‹ Mémoires et lettresChapitre 14 sur 35 · REPONSE DE MONSIEUR DE PIBRAC · texte numérisé non relu

REPONSE DE MONSIEUR DE PIBRAC

IVIadame, puisque estant malade et fort indisposé de ma personne, je ne puis, sans faire tort à ma vie entière, [entrer] en la considération etdisputte des accusations et crimes dont vous me chargez par la longue lettre qu'il a pieu à vostre majesté dernièrement m'escripre, je me contenteray maintenant (attendant que dans six ou sept jours j'aye, comme j'espère , recouvré ma santé) vous dire deux choses, madame : l'une, que je vous rends infinies et tres-humbles grasces de ce qu'enfin vous m'avez faict ce bien de me déclarer les occasions que vous estimez avoir de me porter la haine que vous me portez; faultre chose, madame, que j'ay à vous dire, est que, si en tant d'accusations je recongnoissois ung seul poinct de faute en mon coeur, je me

donnerois moi-mesme d'un poignard dans la gorge. Vous n'aurez de moy pour le présent aultre mot, s'il vous plaist. Au reste, madame, j'ay scellé tres-volontiers la commission pour l'audition des comptes de vostre trésorier; je suis bien aise d'estre deschargé de cette occupation , encores que par advanture ceulx qui vous ont baillé ce conseil pensent m'avoir par là donné quelque atteinte; mais ils se trompent bien fort et me cognoissent fort mal. J'ay, madame, une lettre de monsieur de Foix qui est ambassadeur à Rome, et une aultre de monsieur le cardinal de Ferrare , par lesquelles est porté que monsieur le chancelier aura l'evesché de Comdom sur le placet que le Roy luy en a accordé. Je vous advertis , il y a plus de deux mois , du don et de l'asseurance que ledict sieur avoit d'obtenir ledict evesché. C'est tout ce quejesçay, madame, pour vous estre escript, sinon que monseigneur vostre frère est en France, en bonne santé, dont chascun loue Dieu. Madame, je prieray nostre seigneur qu'il vous doint ce qu'il congnoit vous estre nécessaire , baisant treshumblement les mains de vostre majesté, s'il m'est permis. Vostre très- humble et très -obéissant serviteur. PlBRAC.

[Coll. Brienne, t. 295, fol. 166, verso.]

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