NOUVELLES OPÉRATIONS
Dubayel et Caoclaux, envoya au chevalier des Essarts, à Saint-Fulfipent, une députalion de huit grenadiers pour offrir de passer au service de l*armée royale, si on voulait lui assurer une paye réâ^ulière. Je puis attester que c'est une calomnie, parce que celle armée n'a jamais cessé de donner des preuve.) de patriotisme et que, sous les ordres de Léchelle, son nouveau chef, elle s*est battue avec le znéme coura^^c et le même dévouement (|u*elle l'avait fait sous les ordres de Canclaux et de Dubayet M. de Beauchamp n'a pas été heureux dans le choix des sources où il a puisé ses rensei^ements.
Le général Léchelle,en prenant le commandement des deux armées, se mit en mesure d'exécuter le plan de campagne arrêté àSaumur le 2 octobre, et tant calomnié par Philippeaux, qui se connaissait en opérations militaires, comme on a pu «n juger par son fameux plan de campagne du 3 septembre qui a eu des résultats si déplorables.
Léchelle, qui n'avait pas les mêmes préventions que certains généraux et représentants des armées de Mayence et de Brest contre l'armée de Saumur, se mit à la tête des divisions de Saumur, de Thouars et de Fontenay, qui se réunirent à Bressuire, le 7 octobre. Chalbos, à la tête de 22.000 hommes, marcha droit sur ChAlillon où se tenait le conseil supérieur des Vendéens. 11 rencontra l'ennemi sur les hauteurs du bois du Moulin-aux- Chèvres. Le terrain fut longtemps défendu avec une égale opiniâtreté de part et d'autre. Dans le premier moment, la victoire parut se décider en notre faveur. Le général Chambon, qui, avant le combat, venait de recevoir sa commission, fut tué en poursuivant Tennemi à la tète de la cavalerie légère. Un officier polonais, qui commandait un escadron do la lés^^ion germanique, refusa de se joindre à nous, en me disant que je ne connaissais rien aux mouvements de la caoaierie au milieu d'un pat/s couvert. Il avait peut-être raison et je ne m'en offensai point; mais AJa guerre il faut quelquefois de l'audace pour profiter de la victoire.
La mort du général Chambon mit un terme à notre poursuite et donna le temps à l'ennemi de se rallier. M. de Beau-
champ, qui ne coonait la guerre de la Vendée que par des récits très inexacts, dit (pas^e 333) que Westermann entra le soir même à Cbâliilon, à cinq heures de raprès-midi ; que le leo demain nous en fûmes chassés et y rentrâmes une seconde fois à la nuit tombante, en criant Vive le roi! et que nous fîmes un horrible carnag^e de tous les postes où les Vendéens étaient ivres-morts. II n'y a qu'un seul fait de vrai dans tout ce récit : c'est que nous entrâmes le soir même du combat à Châtillon, non à cinq heures du soir et en vainqueurs, car Chalbos avait ordonné la retraite sur Bressuire, mais nous y entrâmes par surprise, non en criant Vive le roi» A la nuit tombante, je rencontrai Westermann désespéré d'être obligé de faire retraite. Je l'étais autant que lui. Il me demanda si je pouvais compter sur la compagnie des grenadiers de la Convention qui me servait d'escorte et, sur ma réponse affirmative, il me proposa de surprendre aa milieu de la nuit tous les postes ennemis que nous trouverions ivres et endormis. J'acceptai, et nous arrivâmes à Châtillon, vers minuit, avec les grenadiers de la Convention et la légion de Westermann seulement, sans éprouver la moindre résistance. Nous nous emparâmes de tous les papiers du Conseil supérieur et, si nous eussions mieux connu la ville, nous nous serions emparés de tous les membres du Conseil qui étaient encore en séance et qui s'échappèrent par une fenêtre de derrière.
Nous fûmes effectivement attaqués, vers lo heures du matin, le 12 octobre, cl repoussés par l'imprudence de Westermann qui, sans attendre l'arrivée de Chalbos, s*étaîl mis à la poursuite de l'ennemi qu'il croyait en pleine déroute et qui était au contraire en force. Chalbos arriva heureusement assez à temps pour empêcher la déconfiture complète de la légion de Westermann et la retraite se fil de nouveau sur Bressuire; mais nous ne rentrâmes point une sjcoode fois dans Châtillon. On ne fait pas deux jours de suite uq coup de main audacieux, parce que l'ennemi se tient sur SCS gardes. Nous n'avions eu que le temps de faire placer les papiers dan-i des caissons qui tombèrent au pouvoir de l'ennemi dans les chemins creux par lesquels il fallait passer.