‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 48 sur 94 · UAAMÉK SANS CHEF ET SANS SOLDATS · texte numérisé non relu

UAAMÉK SANS CHEF ET SANS SOLDATS

mais nous avons déjà élé trahis tant de fois que nous devons être défiants. Je vous invite à retourner vers le mini sire de la g-uerre pour le prier de vous nommer un successeur, ou Je demander à la Convention nationale qu'elle me fasse remplacer^ parce qu'il est impossible que nous marchions à côté Tun de l'autre à la tête d'une armée républicaine. »

Wielinghoff ne se le fît pas dire deux fois, et, dés le lendemain matin, il repartit pour Paris. En rentrant, je fis part de cette rencontre à Richard qui partageait mon opinion sur le compte de cet officier. Mais comme cela nous laissait tou* jours sans général, nous expédiâmes de suite un courrier à Paris pour demander au comité de défense générale, non seulement des officiers, mais des soldats dont nous avions un pressant besoin (i).

(i)Le i3mars, les républicains sont attamiés ^ur les hauteurs de Jnllais et repoussés avec perte par flathnineau qui rommeoce à fiiOirer corome chef de parti. Ot homme, qui a joué un rôle marquant dans la guerre île la Vendce, était uu simple ouvrier en laine fabricant ce qu on appelle de la targe, espe<'<* d'i-toffe com- {losée de laine dont la chaîne est de fil et M>rt d'habilh*m«'nt aux f^ns de la campainB^. 11 parcourait les foires avec une rharrette attelée d'un cheval, pour y vendre le produit de son travail et y acheter de la laine et du fil.

Après le combat de Jallats, Othelineau avec sa fietite troupe marcha sor Chemillé et s'en emfiara. Le i5, il marclia sur Choiet qui n'avait |)as de garnison. Les habitants sortent de ia ville et eutraerat le combat.'

Les Vendéens sont victorieux; ils entrent dans la ville. î>e marquis de Beau veau, procureur-syndir du district, est fusillé nar eux au pied de Tarbre de la hberte. Les auteurs des « Victoires et Conquêtes des Français depuis i-jifi jusqu'à i8i5 • disent, {•ase lOQ, tome I, qu'il fut tue dans la mt-lée. Le fait n'est \ms ( 3cact. Il fut assassiné |»ar les Vendéens ; mais « ces messieurs ■• D ont pas voulu imputer un fiareii crime à des hommes envers l«>sque]s leur partialité perce à chaque pae**. — (^ marquis de lieaovcau est le même que sa famillr avait tait en fermer à ia Bastille comme bigame. 11 avait épousé en premiereti nrxes une demoistclle de Kcrkado-Moluc, d'une des fanii)Ie> le» plus disliniruées de Bretagne, et pris femme une seconde fois dans l' Amérique septentrionàille. Le jeune frère de Cambon, le n*pnsentanl qui a dirisre les finances en 179a, 93, 94t devait être fusillé comme le manfDÎs de Beaaveau, parce qu'il avait accepté les fonctions de maire ; mais, comme if était à la tète d'une mais^^n de commerce

î faisait vivre beaucoup d'ouvriers, on lui fit ^àce. {Papiers de Auteur.)

Beurnonville se plaignit amèrement de la réception qoe jVvais faite à Wielinghoff et demanda mon rappel. Le comité de défense générale paraissait assez disposé à le demander, mais il hésita parce qu'il fallait en motiver la demande devant la Convention. D*ailleurs,j*étais du nombre de ceux qu'il n'était pas fâché de voir éloignés des séances.

On remplaça WielinghofF par le général Berruyer (i). C'était un vieux soldat qui avait fait les premières campagnes de Corse et qui avait obtenu, après quarante-huit ans de service, deux médaillons portant deux épées en croix comme officier de fortune. Par conséquent il n'était pas jeune el peu propre à diriger des opérations militaires dans un pays tel que la Vendée. Cependant il était encore vigoureux et nous le vîmes arriver avec plaisir.

C'était bien peu que de nous envoyer un général sans troupes. Nous nous en plaignîmes sans succès et, telle était l'insouciance du comité de défense généra]e,pour ne rien dire de plus, qu'il ne nous fit pas même l'honneur de nous répondre, force nous fut de nous borner à nos faibles moyens.

Comme cette conduite du ministre de la guerre et celle du comité de défense générale ont été les premières causes de tous nos malheurs, je crois devoir faire connaître le» noms des membres qui composaient ce comité, tous choisis sans en excepter un seul, dans le parti de la Gironde: Brissot, Gensonné, Rouyer, Guadet, Barbaroux, Buzot, Defermon, Boycr-Fonfrède, Pénières, Vergniaud, La Source el Doulcet (ci -devant marquis de Pontécoulant).

Avant notre arrivée, les gardes nationales d'Angers, sous la conduite de Gauvilliez, qui depuis est devenu général de division ei qui a rendu d'immenses services à la République, avaient été dirigées sur la rive droite de la Loire, en face de Saint-Florent-le-Viel. Vu faible détachement, composé également de gardes-nationales, sous le commandement de l'adjudant-général Talol (2), était cantonné à quatre

(1) BcrniNer ^Joan-François), 1737-1804.

(2) Extrait d'une lettre de l'adjudant général Talol à Chouiliea :

« Les Brit^ands n'ont de vraie forr« que la peur qu'on a d'eux.

BERRUY£R A ANGERS 367

lienfs d'Angers, dans la commune de Saînl-Lamlierl. Le général Quélioeaa commandait quelques balaillonsde gardes nalionales aux Herbiers ; Leygonnier en commandait quelques autres à Vihiers. Le littoral était occupé par de faibles détachements commandés par Boulard et Marcé. Le premier était aux Sables, et le second occupait le poste de Saint- Vincent ; il y fut attaqué et battu complètement dans les premiers jours de mars. Il avait eu l'imprudence de marcher au-devant de Tennemi avec sa petite troupe qui se composait seulement de 1 5oo hommes. On Faccusa de trahison ; u étant pas sur lieux, je ne dois ni le défendre» ni l'accuser. Le tribunal révolutionniire Ta jugé coupable.

C*élait avec d'aussi faibles moyens que commençait la campagne.

Le général Berruyer arriva à Angers le 28 mars. U était presque seul et déjà les rebelles avaient acquis un degré de consistance infiniment dangereux. Berruyer disposa tout pour attaquer le poste de Chemillé qui, n'étant qu'à cinq lieues d'Angers, menaçait continuellement Saint-L*ambert et les Ponts-de-Cé (i).

S'ils se défendent si bien c'est qu'on les attaque mal. On parle de rarrirée de Westermann à Tours avec des milliers d*? Parisiens. 11 n'en faut pas tant. Le nombre embarrasse quand il est mal conduit. Si Westermann est ce qu'on annonce fais-le entrer par JViort arec deux mille hommes déterminés. Ecris à tes collètirues de faire entrer Beysser par CJisson avec deux mille braves. Autorise-moi à ( hoisir deux mille hommes dans le rayon d'Ani^rs, et je te promets qu'à nous trois, parlant du même pied, marchant du même f>as, nous balayerons tout devant nous, écraserons les chefs et eurs bandes, et le 3o juin à Gholet, réunis chez le maire, mon parent, nous entonnerons avec toi, si tu veux t'y trouver, le chant oe victoire ! 9

Aux Pont-de-Cé, le 31 mai, 1793.

fi) Le plan de campas^ne décidé le 93 mars 1708, par le conseil exécutif ordonnait d'attaquer par Niort, mais à 1 arrivée du eéncral Berruyer à Angers, Goupilleau de Fontenay modifia ce plan. Le directoire du département de la Vendée dépôcha alors Mercier (du Rocher) à Angers vers les représentants Taliien et Goupilleau pour en savoir la raison.

Dans ses mémoire inédits. Mercier du Rocher dit : A J'arrivai à Ang^ers à raut)erge du Cheval-Blanc où était létal-major. Goupilleau de Fontenay clait présent avec Richard,

36b NOTES SUR LA VENDÉE

La défense de ces positioas était confiée à la brave garde nationale d*Angers qui avait constamment repoussé les attaques avec le plus grand courage.

représentant du peuple. Je présentai mes pouvoirs au général Bt'rruyer.

« 11 se couchait ; à peine daigna- t-il répondre. Je le pressai àt satisfaire à mes demandes. Je lui dis que j'étais cliarefé par uoe autorité constituée afin de savoir de lui pourquoi il avait chance le plan convenu.

— <i Dcmandcz-Ic au député Goupilleau, qui est présent ; c'est lui qui dirige ma marche et celle des troupes qui me suivent, que je ne pouvais pas abandonner à d'Ayat (i).

tf GouptUeau me dit qu'il avait toujours eu les meilleares intentions.

« Le fait est qu'il avait toutes ses propriétés dans- le district de (lliolel, et qu'il aurait été charmé de porter toutes les forces de ce rûté-Ià. Ce nouveau plan avait été approuvé par Beoroonville.

— « D'Ayat est sans troupes à Fontenay, l'ennemi est retranché au Pont-Charrault, il faudrait du canon pour l'en débusquer- Général, i6 pièces vous arrivent, elles ont même failli me prcci. pi ter de la levée dans la Loire. Que n'en faites-vous passer quel- <iues-unes à d'Ayat ?

— « 11 ne m'a pas transmis l'état de son armée quoique je le lui aie demandé six fois. Ai-je trop de forces avec moi ? Croirirzvous que 6o brigands ont mis en déroute 900 gardes -nationaleN de ce pays ?

— Si cela est ainsi, comment espérer sauver votre artillerie dans (les chemins coupés de ravins et bordés de bois et de irenêis ? V^ous conduisez des munitions à l'ennemi avec de telles tr()U{)es. A propos, j'oubliais de vous demander s'il est vrai qur d'Ayat aille par vos ordres commander à Bressuire ?

— « 11 n'y a pas un mot de cela.

— • Qu'avez- vous donc écrit le 4 de ce mois (d'a\Til) au département d'Indre et -Loire, en lui demandant des chevaux?

— « Rien de ce que vous dites là.

Menou, cx-constituant, qui était chef de l'état-major, ouvrit la correspondance, lut, dans la lettre que je citais, ces mots: d'Ayat restera commandant à Bressuire.

— a C'est une faute, ajouta Menou ; il faut sûrement lire Fonlenay, au lieu de Bressuire.

— « Non, non, répartit Berruyer; il n'y a point de faute. Mai-* rela veut dire que d Ayat commandera de Footenay à Bressuire, et que Quétineau est sous ses ordres.

Berruyer dit qu'il voulait dormir; je me retirai...

Je fis part à mes collègues et à d'Ayat de la conversation qt»e

{i) t*c général Beaufrnncbet d'Ayat.

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