‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 38 sur 94 · SUR LE RE:CRUTËME.NT · texte numérisé non relu

SUR LE RE:CRUTËME.NT

Jemmapes. Elles avaient deux autres sœurs encore enfants. La plus jeune des quatre est en cemoment réponse du général Guilleminot.

Après le 9 thermidor, au contraire, il fallait voir avec quel empressement tous les hommes du juste milieu d'alors sollicitaient des missions dans les départements pour y comprimer, dis aient-ils, le système de terreur qu'ils venaient d'abattre. Ils n'avaient pas témoigné la même ardeur lorsqu'il s'agissait de marcher à la tête des armées républicaines pour repousser l'étranger, car aucun d'eux, je le répète, n'a sollicité cette périlleuse mission. Il y avait beaucoup moins de danger pour eux à faire évacuer les prisons qui, pour la plupart, ne contenaient que des ennemis de la Révolution, et à y remplacer ceux-ci par les hommes qui l'avaient soutenue de leur dévouement.

Pour moi, je n'ai jamais pris part aux proscriptions, absent de Paris au 3i mai comme au 9 thermidor, chargé pendant ce temps de missions aux armées, je ne saurais être rendu responsable des divisions néfastes qui ont creusé le tombeau de la république.

On a raconté que le g thermidor fit cesser le régime de la Terreur; il eût été plus vrai de dire que ce jour-là commença une autre espèce de terreur. On a trop vile oublié que la Conventioo fut juge et partie dans ce grand procè»; que d'un trait de plume elle mit hors la loi environ cent personnes qui composaient le conseil de la Commune ; que Robespierre le jeune et Lebas furent arrêtés pour avoir demandé à partager le sort d'un frère et d'un ami, sans qu'on leur ait reproché d'autre crime que celui-là.

11 est dit dans le rapport fait par Courtois à la Convention sur les événements du 9 thermidor (page 2 12) que lorsque Léonard Bourdon entra dans la salle de la Commune accompagné d'un employé du comité de Salut public nommé Dular, ils ne trouvèrent dans la salle des délibérations que 36 munic'paux en écharpe, qui conspiraient contre la Convention et qui, par conséquent, furent

mis hors la loi. Comment se fait-il donc que, dans Taprès-midi, 22 individus, dont quatre députés mis hors la loi, furent conduits à Téchafaud?

Comment se fait-il que le lendemain il y en eut 72, parmi lesquels Boulanger et Sijas (i)? Tout d'abord on exécuta donc environ quatre-vingts membres de la Commune, sans compter ceux qui, découverts par la suite, subirent le même sort. Aucun d'eux n'échappa à cette mise hors la loi, pas même ceux qui auraient pu prouver un alibis Absent comme présent, coupable ou non de conspiration, il suffisait d'avoir été membrede la Commune pour être compris dans cette terrible proscription.

Et Ton voudrait nous faire croire que cette journée a été glorieuse et que les Tallien, les Barras, les Legendre,les André Dumont, les Bourdon de rOise et les Fréron, auxquels on en attribue le triste honneur, ont mis fin à l'anarchie !

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