‹ Mémoires et lettresChapitre 27 sur 35 · HENRY IV A LA ROYNE MARGUERITE · texte numérisé non relu

HENRY IV A LA ROYNE MARGUERITE

(11 novembre 1599.)

Ma soeur, les delleguez de nostre Saint-Pere pour juger la nullité de nostre mariage ayant enfin donné

' « Le niercredy lo de novembre, les trois commissaires, après plusieurs conférences tenues sur cette grande affaire (le divorce) dans la maison d'Henry de Gondy, evcsque de Paris , ont jugé le mariage nul des le commencement, à cause de la parenlé dans un degré prohibé ;

leur sentence à nostre commung désir et contentement , je n'ay voullu différer plus longtems à vous visiter sur telle occasion , tant pour vous en informer de ma part que pour vous renouveller les asseurances de mon amityé. Partant, j'envoye vers vous le sieur de Beaumont exprez pour faire cet office, auquel j'ay commandé vous dire , ma soeur, que sy Dieu a permis que le lyen de nostre conjonction ayt esté dissous , sa justice divine l'a faict autant pour nostre particulier repos que pour le bien public du royaume. Je désire aussy que vous croyez que je ne veux pas moins vous chérir et aymer, pour ce qui est advenu, que je fesois devant; au contraire, vouloir avoir plus de soing de tout ce qui vous concerne que jamais, et vous faire veoir en toutes occasions que je ne veux pas estre doresnavant vostre frère seullement de nom , mais aussy d'effects, dignes de la confiance que j'ay entendue par Berthier et recongneu, par la lettre que vous m'avez escripte par luy, que vous avez prise de la sécurité de noz effectz. Aussy suis-je tres-satisfaict de l'in-

que la duchesse Marguerite de Valois ayoit esté forcée par le roy Charles IX son frère , et par la Royne sa mère , et qu'elle n'avoit apporté autre consentement que la parole et non le cœur, laissant àl'ung et à l'autre la liberté de se marier à qui bon leur semblera. — Le lendemain le Roy envoya le comte de Beaumont en Auvergne, pour donner avis à la royne Marguerite de ce jugement, et l'assui-a par lettres que , quoique leur mariage fut dissous pour le bien de la France, son désir etoit toutefois de l'aimer non seulement comme son frère de nom , mais en lui faisant dorénavant connoistre les effets de sa bonne affection. » (Lestoile, Journal de Henri IF, iSgg.) — Si les dates de Lestoile sont exactes, la lettre de Henri IV que nous donnons ici est du 1 1 novembre iSgg.

genuité et candeur de vostre proceddeure , et espère que Dieu bénira le reste de noz jours d'une amytié fraternelle accompagnée d'une félicité publicque, qui les rendera très heureux. Consolez-vous donc, je vous prie, ma sœur, en l'attente de l'une et de l'autre, sur l'asseurance que je vous donne d'y contribuer de mon costé ce que vous debvez espérer et sera en la puissance de, etc.

[ Coll. Béthunc, t. 8955, fol. 46. ]

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