QUÉTINEAU ET LA PRISE DE THOUARS
dait la division d'Anjou, et leurs armées réunies attaquèrent Thouars. Quélineau, qui s'y était retiré après sa défaite des AubîerSyCommit la faute de faire sortir sa petite armée pour présenter le combat à une armée six fois plus forte que la sienne, tandis qu'il pouvait se défendre avec plus d'avantas^e en restant dans la place. Il fut battu.
M.Alphonse de Beauc\iamp,âsins son Histoire des ffaerret de la Vendée, fait de Thouars une position militaire importante; je suis d'un avis contraire. Cependant on peut s'y défendre derrière ses vieilles murailles. Les Vendéens firent ^rand bruit de cette victoire. Elle eut, en effet, beaucoup d'influence sur le moral des deux armées; elle inspira de la confiance aux uns et du décourag'ement aux autres.
Quétineau fut accusé de trahison et traduit au tribunal révolutionnaire. Ce qui me fuit croire qu'il fut plutôt coupable d'impéritie que de trahison, c'est que, pouvant rester au milieu des Vendéens, ils se présenta de son propre mouvement et demanda des juches. N'ayant pas assisté à ce combat, je n'en puis parler avec connaissance de cause (i)
mais peu connue avant la s^ierre de la Vendée. Il commandait dans la partie de la province d'Anjou qu'on appelait autrefois les Mau^^s. Sans avoir de très çrands «talents muilaires, il avait du courâ^* et jouissait de la confiance de tout ce qui composait rarnice aAnjou. II était estimé, môme des républicains, parce qu'il avait plus d'une fois donne des preuves d numanilé lorsque les antres chefs se faisaient, pour la plupart, remarquer par leurs bris^ajidaçes et leur cruauté. (^«/>. «« l'A.)
(i; II existe un mémoire justificatif pour Quélineau redisse par M. Gaultier (de Doué) et imprime à Saumur de l'imprimerie de D. M. Deçouy, dont extrait :
« Le cinlcvant Lescure me dit étant entré en ville : c Bonjour, M. Quétineau. — Je ne vous connais pas, lui répondis-je. — Je suis Lescure. (C'est à l'éjïoque de la Fédéralion que nous nous étions vus.) Eh bien, me dit-ii, vous n'avez pas voulu venir me voir ^ndant que j*étais votre prisonnier à Bressuire, mais je vous ai vu,moi, disputer avec les Marseillais les quatorze victimes qu'ils ont immolées malçré vous à coup de sabre ; vous insistiez pour les déférer à la Loi. Cette conduite de votre part est restée dans mon esprit ; embrassez-moi, donnez-moi la main, on me touchera avant qu*OQ vous touche, et votre çarnison sera bien traitée. — Ces dernières paroles dans un tel moment de désespoir étaient bien propres à rendre accessible un officier vaincu, tout farouche qu'il fût. J'y cédai et je suivis ces chefs
Ici fig^ure, pour la première fois, le prétendu évèque d'Agra, fait prisoDoier à Thouars dans les rangs de rarméc républicaine. Il s'excusa auprès des chefs vendéens, en soutenant n'avoir pris Thabit national que pour se procurer uo moyen de parvenir en Vendée. Il avait été curé conslitutionnel dans la Bretagne et se disait évèque in partibat d'Agra.On eut l'air de le croire et on remploya comme une instruction utile vis-à-vis de la multitude. II se nommait Guillot de FoUeville.
Cetle défaite et la prise de Thouars nous firent plus de mal que tous les autres échecs que nous venions d'éprouver. La division de Quétineau, quoique composée uniquement de /B^ardes-nationales, était la meilleure de Tarmée. Elle laissait dans notre ligne un vide immense. Nos communications avec Niort et les contrées voisines se trouvaient interrompues et l'ennemi pouvait inpunémenl faire des courses dans les districts de Loudun et de Chinon.
qui me consii^nèrent dans la maison dont ils firent leur loçement ; 1 un d'eux coucha près de moi ; le lendemain on mit deux senlinelles à ma porte, et mon sort fut de mans:er avec eux. »
Dans ses annotations, Choudieu dit encore à propos de la pnsc de Thouars :
•t Après TafFaire des Aubiers, Quélioeau s'était relire sur Thouars, il fut attaqué par Bonchamp . La Rochejaquelcin, Lescure. Un bataillon de Slarscillais opposa seul de la résistance. Quétineau fut accusé de trahison. Le fait est aue, s'il ne trahit pas, il montra du moins une grande împérilie. Les royalistes eo s'emparaot de Thouars n'imitèrent pas les Vendéens aue commandait Charelte k l'affaire de Machecoul. Ce général fut accusé d'avoir fait massacrer tout ce qui tomba entre ses mains Quel<|ues écrivains imputent la responsabilité de ces massacres à un sieur Souchu, ancien employé dans les çabellcs. et à un prêtre nommé Priou qui, par de prétendus miracles, faisait inlervcnir le rie! dans CCS déplorables excès. Quoi qu'il en soit l'odieux en doit retomber sur Charctte qui pouvait sans doute les empocher ou du moins les faire punir. Un semblable massacre doit nécessairement imprimer une tache ineffaçable sur quelques-uns de chefs de I armée vendéenne. Mais je dois à la vérité de déclarer ici our d'autres chefs, Bonchamp, d'Aulichamp, Lescure et La Rocneiaqueleîn se sont toujours montres aussi humains que braves, «'l j'en fournirai la preuve toutes les fois que j'en trouverai Poccasion ainsi que je le fais ici. Il est du devoir de celui qui veut iire cru de rendre justice même à son ennemi. La prise de Thouars ne fut point souillée par de pareils excès ». (.V. de i'Ed.)