A PROPOS DE LA FUITE DU ROI
Les deux autres paraissaient disposés à exécuter les ordres du §^énéral Bouille, dont la petite armée était déjà arrivée aux portes de Nancy. Elle y fut accueillie par la mousqueterie et par l'ariillerie qui blessèrent et tuèrent plusieurs homnoes. Ce fut dans ce moment que fut tué un jeune officier du régiment du Roi nommé Désisles, qui, pour éviter TelTusion du sani^. se jeta courageusement au devant de la troupe et fut renversé par la première décharg-e. On n'a jamais bien connu les détails de sa mort, mais tout porte à croire qu'elle ne fut pas préméditée.
Si les deux autres régiments eussent montré la même opiniâtreté que celui de Chàteauvieux, ils auraient pu faire échouer Tcntreprise du général Bouille. Il paraît qu'ils se soumirent les premiers et le général éprouva peu de difficultés pour se rendre maître de la ville; aussi ces deux régiments furent-ils traités avec beaucoup moins de sévérité que celui de Chàteauvieux.
Les deux bataillons suisses, ou plutôt ce qui en restait, furent mis immédiatement en jugement et livrés à toute la sévérité des lois militaires helvétiques : vingt-deux soldats furent condamnés à mort et quatre-vingts environ aux galères dont ils sortirent l'année suivante, libérés par un décret du Corps législatif.
Comme il m'a été fait un crime, dans plusieurs biographies, d'avoir pris chaudement la défense de ces malheureux, je reviendrai sur les motifs qui ont déterminé mon opinion. Lors de ma mission à l'armée de l'Ouest, j'ai fait entrer dans un corps franc qui se formait pour la Vendée ces infortunés Suisses ainsi que plusieurs autres de leurs compatriotes, que j'avais contribué à sauver le lo août, et ils se sont fait tuer presque tous au service de la République.