APRES LA PRISE DE LA BASTILLE
Des historiens trop positifs, aux yeux de qui tout est organisé, par exemple M. Dulaure, qui a coutume d'imputer les événements principaux de la Révolution à l'or de l'Angleterre ou à celui du duc d'Orléans, attribuent les violences du peuple après la prise de la Bastille à une autorité occulte. Pour
f i) Varianle des papiers de 1* Auteur :
« Je suis né dans la ville d'Aog^ers et j'y remplissais des fonctions publiques lorsqu'êclata la Révolution. Tout en attestant que peu de villes en France ont embrassé plus chaudement les principes que la Révolution a consacrés Je nie qu'une pareille détermination ait été prise par les femmes de cette ville. Dans d'autres circonstances, «lies ont donné des preuves d'un grand courage et d'un grand dévouement. Mais M. Roche a été induit en erreur en assurant qu'elles avaient offert de s'enrôler elles-mêmes pour combattre les «nnemis delà patrie. Les femmes d'Angers ont toutes les qualités qui conviennent à leur sexe ; mais, à mes yeux, elles "sont beau- -coup plus ictéressantes en portant des secours aux blessés au péril de leur vie, qu'en portant le mousquet . C'est aux hommes qu'il appartient de défendre leurs femmes et leurs enfants. Les femmes doivent se borner à la mission d'embellir notre existence etde nous consoler de tous les maux qui, sans elles, la rendraient souvent insupportable ».
moi je ne vois rien d'occulte dans ces événements déplorables. Il n'est point étonnant que, dans l'état d'exaspération où l'avait jeté la prise de la Bastille, le peuple, qui se voyait trahi de tous les côtéS; se soit porté spontanément à des actes de violence contre ceux qui correspondaient avec ses ennemis et favorisaient leurs projets. On assure en effet qu'on trouva dans la poche du gouverneur de la Bastille une lettre de Flesselles, qui portait ces mots : « J'amuse les Parisiens avec des cocardes et des promesses, tenez bon jusqu'à ce soir, vous recevrez des renforts. » Et je ne vois pas qu'il soit besoin d'aller chercher ailleurs des causes qu'on est dans l'impuissance de signaler.