LES TACTIQUES DES VENDÉENS S
Le nombre des rebelles s accroissait chaque jour avec une «{Trayante rapidité. Les puissances ctran^çères sentaient tout le parti qu'elles pouvaient tirer d'une aussi puissante diversion. Les ministres anglais, centre corrompu de cette monstrueuse association, entretenaient une correspondance active avec les chefs vendéens, ce qui augmentait encore Taudace et la confiance des révoltés, auxquels ils prometiaient un appui et des secours qu'ils n'avaient pas Pintenlion de leur fournir ; — car il e^t aujourd'hui démontré que l'Angleterre n'a jamais envoyé le moindre secours aux Vendéens. Elle se contentait de leur faire de vaines prom esmesses. Les puissances étrangères ne songeaient point au rétablissement de la Monarchie, mais au démembrement et au partage de la Hépublique»
Avant de rendre compte plus amplement des premiers combats partiels que nous avons eu à soutenir avec de si faibles moyens, je crois devoir faire connaître quelle était 4a composition de cette armée vendéenne qu'on a beaucoup trop longtemps dédaignée, et qui n*a pris tant de consistance que parce qu'on ne lui a opposé dans le principe que des forces peu aguerries, sans discipline et sans instruction.
La manière de combattre des Vendéens ne ressemblait en rien à notre tactique militaire. Elle était adaptée à leurs habitudes et au pays qu'ils défendaient. Toujours tapis dans les bois, dans les fossés et derrière les haies, ils se présentaient au combat au moment où l'on s'y attendait le moins. Souvent des coups de fusil atteignaient nos soldats sans qu'on sût de quel point ils étaient partis. Il s'avançaient en grosses masses ou en tirailleurs, suivant les ,lo- <:alîtés, se déployant bientôt à droite et à gauche, souvent sur nos derrières. Ils se précipitaient sans ordre et avec fureur sur nos bataillons, et même sur nos canons, dont souvent ils s'emparaient (i).
(i) Tout le pays est couvert d'immenses forêts. Chaque pro-
Kricté particulière y est entrecoupée par des fossés et entourée de laies épaisses. Ses chemins ne sont pour la plupart que de profonds ravins, qui ont été creusés par des chutes d*ean abondantes,
370 KOTES SUR LA Yi::XDÉfc:
Pour résister à ce choc impétueux, il aurait fallu des troupes aguerries, ou des hommes dévoués à la cause de la liberté comme les Vendéens l'étaient à celle du fanatisme. Nous avions dans nos rangs beaucoup d'hommes entièrement dévoués, mais ils élaienl loin de former le plus grand nombre.
Les Vendéens n'étaient organisés ni en bataillons ^ ni en régiments. Ils avaient par arrondissement des chefs qu'ils choisissaient eux-mêmes. Ces chefs se soumettaient à ces élections populaires, affectant des formes républicaines et beaucoup de simplicité, pour mieux inspirer la confiance(i). L'infanterie composait leur principale force. Ils n'avaient qu'une mauvaise cavalerie qui était presque inutile dans un pays couvert comme celui-là. Un fusil et du pain formaient tojt l'équipage du soldat. Leurs tirailleurs étaient déjà sur vos flancs et vous avaient même dépassé avant qu'on les eût aperçus. Il est vrai que notre armée éclairait mal sa marche dans ce pays coupé par des haies et des fossés profonds; de sorte que notre armée était exposée à de fréquentes surprises. Les Vendéens, qui connaissaient tous les sentiers des nombreuses forêts qui couvrent ces contrées, et des genêts
«t se trouvent en beaucoup d'endroits plus bas que les terres environnantes de quinze à vingt pieds. Qu'on juge, d'après cela, de la difficulté de faire parcourir à des canons, ou à des caissons cF aux ambulances, de pareils chemins où deux voitures ne peoveot passer à côté l'une de l'autre. Si vous avez l'imprudence de fa^ire entrer un convoi dans un pareil terrain, et qu'il arrive le moindre accident à l'une des voitures qui le composent, tout est arrêté et souvent le convoi tout entier tombe au pouvoir de l'ennemi, parce qu'il est impossible de fournir des escortes assez fortes sur tous les points pour protéger les convois de vivres, de fourrages et de munitions pour une armée nombreuse. {Papiers de VAuteur.)
(i) Une chose fort remarquable dans cette guerre de la Vendée, c'est que les premiers chefs qui organisèrent celte armée furent presque tous les élus des soldats qui combattirent soos leurs ordres, et que les seigneurs qui étaient si fiers de leur no- ))lesse se soumirent à des chefs plébéiens, et que ceux des gentilshommes qui obtinrent des commandements y furent appelés par des nominations populaires, et par conséquent démocratiques, et rependant les paysans prenaient les armes contre le système démocratique, (/'a/?, t/e i'A.)
LliS TACTIQrES DES VENDÉKNS 377
qu'on rencontre a peu de distance les uns des autres dans des champs laissés en jachère pour y élever des bestiaux, avaient un avantas^e immense sur nos troupes. Ils paraissaient et disparaissaient au moment où Ton s*y attendait le moins, se retirant à volonté dans les bois ou dans les g'enéts pour nous y attirer ; mais les plus hardis craignaient de s'y aventurer parce qu*on était presque sûr d*y trouver la mort.
Lorsque l'ennemi se croyait en force, il se précipitait avec fureur sur nos masses et même sur nos canons. Eprouvaitil quelque résistance, il s'éparpillait ensuite à volonté, ce qo*en langagfc du pays il appelait s'égailler. Le signal de retraite était : Egaillez^vous, les gasi Leurs tirailleurs, composés de gardes, de chasseurs et d'anciens braconniers, étaient d*une adresse extraordioaire.Leur tactique ne consistait point m manœuvres savantes, mais en surprises. Des signaux circulaient de village en village, à l'aide des clochers et des moulins à vent, et leur donnaient avis de notre marche. Le tocsin les rassemblait en un instant^ et Ton eût cru voir sortir de terre des soldats en armes. Ce fut pour détruire ces moyens de rassemblement, espèces de télégraphes qui se trouvaient sur tous les points, qu'on ordonna de détruire tous leurs repaires; mesure funeste, qui produisit plus de mal que de bien et dont les républicains et les royalistes devinrent également victimes puisqu'on n'épargna les propriétés ni des uns ni des autres. Les châteaux furent même plus épargnés que la cabane du pauvre, parce qu'ils étaient plus difficiles à détruire.
Le gouvernement, je l'ai dit, nous laissait dans un dénuement presque absolu. Seulement il nous envoyait de temps en temps quelques représentants qui appartenaient au pays et qui, ne voyant que l'arrondissement dans lequel ils avaient des propriétés, auraient voulu que toutes les forces disponibles fussent dirigées sur ce point (i). Je dois cependant
(i) Var :
Au lieu d'envoyer des troupes, on ne nous envoya que des députés appartenant aux départements de l'Ouest et qui ne firent qu entraver nos opérations.
378 NOTES SUR LA VliNDEt:
excepter de ce nombre Bourbotte et Turreau, qui nous ont parfailemenl secondés dans toutes les circonstances où il a fallu montrer du courage et de l'énergie (i).
Notre premier soin, dès leur arrivée, fut de former une commission centrale à Saumur, où s'établit en même temps le quartier général de Tannée des Cotes de la Rochelle.Nous appelâmes près de nous le général Berrujer pour aviser aux moyens les plus urgents. Nous n'en trouvâmes point de meilleur que d'envoyer Tun de nous à Paris, pour exposer noire position à la Convention nationale elle-même, si le comité de défense générale restait sourd à nos justes deman* des. Je fus choisi pour cette mission et, comme la présence du général en chef ne nous parut point indispensable, puisqu'il n'avait pas de troupes suffisantes pour ordonner une attaque, il fut décidé qu'il m'accompagnerait. Le commandement par intérim fut confié au général Menou.
On nous fit, à notre arrivéCi de fort belles promesses qui n'aboutirent qu'à l'envoi de la 35* division de gendarmerie nationale , entièrement composée de vainqueurs de la Bastille
(i) Contrairement à ce que dit M. de Beauchninp (pace 187, tome I ) Bourbotte et Turreau n'oot jamais marché à la tête des colonnes du temps que Biron cummaodait en chef; et la chose eût été difficile, car Biron n*a point quitté Niort avec son armée, et c'est un reproche que nous lui avons fait. Westermaon seul a fait une trouée qui n'a pas été heureuse au milieu de la Vendée.el Bourbotte et Turreau n'y étaient pas. Ils n*oot jamais marché qu'avec l'armée. Bourdon de l'Oise et Goupilleau (de Fontenay) étaient effectivement à Niort près de Biroo, mais « ils ne disposdient pas l'armée à un mouvement simultané », suivant l'exprès» sion de M. de Beauchamp, puisqu'on leur a reproché comme à Biron d'avoir tenu cette armée dans i'inaclion, tandis que celle de Saumur était tous les jours aux prises avec l'ennemi. Il n'est pas plus exact de dire que Richard, Ruelle et moi formions à Ançers une commission centrale de surveillance. Ce n'était point I Anc^ers que s'était établie cette commission dont Ruelle n'a jamais fait partie. Richard la formait à lui seul et s'occupait des subsistances, des munitions et des transports. Bourbotte, Turreau et moi marchions î\ la tète des colonnes, et ne travaillions avec Richard que lorsque l'armée rentrait. Il n'y a jamais eu de commission centrale à Tours, comme le dit encore AI. de Beauchamp. si ce n'est momentanément, après la défaite de Saumur, pour y réorsraniser l'armée et y attendre l'arrivée de celle de Mavence. {Pap. de VA.)
LES BATAILLONS D'ORLÉAiNS 370
commandés par Rossignol. Sî on nous eût envoyé plusieurs balaillons aussi bons que celui-là, la guerre n*eùt pas duré Itmgtemps, mais le comité de défense générale, qui ne comptait dans ses rangs que deux militaires, Kouyer, ancien timonier dans la marine royale, et Doulcet de Pontécoulant, officier des gardes du corps de Monsieur,grades qui ne supposaient pas de grandes connaissances, le comité, dis-jc adopta une fausjie mesure. Il ordonna la formation de nouveaux bataillons, formés de six hommes par chaque compagnie, pris dans les différents corps des armées du Nord et des Ardennes, dont deux en tète, deux au centre el deux autres à la queue; composition ridicule qui devait demander beaucoup de temps el dont l'organisation devait s'opérer, à Orléans, sous les ordres du prince de Hesse (i). Outre que c'était déjà une très grande faute que de choisir un prince allemand pour organiser des bataillons républicains, il résultait de cet amalgame que ces corps, formés d*officiers et de soldats qui ne se connaissaient point, ne pouvaient avoir ce qu'on appelle un esprit de corps y que tous les militaires considèrent comme une une chose importante en présence de l'ennemi. Il eût été beaucoup plus simple et beaucoup plus expéditîf de nous envoyer de vieux bataillons qui s'étaient déjà mesurés avec les Autrichiens et qui n'auraient pas reculé devant les Vendéens.
Je dois cependant convenir, pour être juste, que les bataillons de la formation d'Orléans se sont parfaitement conduits et ont rendu des services importants. Mais qu'on juge de la lenteur qu'a dû entraîner cette mesure. Choisir d'abord des hommes dans tous les corps depuis Dunkerque jusqu'au delà de Maubeuge, les diriger sur Orléans, les y organiser, choisir les officier, les sous-officiers, quartiers-maîtres, officiers de santé, et les envoyer ensuite, à peine formés, à Saumur, à Niort, à Fontenay, aux Sables, à la Châtaigne-
(i) On leur donna pour chef un commandant sans expérience qui avait plus de bonne volonté que de talent : Saotcrre ; il n'était pas sans connaissances, quoi quon en ait pu dire, mais il était trop vieux pour faire son apprentissage à la tête des balaillons nouveaux et indisciplinés. {Pap, de l'A.)
:iSO NOTES SUR LA VENDÉE
raie, à Angers, à Nantes, et même plus loin. Que de temps perdu, et un temps précieux, pendant que l'armée veodéeuDe aui^raentait de jour en jour. Si nos ennemis eussent eu des délégués dans nos conseils, ils ne pouvaient pas espérer des résultats plus avantageux pour leur cause.
Joignez à cela qu'on organisait, à Paris, un corps nombreux, composé en grande partie d'étrangers et principalement d'Allemands, auquel on donna le nom de légion ger^ maniqae. Ce corps étaient rempli d'aventuriers qui n'avaient pas de patrie et de contre-révolutionnaires, 'qui s'y étaient introduits pour le désorganiser aussitôt qu'il serait formé. En nous envoyant cette légion, ce fut plutôt un renfort pour les Vendéens que pour nous. Dés qu elle eut quitté Paris, elle ne dissimula pas même sa haine pour la république. La (Convention, qui en fut instruite avant qu'elle arrivât à Orléans, nomma dans son sein des commissaires pour en faire l'épuration ; mais tous leurs efforts n*ont pu guérir le mal et plus de la moitié de cette légion a déserté nos drapeaux pour se ranger sous ceux du fanatisme religieux et nobiliaire. Il y a cependant quelques exceptions à faire. Il s'y est trouvé d'excellents officiers, tels que Marceau et Augereau, mais ceux-là étaient français (i).
Je viens de dire que la mesure adoptée par le comité de défense pour organiser des bataillons à Orléans fut une mesure désastreuse. La plupart de ces bataillons n'arrivèrent à l'armée qu'à la fin de mai et dans les premiers jour de juin. Il semblait même que tout conspirait contre nous. Car, au lieu de nous renvoyer le général en chef Berruyer, qui déjà connaissait le pays, le ministre de la guerre ordonna au général Biron (2J de venir prendre le commandement de l'ar-
(i) La lésc'ion e^ermanique, presque toute composée de contreré votulionnaires qui, au sièLCd de Sauoiur, passèrent au nombre de trois cents dans le parti des rebelles oîi ils formèrent un corps de cavalerie, les uenjâurs de la CourQnne, dit le citoyen Benabeo dans son rapport de l'an ill. (^V. de l'Ed.)
(a) Beurnonville nous envova le duc de Biron, l'un des chefs du parti d'Orléans. BeuroonviMe que Dumouricz avait surnommé l'Ajax français, homme d'une nullité absolue, était lui-même l'écuver de M"* de Montosson, belle-mère du duc d'Orléans, chez
BIRON GÉNÉRAL EiN aiEP 381
mée des Côtes de la Rochelle. Ce n*élait point assez de nous avoir envoyé le suisse Wictinghofi ( i ), qui commandait au i o août la division de Paris. On remplaça le i^énéral plébéien Berruyer par un grand seigneur. Mais Beurnonville, ministre de la guerre, qui comme Hiron, était un commensal ou un ami de Philippe d'Orléans, avait ses raisons pour faire un pareil choix, n'ayant pas de confiance dans la durée de la République. C'était un général enchef qu*on envoyait nux royalistes de la Vendée. Aussi Biron u*a-t-il jamais diri;;c un seul mouvement contre eux du point où il commandait, ainsi que je le dirai suivant que les circonstances se présenteront. Il est resté dans une inaction complète.
Pendant que j'étais à Paris et que notre armée n'avait point de général en chef, Tenncmi se porta en forces, le lù mai, sur la division de Chalbos, à Fontenay. Instruit de ce mouvement, Chalbos sortit de Fonlenay dont la position n*était pas avantageuse. 11 vint dans la plaine et livra bataille aux rebelles. La supériorité du nombre Ht un instant pencher la balance en leur faveur. Mais une charge dccaviiierîe que Chalbos ordonna à propos la leur arracha. Us furent complètement battus et perdirent leurs munitions et quelques pièces de canon.
Nous eûmes à peine le temps de nous réjouir de ce succès. L'armé vendéenne ne tarda pas à prendre sa revanclie. Le vingt-six du même mois, elle attaqua l'armée républicaine dans la même position dans laquelle elle avait été vietorieuse,dix jours auparavant. Cette fuis, notre armée fut battue et perdit ses bagages et ses canons L'ennemi entra trlom-
lequel il demeurait. Mais on se tromperait si l'on croyait, quand je parle ici du parti d Orlcaos, que je veux parlt'r du parti i\o I*hilippe- galite. C'etit le fils qu'on voulait jiour roi. Dunioni-ie/. Biron. Beurnonville et m^me quelques membres de la (Gironde cherchaient à faire un grand homme du fds Ki^alitc. Aux champs de batailles de Jemmapes et de Vaimy. on le présentait dtjn comme UD guerrier illustre, lori;qu*il n'était qu'un enfant. Fdion ne dédaignait pas de correspondre avec lui et devait être son chancelier. (Pop, de VA,)
(i)Le baron de Wietinghoff était né en Pologne, le 3ojniD 1732. (.V. de l'Ed )
phant dans FoDleaay, capitale du déparlement de la Vendée. La division de Footenay^déjà peu nombreuse, avait élé affaiblie par les troupes qu'il en avait fallu détacher pour défendre plusieurs points importantsquerenneroi menaçait (i).
(i) Var. des annotations de V Auteur:
« D'Elbée, après avoir été repoussé devant Fontenay, seotit la nécessité de concentrer ses forces. Après avoir réuni les divisions de Honchamp, La Kochejacruelpin et Cathelineau montant a 35.000 hommes, il se présenta ae nouveau devant Fontcoay. Chall)OS avec sa petite armée occupait la m^me position que le 16. Lescure commence l'attaque. Chalbos ordonne aux (gendarmes de charger l'ennemi. Mais au lieu d'exécuter cet ordre, les gendarmes, à l'exception de cinq, prennent la fuite. Plusieurs reprè> sentants étaient présents à cette affaire où ils coururent de grands dangers. Garnier de Saintes eut un cheval tué sous lui et ne dut son salut qu*à un cheval que lui procura un gendarme Les Vendéens entrèrent triomphants dans Fontenay.
M L.CS auteurs des Victoires et conquêtes affirment, l. I, p. i55, que les Vendéens s'emparèrent de 4^ pièces de canon et de la caisse de l'armée qui contenait vingt millions, et que les républicains perdirent 1800 hommes, ce qui est très exagéré, car Tar^ mée de Chalbos était à peine com(M)sée de 3.ooo hommes, au commencement du combht, et il n*est pas vraisemblable qu'elle ait perdu 1800 hommes, encore moins possible qu'elle eût quarante canons^ ainsi qu'une caisse contenant vingt millions pour les besoins de S.ooo hommes. L'armée tout entière n'en a jamais eu autant. »
Il convient de remarquer que Choudieu attaque icf, en partie du moins, les propres termes de son rapport de Tan il, utilisé par Alphonse ae Beauchamp et repris presque textuellement dans cet auteur par les historiens des Victoires, conquête.*, etc. On lit en effet dans le rapport de Choudieu et Richard :
« Le aO du même mois, ils attaquèrent l'armée de la République dans la même position où <'llo avait été victorieuse quelques jours auparavant. Cette fois, elle fut entièrement défaite ; elle abandonna quarante pièces de canon et tous ses bagages, d
Du reste, Choudieu avait peut-être raison de se contredire luimême ; tous ces chiffres paraissent exagérés et, sans compter les mémoires royalistes, nous avons le récit d'un témoin ocrulaire. Mercier (du Rocher), qui icrit dans ses Mémoires inédits, en sou%'enir de la joie des Vendéens quand ils retrouvèrent à Fontenay leur Marte- Jeanne:
m (Vêtait un spectacle digne à la fois d'horreur et de pitié que de voir ces malheureux, leur chapelet à la main et leur fusil sous le bras, invoquer le ciel, les trenoux en terre, baiser en pleurant de joie la fameuse pièce de canon saisie avec i5 à 3o autres et 5. 000 fusils ; on la couvrait de fleurs et de rubans et on la mena à l'église Notre- Diinic où se chantait un 7e I)eunt au milieu des acclamations les plusenihousinstrs. ■ (.V. fie lEd.)