LETTRES ET DOCUMENTS
Proclamation aux Officiers et préposés des douanes Jrançaises à Tarcoing, Neuville et autres corn-
Les hoslîlitéa sKtiit commencée!!. Dans peu d'înslaDts les troupes alliées, vengeresses des crimes de Bonaparte, vont pénétrer sur le territoire de notre patrie, aussi dans vos communes une avant-garde française les pré-
(i) Pour faire guile gui mcmoiresiDachcréi de Clioudieu, nous ■TOUS plac^ ici quelques pièces [Irces de ses papiers. Pendanl les Cent - Jours, Cboudieu avait ètt nommé lieutenant extraordinaire de police à la rteideuce de Dunkenjue, par d<icrcl impérial du ■7 avril i8i5, il sut lutter jusqu'au bout el l'un des derniers. Pool bicu «iluer les laits, ou se rappellera que ta bataille de Waterloo eut lieu le iS juin, que Napoléon abdiqua en faveur de ■OD Sts le 11, et que le 39 juin il quittait la Slalmaîson, se rendant iHochcforl. ;«. de l'Ed.)
cédera. Réfléchissez pendant ce peu d'instants à lacoDduite que vous allez tenir.
Continuerez-Yous à servir Thomnie qui fait le malheur de notre patrie et qui vous rend misérables vousmêmes, ou si, vous tenant tranquillement à votre poste, vous vous rangerez dés qu'ils paraîtront à nos drapeaux blancs, les seuls qui puissent sauver la France, lui rendre la paix, lui concilier l'estime et l'amitié des autres peuples.
Plusieurs de vos camarades ont déjà porté leur hommag-e au Roi ; il les a accueillis avec bonté, ils ont été distingués. Ils en sera de môme de vous si vous vous alliez de suite à nous.
Ainsi en vous conduisant avec honneur vous assurerez encore votre sort à venir.
Malheur au contraire à qui persistera dans la rébellion contre son Roi, rien ne pourra le sauver de la haine des alliés.
Mais, j'aime à le croire, vous vous souviendrez que vous êtes français. En vous ralliant courageusement à nous vous airt'ez bien mérité du Roi et de la patrie, vous contribuerez à une tâche qu'il vaut mieux remplir nous-mêmes que de laisser remplir aux alliés seuls.
Courtray, 17 juin 181 5.
V officier supérieur^ commissaire du Roi de France et de Navarre^ à Courtray.
Le chevalier DE Berettino-Rize,
major de cavalerie, officier de Tètat major de S. A. H.
Il est enjoint à Monsieur le commissaire Lerebvre de se tenir en permanence à sod bureau et de me rendre compte d'heure en heure, soit verbalement, soit par écrit, de tout ce qui se passe en ville. A Dunkerque, le ^5 juin i8i5.
Le lieulenant extraordinaire de police Chou DIEU.
aSjuiniSiS k neuF heures du matin.
J'ai lieu de m'étonner que vous n'ajez rien remarqué de fâcheux dans la journée d'hier quant d l'esprit public. Vous aurez la bonté de vous rendre chez moi à la réception de celte lettre pour m'exptiquer de vive voix ce que vous entendez maintenant par esprit public. Il faut que sache si les hommes qui doivent m'aider dans la lâche difficile que j'ai à remplir jouent sur des mots, et si je dois connaître la vérité.
Le lieutenant extraordinaire de police
CUOUDIEU.
Le lieutenant extraordinaire de police au général J^noir, commandant d'armée
Mon g'ènéral, Depuis que la générale a battu j'ai fait mon devoir, je connais les ag^itateurs, malheureusement on en trouvera parmi les hommes les plus distingués de la ville...
Dunkerque, le 26 juin i8i5.
Le lieutenant extraordinaire de police au contreamiral L'Hermite^ préfet maritime.
Mon g-énéral,
Dans les circonstances critiques où nous sommes placés, j'ai invoqué l'autorité militaire pour faire respecter la mienne, méconnue depuis tfi heures.
J'ai rhonneur de vous adresser copie de la lettre qae je viens d'écrire à monsieur le lieutenant g-énéral comte Levai, gcouverneur.
Je connais toutes les difficultés résultant de la position dans laquelle je me trouve ; je n*ai aucune inquiétude pour ce qui me concerne, mais je dois faire respecter mon caractère ; je puis succomber dans cette lutte, mais mon honneur restera intact et je le mets sous la sauvegarde de tous ceux qui aiment la patrie.
Choudieu
DuDkerque, le 26 juin i8i5.
Le lieutenant général de police à M, le lieutenant général, comte Levai, gouverneur de Dunkerque,
Monsieur le gouverneur,
Dans une ville en état de siège toutes les autorités civiles sont subordonnées à l'autorité militaire. Jusqu'ici je crois avoir rempli mes devoirs, soit en prenant vos ordres, soit en vous rendantcompte de tout ce qui concernait mes attributions.
Depuis quarante- huit heures Tautorité qui m'est
confiée est paralysée par la force d'inertie. La vôtre même n'est pas respectée, car le commissaire de police qae vous avez nommé le 21 de ce mois etqai a été installé le 22 n'est plus reconnu par la manicipalité ; le 23 elle a pris an arrêté qai n'en reconnaît qu'an seul. L'ancien commissaire de police Lefebvre a refusé formellement de communiquer avec moi et, depuis trentesix heures, je peax le regarder comme réfractaire à tous les ordres que je lui ai donnés.
Dans cet état de choses, je dois avoir recours à votre autorité, soit pour faire respecter celle qui m'est déléguée, soit pour m'ordonner de la cesser et me mettre ainsi à l'abri de toute responsabilité. Je ne la crains pas, cette responsabilité, et je crois avoir prouvé que j'avais le couragj^e de faire mon devoir jusqu'au bout; mais si je ne puis rien comme fonctionnaire public, que je puisse au moins quelque chose 'comme citoyen.
En conséquence, je demande, Monsieur le g'ouverneoTy qu'il me soit délivré des armes pour moi et pour cinq personnes qui m'accompag'nent, et qui sont prêtes â prouver que le sang* français coule dans leurs veines.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Choudieu.
Monsieur le lieutenant extraordinaire de police,
Je vous prie, Monsieur le commissaire, de vouloir bien me faire le plaisir de venir chez moi pour que nous
puissions conférer sur la lettre que vous m'avez fait Vamitié de m'écrire.
Recevez l'assurance de ma parfaite considération.
Le lieutenant général C^ Leval
26 juin i8i5.
Monsieur et cher Collègue,
Je n'ai point reçu de nouvelle de notre colIé|^e de Lille et jUg-nore même qu'il existe un commissaire à Lille parce qu'il ne m'a pas fait l'honneur de communiquer avec moi ni de me faire connaître sa qualité.
Je me trouve dans une position extrêmement critique. Dans ma lettre d'hier je vous ai fait part de tout ce qui se passait autour de moi, en vous priant de mettre ma dépêche à la poste. Aujourd'hui ma position n'a point, chang-é. Tout est incertain. Les généraux ne trahiront point, je l'espère, mais je ne dois pas attendre qu'ils provoquent l'élan national Je puis direque je suisseul dans Dunkerque . J'y périrai ou les couleurs nationales seront respectées. Je n'ai rien à vous dire de plus. Si demain vous ne recevez pasdemes nouvelles, soyez certain que votre collèg-ue n'existera plus et que les couleurs nationales auront été foulées aux pieds. — Je n'ai point de force physique à opposer, cependant s'il se trouve de braves gens qui veuillent se réunir à nous, nous ne "baisserons pas pavillon. Je suis fonctionnaire public, si je succombe je le ferai avec honneur.
Salut et amitié.
Le lieutenant extraordinaire de police
CUOUDIEU.
Boulot^ne, le 36 juin i8i5.
Monsieur et cher Collègue,
J'ai reçu, avec votre leltre d'hier, votre dépêche pour le ministre. Je lui ferai passer demain par la poste, à moins que je ne sois dans le cas de l'envoyer par estafette^ ce qui est très possible.
Nous n'avons pas reçu de courrier de Lille, notre ligne télégraphique est coupée sans qu'on sache encore si c'est par quelque partisan, ou par des gens du pays. Le 24 on a enlevé près d'Abbeville les dépêches de Dunkerque, Calais et Boulogne. Ce vol a été fait par quatre hommes armés, dont deux à cheval; la manière dont ils se sont avancés n'annonce pas des gens du peuple. Si vous aviez quoique chose d'intéressant par par ce courrier, vous feriez prudemment de l'expédier par duplicata, c'est ce que j'ai fait.
Nos royalistes s'attendaient à voir ce matin le drapeau blanc arboré à Boulogne, ce soir ils tremblent. J'en ai fait enlever un qui avait été placé sur le clocher d'un. village; quelques cocardes blanches ont paru dans un autre endroit, mais momentanément.
Nous avons ici depuis hier M. Golto, il a expédié un parlementaire, on lui préparc un paquebot.
Salut amical.
Choudieu.
Dunkerque,le 27 juin 181 5
Le lieutenant extraordinaire de police à Monsieur le lieutenant général comte Levai
Monsieur le gouverneur,
J'ai rhonneur de vous rendre compte hier du refas qu'a fait le commissaire de police Lefebvre de communiquer avec moi. Aujourd'hui je mets sous vos jeux copie des lettres que je lui ai écrites et la seule réponse qui m*ait été faite, elle est du 24. Vous jugerez entre lui et moi. Je crois de mon devoir de vous prévenir, Monsieur le gouverneur, que les esprits sont agités ce matin, comme ils Tétaient hier, et que l'heure de l'arrivée du courrier est toujours celle qu'on indique pour arborer le drapeau blanc. Je suis toujours sans armes dans le moment présent, et je crois en avoir besoin pour ma sûreté personnelle.
J'ai l'honneur d'être, avec respect, etc.
Ghoudieu.