‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 37 sur 94 · LES MISSIONS RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

LES MISSIONS RÉVOLUTIONNAIRES

Pour favoriser le recrutement, la Convention décida qu'elle enverrait dans les départements des commissaires pris dans son sein.

M. Dulaure prétend que l'envoi des commissai* res envoyés par la Convention dans les départements fut une intrigue de la minorité qui fit nommer ses partisans pour se rendre matlresse de l'opinion. Il ignore, ou feint d'ignorer, que ce fut au contraire une manœuvre très adroite du parti girondin qui se débarrassa ainsi de plus de quatrevingts montagnards, ceux-ci ayant accepté avec dévouement ces missions difficiles sans s'apercevoir du piège qu'on leur tendait. Les girondins espéraient ainsi ne plus trouver d'opposition dans l'Assemblée ou du moins n'avoir plus à combattre que quelques montagnards restés à leur poste.

Le recrutement de Sqo.ooo mille hommes ser\'it de prétexte à ces missions, qui ne pouvaient être que désagréables pour ceux qui les acceptaient, puisqu'il s'agissa't d'enlever à leurs familles

3oo.ooojeunes hommes, etqui même ne furent pas sans danger dans quelques départements, notamment dans ceux de la Vendée et dans les départements voisins. Mais le parti de la Gironde ne sollicitait point les missions dangereuses, car jamais on ne vit un seul de ses membres prendre part à la lutte glorieuse de nos armées.

Et M. Dulaure appelle cela une manœuvre de la Montagne! Il faut avoir besoin de calomnier pour qualifier ainsi le dévouement d'un grand nombre de montagnards qui surent exciter une noble émulation parmi nos jeunes citoyens, et les diriger vers la frontière pour combattre l'ennemi commun.

L'enthousiasme fut tel à cette époque qu'on vit jusqu'à des femmes abandonner le toit paternel pour se joindre à nos jeunes guerriers, endosser l'habit militaire, servir avec distinction dans nos armées et y obtenir des grades.

Déjà deux jeunes demoiselles qui avaient reçu une éducation soignée, les demoiselles Ferny, faisaient partie de l'état-major de Dumouriez et s'y faisaient remarquer par Jeur courage. La plus âgée des deux avait seize ans; la seconde n'en avait que i3; toutes les deux ont suivi la fortune de Dumouriez. Elles combattirent à Valniy et à

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