendre preuve. Mon frère et le Roy mon mari vous escrivent si particulièrement de Testât des affaires de la paix que, m'en remettant à eux, je prieray Dieu, mon

' Louis de Bourbon , duc de Montpensier.

" Cette date, ainsi que celle de la lettre suivante, a été ajoutée par une autre main que celle de Marguerite.

oncle, qu'il vous donne heureuse et longue vie. Vostie humble et obéissante niepce, Marguerite.

[ Autogr. — Coll. Béthune, t. 8847, fol. 36. ]

A MOxN ONCLE MONSIEUR LE DUC DE MONTPENSIER.

(Mars 1581.)

Mon oncle, vous vous estes tousjours monstre si affectionné au bien de cet estât, et y avez jusques icy de si bon cœur emploie vostre paine que, cognoissant mon frère l'espérance que tous les gens de bien ont en vous , il s'est résolu de vous despescher le sieur de La Roche, pour vous faire entendre combien il vous cognoit propre à un effect où le Roy mon mary désire infiniment que vostre santé vous permette de vous y emploier. Et estant chose que plus particulièrement vous pouvez entendre par ledict sieur de La Roche et par les lettres de mon frère et du Roy mon mary ', je vous supplieray seulement, mon oncle, vous y vouloir disposer, et croire que je vous demeurerai tousjours vostre humble et obéissante niepce, Marguerite.

[Autogr. — Coll. Béthune, t. 8847, fol. 38. ]

A MA COUSINE MADAME LA DUCHESSE DUZÈS , MA SIBILLE

(Fin de 1581 ou commencement de 1582.)

Ce me seroit, ma sibille, beaucoup de contentement d'avoir autant de moyen de vous servir, comme je reconnois vous avoir d'obligation. Monsieur de La Rochepot " m'a faict tenir vostre lettre et m'a escript

' Il s'agissait probablement des aflfaires de Flandre et de l'entieprise du duc d'Anjou.

' Antoine de Sillv, comte de La Rochepot, gouverneur de l'An-

ce que luy aviez dict : de quoy j'ay receu un extresme contentement, pour estre la chose du monde que je désire avec plus d'affection que d'estre reco^neue du Roy sinon pour servante utile, pour le moins pour très fidelle à l'exécution de ses commandements. Croyez, ma sibille, que mes paroles ne sont neuUement différentes de ma resolution. Si j'ay cet heur de luy baiser les mains, je me promets bien tant de ma sincérité et de son bon naturel qu'il en prendra asseurance de vous. Je vous supplie de l'avoir pour jamais telle de moy que de celle de toutes vos amies qui ara moins d'ingratitude et plus de fidèle amitié. Je vous baise cent mille fois vos belles mains. M.

[Autogr. — Coll. Bélhune, t. 8890, fol. 48.]

A MA COUSINE MADAME LA DUCHESSE DUZÈS, MA SIBILLE

(Fin de 1581 ou commencement de 1582.)

Ma sibille, vostre lettre me sera comme saint Elme aux mariniers, me promettant, sous vos asseurances, autant de contentement à mon retour, qu'en mesme lieu, j'y ay aultrefois esprouvé du contraire. Vous m'aimez trop pour me vouloir tromper, ma sibille; je ne douteray jamais de vos paroles. Il est aisé de tromper qui se fie; mais je n'attendray jamais cette recompense de l'affection que je vous ay vouée; je croiray donc vostre conseil et advanceray mon partement , autant qu'il me sera possible '. Faites, puisque vous gouvernez le Roy, que je me ressente de vostre faveur, que

jou, fils de Louis de Sillv, seigneur de La Rocheguyon , et d'Anne de Laval , dame d'Aguigny et de La Rcchepot.

' Marguerite revint à Paris au mois de mars i58'2.

je veux seulement f[ue vous employiez à luy faire recognoistre la vérité de mon intention, qui n'est que de le servir et luy plaire, et de vous honorer et aimer comme ma vraie sibille. M.

[Autogr. — Coll. Béthune, t. 8890, fol. 46.]

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