LE CONSEIL DE SAUMUR
i'armée des Côtes de la Rochelle, qui, suivant le même plan ds campagne, doit S3 tenir sur la défensive active, et cependant arriverausâi le i6 devant Mortas^ne, puisse résister seule aux efforts réunis de toute l'armée vendéenne qui n'aura aucun autre ennemi devant elle. Je conçois facilement que Farmée de Mayence puisse faire en peu de temps sa jonction avec celle des Côtes de Brest ^ même avec la division de Mieskousky, qui est la plus prés de Nantes, mais comment veut-on que l'armée des Côtes de la Rochelle, abandonnée à elle-même, puisse faire sa jonction avec la division de Chalbos, qui est à Chantonnay, avec celle de Rey, qui devra être a Bressuire le i4* avec celle de Duhoux, qui doit débusquer par les Ponts-de-Cé et être le i4 sur les hauteurs de Beaulieu, et arriver toutes ensemble devant Mortagne le i6. Ces différentes divisions de l'armée des Côtes de la Rochelle devront les unes et les autres livrer chaque jour des combats partiels et isolés, tandis que l'armée vendéenne, occupant le centre, aura tout l'avantagée de l'attaque, en se portant tour à tour et en masse sur celle de nos divisions qui lui paraîtra la plus faible. Enfin, comment pourra-t*on établir une correspondance active entre les différentes divisions de l'armée à travers le pays occupé par l'ennemi ? On ne pourra le faire que par un long* circuit, et chaque division sera écrasée, avant que celle qui l'avoisinera le plus puisse lui porter le moindre secours. Quant à la correspondance avec l'armée de Caudaux, elle sera impossible autrement que par Nantes.
« Suivant le second plan, au contraire, les armées de Mayence et de Saumur réunies pourront prendre position à Doué le 4 septembre. Le même jour la division de Duhoux campera sur les hauteurs d'Érignc ; Rey marchera sur Thouars. Le second jour, les armées réunies de Mayence et de Saumur ferontleur jonction, par la droite, avec Duhoux, en avant des Ponts -de Ce, dont la défense sera confiée à a garde-nationale d'Angers, et, par la gaucho, avec la division de Rey, qui marchera de Thouars sur Bressuire. Après cette jonction, toutes les divisions marcheront simultanément sur Cholet et Beaupréau, qui seront attaqués par le centre, tandis que la division de Duhoux marchera, par
Chcmîllé et Chalonnes, sur Montjean et Saint-Florent, pour empêcher le passage de la Loire qui sera suffisamment défendu par les postes qui occupent déjà Saint-Georçes, Ingrandes, Varades et Anccnis. Pendant ce temps, la division de Rey manœuvrera sur la gauche des armées de Mayenc: et de Saumur pojr faire sa jonction avec la division d^ Chalbos, qui, de Chantonnay, -balayera le terrain devant elle jusqu'à la Châtaigneraie. Comme il est à présumer que Tarméc vendéenne réunira ses forces pour défendre Mortagne, TifFauges, Clisson et les Herbiers, les armées de Mayence et de Saumur n'attaqueront Mortagne que lorsqu'elles auront acquis la certitude que la division de Mieskousky aura fait sa jonction avec celle de Chalbos.
« L'armée de Brest commencera son mouvement le 6 septembre et balayera tout ce qui est devant elle, depuis Bourgneuf jusqu'à Nantes, où elle fera sa jonction, par sa gauche, avec la légion nantaise et les troupes qui se trouvent en cette ville, et, par sa droite, avec la division de Mieskousky. Tous ces corps marcheront de concert avec l'armée des t^Oles de la Rochelle sur Mortagne. et l'attaqueront le même jour sur tous les points. S'ils sont attaqués par l'armée vendéenne, ils se porteront réciproquement des secours et ceux qui ne seront point attaques attaqueront eux-mêmes pour faire diversion et ne donneront aucune relâche à l'armée vendéenne, qui n'aura de retraite ni du coté de la Loire, oi du côte de la mer.
« Je sais que plusieurs d'entre vous ne sont indécis entre les deux plans que parce qu'en adoptant le dernier l'armée de Mayence se trouverait sous les ordres du général en chef de l'armée des Côles de la Rochelle; mais pourquoi ne confierions-nous pas le commandement des deux armées au général Canclaux? Cette mesure lèverait peut-être toutes les difficultés. Nous sommes tous d'accord sur la su|>crioritc des talents de Canclaux. Pourquoi balancerions-nous ? Je connais assez les nobles sentiments qtii animent Rossignol pour vous répondre d'avance qu'il ne sera point humilié de faire la campagne comme lieutenant de Canclaux, et qu «I