‹ Mémoires et lettresChapitre 29 sur 35 · A LA UOVNE MARIE DE MEDICIS · texte numérisé non relu

A LA UOVNE MARIE DE MEDICIS

(D'I'sson, ce 9 décembre ICOO.)

Madame, estant par deux devoirs conviée à honorer vostre majesté, pour le respect du Roy à qui je dois, et pour la nature et pour l'obligation , tout ce qui peust estre rendu de respect et service à sa majesté, et pour rheur que j'ay d'appartenir à la vostre , je n'ay voulu manquer à ouvrir à vostre majesté ce qui lui est acquis en raoy, une volonté toute desdiée à la servir et honorer, que je supplie tres-humblement recevoir comme de la plus afiëctionnée de celles qui ont l'honneur de lui appartenir. M. Berthier saluant vostre majesté de ma part lui confirmera ces véritables paroles, que je lui tesmoingneray en tout ce que le ciel me fera si heureuse d'estre propre à lui rendre quelque tres-humble service , où j'apporteray tousjours , madame, l'affection et fidélité digne de sa qualité. Vostre tres-humble et tres-obeissante servante, sœur et subjecte , Marguerite.

[Coll. Dupuy, t. 217, fol. 186, recto. — Coll. Brienne, t. 295, fol. 245.]

UESPONCE.

(A Lion, ce premier jour de janvier 1601.)

Ma sœur, j'ay tres-volontiers reçu les offres de vostre bonne volonté , que vous m'avez faictes par vostre lettre et par le porteur d'icelle, et vous prie prendre telle asseurance de la mienne que mérite vostre proximité et l'afTection que je scay que le Roy

mon seigneurvous porte , en attendant qu'il se présente occasion de vous pouvoir tesmoingner par bons efFects ce qui est de la mienne, en tout ce qui vous conviendra, le désir que j'ay d'estre et demeurer à jamais vostre bien bonne soeur à vous servir.

[Coll. Dupuy, t. 217, fol. 186, recto. — Coll. Brienne, t. 295, fol. 246.]

AU ROY MON SEIGNEUR ET FRERE

(D'Usson, ce 4 d'octobre 1601.)

Monseigneur, comme la plus obligée de toutes celles qui ont voué très humble service à vostre majesté , elle me permettra , après en avoir rendu de tout mon coeur grâces à Dieu, de me rejouir avec elle de la grâce que Dieu lui a faicte de lui donner un fils '. Le bien de cet estât convie tout bon François à s'en rejouir ; mais le contentement que je sais qu'en reçoit vostre majesté, auquel je joindrai tousjours tous mes vœux et toutes mes volontés, m'en fait recevoir une particulière joie , imaginant la sienne qui ne se peut , ce me semble, ressentir, après ceux qui y ont le principal iuterest, d'autre tant que demoy, qui en rendant mille et mille grâces à Dieu, requiers et prie vostre majesté me conserver les vostres comme à vostre tres-

' « Le jeudi 27 septembre, fête des saints Cosme et Damien, à dix heures et demie du soir, neuf mois quatorze jours après la consommation du mariage du Roi et de la Reine , après vingt-deux heures et un quart de douleurs d'enfantement, la Reine étant à Fontainebleau, a donné un dauphin à la France.» (Lestoile, Journal de Henri IF. 1601. )

humble et très -obéissante servante, sœur et subjecte, Marguerite.

[ Autogr. — Coll. Dupuy, t. 217 , fol. 64. ]

AU ROY MON SEIGNEUR ET FRERE

(D'Usson, ce 17 avril 1602.)

Monseigneur, entre tous les desservices que j'ay receus de quelques chanceliers et trésoriers que vostre majesté m'a veus, celuy duquel je leur veux le plus de mal est de m'avoir contrainte et me contraindre encore de l'inportuner, pour me desgager de Tincommodité ou leurs larcins et mauvais ménages m'ont mise, oii je n'ay coulpé que de nonchalance, vice commun à ceux de noslre qualité. Mais si c'est une marque de grandeur, ils m'ont bien fait payer l'interest de cette vanité. Je recours donc à vostre majesté comme à celuy seul à qui, après Dieu, je dois avoir et ay tout mon espoir et qui me représente tous les rois desquels je suis sortie. Vostre majesté m'ofrit de paier toutes mes debtes, lorsqu'il luy pleut que je consentisse à la séparation ; je feus si mal conseillée que j'aimay mieux deux cens mil escus paiables en quatre ans, estimant que mes debtes, qui ne montoient l'an 85 qu'à quatre vint mil escus ne pourroient excéder cette somme ; toutesfois les interests des années qui ont couru les ont tellement accreues que les commissaires , qui les ont vérifiées à Paris et à Bourdeaux pour France et Gascongne, les ont trouvées monter un tiers plus que la susdicte somme, de laquelle, outre ce, il reste une partie des quatre derniers quartiers des quatre

années susdictes, de quoi il me faudroit remplacement pour parfaire ladite première somme qu'il pleut à vostre majesté m'accorder pour l'acquit de mes debtes; à quoy je supplie 1res -humblement vostre majesté avoir esgard, et ne vouloir laisser en telle peine celle qui loue tous les jours Dieu d'avoir peu servir à establir le contentement de vostre majesté. Il me seroit besoing, et, si j'osois, j'en requerrois tres-humblement voslre majesté, qu'il luy pleust me continuer encore cete mesme assignation pour trois ans, tout ce qu« dessus revenant à cete somme. S'il luy plaist me faire tant d'honneur de le faire, voir il se trouvera. La bonté de vostre majesté et l'asseurance qu'il luy a pieu me donner d'affectionner mon bien , me donnent hardiesse d'oser lui représenter ma nécessité, ainsy que je la supplie tres-humblement se souvenir que , hormis cete assignation pour mes debtes , je n'ay que cinquante mille francs de pension de vostre majesté ; car les autres cinquante mille, je les avois des rois mes frères, et il y a plusieurs princes, qui ne sont de ma qualité, qui ont cent mille francs de pension; outre ce que je n'ay eu nulle rescompense des terres de Picardie, qui mevaloient soixante et trois mille francs, bien que vostre majesté m'ait souvent asseuré qu'en ce changement de condition, elle ne vouloit que j'y diminuasse de moyens, mesme les vouloit pluslost augmenter. Me voyant ladite assignation qu'il luy plaisoit me bailler pour mes debtes, je me suis tenue trop satisfaite , com^me je feray encore , s'il plait à vostre majesté me continuer ladite assignation encore pour

trois ans. Ce sont bienfaicts qui passent mon mérite, mais non l'afFection que j'ay à son service, en laquelle je luy supplie tres-humblement me permettre de luy baiser les mains, priant Dieu, monseigneur, donner à \ostre majesté très-longue, tres-heureuse vie. Vostre tres-humble et tres-obeissante servante, soeur et subjecte, Marguerite.

[Autogr. — Coll. Dupuy, t. 217, fol. 75. ]

A MONSIEUR DE LOMENIE

(D'Usson, ce 21 juin 1602. )

Monsieur de Lomenie , j'ay recongneu par la response qu'il a pieu à sa majesté me faire, sur la tresliumble requeste que je luy avois faicte, que sa majesté n'a esté bien informée de ma demande, ayant estimé qu'en cette année je demandois quelque plus grande assignation ; car je ne luy ay requis sinon qu'il luy pleust, à la fin de cette année, en achever le paiement de l'assignation que, des quatre ans, sa majesté n'a donnée pour mes debtes , de me continuer ladite assignation seulement par autant de ' temps que messieurs de son conseil connoistroient, vérifiant mes debtes, qu'il en seroit besoing ; car je n'y veux rien gagner. Pourveu que je me voie quitte je ne demande que cela , et n'eusse pris la hardiesse d'en oser requerii* sa majesté, en ayant receu tant de bien que je m'y connois trop redevable, si sa majesté ne m'eust faict tant d'honneur que de me l'offrir par monsieur Erart , et si je n'y estois contrainte par la nécessité qui «l'y force; car, si l'année prochaine commence sans que mes

créanciers se voient cette assignation continuée, sans doute ils recommenceront encore leurs saisies, qui me seroient un martyre insupportable , à cette heure que, par la bonté de Dieu et du Roy, j'ay gousté ces quatre années de repos. Je sais les bons offices que m'y avez desja faicts; je vous prie me les continuer, et faire que promptement je sorte de cette appréhension , qui me travaille tant que j'estiraeray que m'aurez redonné la vie. Monsieur de Rieux présentera à monsieur de Rosny, à monsieur le chancelier et à monsieur de A'illeroi les vérifications faicles par les commissaires des parlements de Paris et Bordeaux, ainsi qu'il m'escrit que le Roy luy a commandé. Obligez-moy tant de faire qu'il les voie promptement, et de disposer le Roy à me continuer les effects de sa bonté, où, après Dieu, j'ay mis toute Tesperance de ma [vie], comme aussy j'ay desdié tout ce que je possède à sa majesté et messieurs ses enfants. Vous n'y rendrez jamais pareils offices à personne qui vous ait voué tant d'amitié que moi , qui me tesmongneray pour jamais vostre plus affectionnée et fidelle amie, Marguerite.

[Autogr. — Coll. Dupuy, t. 217, fol. 73.]

AU ROY MON SEIGNEUR ET FRERE

(D'Usson, ce 21 juin 1602.)

Monseigneur, je rends tres-humbles grâces à vostre majesté de l'asseurance qu'il luy plait me donner de la continuation de sa bonne grâce et de ses bienfaicts, desquels je me reconnois trop redevable pour luy vouloir estre importune , n'ayant jamais eu intention

de luy demander aucune chose sur cette année; mais poui' ce qu'en fin d'icelle l'assignation, qu'il luy a pieu me donner pour l'acquit de mes debtes, achevé, et que, par la verilication qu'en ont faicte les commissaires des parlements de Paris et de Bordeaux , raesdiles debtes montent davantage, craignant que mes créanciers à la fin de cette année ne resaisissent tout mon bien , j ay très -humblement supplié vostre majesté avoir agréable que monsieur de Rosny ou tel qu'il luy plaira fasse revoir ladite vérification , et qu'il luy plaise me continuer la susdite assignation pour autant de temps qu'il sera nécessaire pour m'achever d'acquitter, ainsy qu'il a pieu à vostre majesté m'offrir par monsieur Erart de me descharger de toutes mes debtes. Jusqu'alors je n'en demande pas davantage, ny n'y veux rien gagner, ce que j'avoue que je pensois bien faire, lorsque je choisis plus tost les deux cents mille escus payables en quatre ans que rofl[re qu'il plaisoit à vostre majesté me faire de m'acqultter; car je ne pouvois croire que, ne debvant, en l'an quatre vingt cinq, que quatre vingt mille escus, les ans et les interests les eussent peu de tant augmenter; mais les susdicts commissaires l'ont trouvé autrement à mon extresme regret, puisque cela me rend si misérable d'estre contrainte d'importuner encore vostre majesté, de laquelle je me reconnolslray tousjours servante inutile et plus redevable et obligée que tous les services que j'ay peu ou pouvois rendre à vostre majesté nesçauroient mériter, et tlendray, après Dieu, c^

bienfaict de la seule bonté de vostre majesté, à laquelle je supplie tres-humbleraent de croire que je n'ay eu jamais intention de luy demander rien en cette année, mais seulement, aux suivantes, la continuation de l'assignation qu'il luy a pieu me donner depuis quatre ans, et pour tant de temps seulement que monsieur de Rosny et messieurs de vostre conseil connoistront, par la vérification de mes debtes , estre nécessaire pour m'achever d'acquitter. J'ay un si grand desplaisir d'estre contrainte de luy faire cette importunité, que je ne seray jamais à mon aise que, par quelque signalé et tres-humble service, je ne puisse tesmongner à vostre majesté que je n'ai rien au monde qui ne lui soit desdié et à messieurs ses enfans. Vostre majesté sait la volonté que j'en ai eue pour M. de Vendosme, qui n'estoit que pour le respect de vostre majesté. Combien plus me sera-ce d'heur et d'honneur qu'elle ait agréable que je la continue à ceux que Dieu lui a donnés en aultre qualité' ! Comme il est très raisonnable que, tenant tout d'elle, tout retourne aussi à ceux qui sortent d'elle, c'est mon plus grand désir. Prenez-en donc , monseigneur, je vous supplie, treshumblement asseurance de la plus affectionnée soeur et tres-humble servante qu'ait vostre majesté, qui prie Dieu de tout son coeur, monseigneur, donner à vostre majesté tres-heureuse et très-longue vie.

' C'est-à-dire aux enfants légitimes de Henri IV. On sait que le duc de Vendôme n'était que le fils naturel du Roi et de la duchesse de Beaufort.

Vostre tres-humble et tres-obeissanle servante, sœur etsubjecte, Marguerite.

[Auiogr. — CoW. Dupuy, t. 217, fol. 69,]

AU ROY MON SEIGNEUR ET FRERE

(D'Usson, ce 7 d'aoust 1602. )

Monseigneur, entre tous ceux de vostre royaume qu'il a pieu à vostre majesté d'obliger, j'ay tousjours reconnu et avoué estre celle qui luy est plus redevable et obligée de desdier à son service tout ce que je puis avoir qui y soit propre. Je me suis acquittée de ce debvoir en tout ce qu'il a pieu à vostre majesté me le permettre, la suppliant tres-humblement se souvenir que, par son commandement, réitéré par deux fois, par monsieur Erart, je retins le nom de qiioy j'avois volontairement cédé l'effect, pour l'alFeclion et zèle très-grand que j'auray toute ma vie au bien et contentement de vostre majesté, à laquelle je n'osay pour lors davantage contrarier. Mais, à cette heure que Dieu vous a fait la grâce de lui donner des enfans, et que l'on voit, ce que l'on n'eut jamais pensé, des âmes si monstrueuses qu'elles conçoivent des volontés parricides contre un prince tel que vostre majesté, de qui ils ont tant esprouvé la bonté et connu la valeur', je la supplieray tres-humblement avoir agréable que je laisse ce nom de Royne % afin que tels pernicieux esprits ne

' Allusion au maréchal de Biron , qui avait eu la tète tranchée huit jours auparavant.

' Par ses lettres-patentes du 29 décembre i5gg, Henri IV avait déclaré que Marguerite conserverait le titre de Reine et de duchesse de Valois.

prissent à l'avenir quelque prétexte sur ce nom qui peust , en quoy que ce fust , troubler le repos de messieurs vos enfants, et trouver bon que je me nomme de mon duché de Valois, qui est aussy le nom de ma maison , et comme fist madame Jeanne de France, fille du roy Louis Onziesme, lorsqu'elle fust séparée du roy Louis Douziesme , qui se nomma duchesse de Berry de sa duché , et qu'il plaise à vostre majesté commander qu'es patentes qu'il faudra à cette heure refaire, pour l'assignation qu'il luy plaist m'octroyer pour l'année prochaine pour mes debtes , de quoy je luy rends treshumblement grâces, que j'y prenne ce nom de duchesse de Valois ; car je supporterois trop impatiemment que moy, qui voudrois au prix de ma vie accroistre la grandeur de vostre majesté et de messieurs ses enfants, servisse de subject pour une telle vanité à vos ennemys, monseigneur, et aux miens pour troubler vostre estât, à quoy je n'eusse pensé si je n'eusse veu la prodigieuse entreprise de ce misérable ingrat , qui m'a conviée soudain de faire cette tres-humble requeste à vostre majesté, à qui , avec sa permission , je baiseray tres-humblement les mains, priant Dieu, monseigneur, lui donner tres-heureuse et très-longue vie. Vostre tres-humble et tres-obeissante servante, sœur et subjecte, Marguerite.

lAutogr. — Coll. Dupuy, t. 217, fol. 80.]

A LA ROYNE iMARGUERITE.

(De Nancy, ce 17 septembre 1602.)

Madame, j'ay leceu la lettre qu'il vous a pieu m'escrire et veu par icelle les considérations que vostre majesté a pour prendre le nom de duchesse de Valois, qui me semble , Madame , avoir raison , et tiens qu'il vous est plus avantageux que celuy de Royne et me semble qu'aviez raison des la séparation de le prendre, pour beaucoup de raisons que vostre majesté juge tres-prudemment; et me semble qu'elle ne sçauroit juger plus prudemment pour oster tout subject aux esprits malins que d'en user comme elle le dit. J'ay sceu que le Roy ne le pourra trouver que tresbon, parce que c'est change qui ne peut que lui apporter que du repos et à vous aussy. Enfin, Madame, ce sera couper le chemin à ceux qui voudront prendre sujet pour rompre le repos du Roy et de son royaume; et comme vostre serviteur, je vous en parle librement, comme je crois estre vostre bien et repos. Je ne changerai jamais l'affection que j'ai vouée à vostre service, ne désirant rien tant que d'avoir un jour cet honneur de la pouvoir veoir et lui baiser les mains et lui rendre le service tres-humble que je lui ai voué , à quoi ne manquerai jamais, comme sçait le Créateur, auquel je supplie qu'il doint à vostre majesté. Madame, tresheureuse et très-longue vie, Vostre tres-humble et obéissant frère et serviteur. Charles de Lorraine '.

[Autogr. — Coll. Dupuy, t. 217, fol. 79. ] ' Il avait épousé Claude de France, sœur de Marguerite.

AU ROY MON SEIGNEUR ET FRERE

(D'Usson, ce 16 d'octobre 1602.)

Monseigneur, la faveur et les bienfaicts de vostre majesté accroissent tellement les obligations où la nature et vostre bonté m'ont de tous temps liée, que le seul regret de ma vie est de ne me voir aussy utile à en rendre les tres-humbles services que j'en doibs à vostre majesté, comme j'y suis redevable et portée de toutes les affections de mon ame ; et puisque mon sexe ne permet que j'offre autre chose à vostre majesté qu'une voulonté toute soumise aux siennes, et une resolution de n'avoir jamais autre loi à mes actions que ses commandemens , je la supplie tres-humblement me tenir comme sa créature, et me commander absolument comme à telle , la suppliant tres-humblement, s'il est besoin, pour me faciliter la jouissance des cent mille escus qu'il luy a pieu m'accorder en deux ans pour l'acquit de mes debtes, qu'il luy plaise me continuer sa faveur, commander ce que j'auray besoin pour tel effect , et se souvenir de me faire comprendre en Testât de l'année prochaine pour la moitié, comme il luy a pieu m'accorder. J'avois proposé à vostre majesté combien j'estimois utile à son service et de messieurs ses enfans que je prisse le nom de duchesse de Valois, qui me seroit , en la condition où je suis, trop mieux séant; j'ay pris la hardiesse d'enclore dans cette-ci la response que mon frère , monsieur de Lorraine, m'en a faicte, luy en demandant avis, où il tesmongne combien il est zélé à la gran-

deur et repos de vostre majesté et de messieurs ses enfans. Je supplie tres-humblement Yostre majesté de prendre la peine de la voir et de la considérer, et je m'asseure qu'elle approuvera la proposition que je luy en ay faicte, et mon intention qui ne veut que le l'epos et service de vostre majesté et de messieurs ses enfans, où les infinies obligations que je luy ay me rendent par debvoir estroilement liée. Je requiers donc encore tres-humblement vostre majesté me permettre de luy rendre ce second service, qui m'apportera trop plus de contentement que toutes les plus eslevées qualités du monde, et espérant qu'elle m'octroyera cette treshumble requeste avec sa permission , je luy baiseray très humblement les mains , priant Dieu , monseigneur, donner à vostre majesté très -longue et tresheureuse vie. Vostre tres-humble , tres-obeissante servante, sœur et subjecte, Marguerite.

[Autogr. — Coll. Dupuy, t. 217, fol. 77. ]

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