‹ Mémoires et notes de ChoudieuChapitre 77 sur 94 · LES ORATEURS DE LA CONSTITUANTE · texte numérisé non relu

LES ORATEURS DE LA CONSTITUANTE

A la célèbre nuit du 4 ^^ût succéda la discussion plus célèbre encore de la déclaration des droits de Iliomme et de a souveraineté du peuple. De grands talents se développèrent dans la discussion des articles constitutionnels qui furent adoptés successivement. L'abbé Maury et Cazalés se firent particulièrement remarquer dans la défense d'une mauvaise cause. L*abbé Maury semblait le représentant du clergé, Cazalés celui de la noblesse, Mirabeau fut le véritable, représentant delà nation.

L'abbé Maury n'avait pas une véritable éloquence parce qu'il n'avait pas de conviction : audacieux dans ses citations qui n'étaient pas toujours exactes, il entraînait rarement parce qu'il n*y a que la vérité qui puisse se faire écouter.

Cazalés était beaucoup plus entraînant, car son caractère paraissait beaucoup plus franc; il avait des idées nettes ; son talent n'était point déclamatoire; il n'y avait que sa position qui était fausse, mais on ne pouvait pas lui reprocher, comme à l'abbé Maury, les vices de son esprit; il est du petit nombre de ceux chez qui Ton ne peut regretter qu'une seule chose, c'est qu'ils se soient trompés, mais ils se sont trompés de bonne foi.

Mirabeau a joué pendant quelque temps le rôle brillant d*un tribun ;il entraînait tous les suffrages par une élocution brillante; son éloquence était foudroyante, rien ne lui résistait parce que tout était action chez lui. Il avait tout ce qu'il fallait pour fonder une république, mais aussi trop de besoins, et s'il eût vécu plus longtemps, il est k peu près certains qu'il eût abandonne le parti populaire pour celui de la

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