LA LOI MARTIALE A ANGERS
M. Thiers a écrit : « L'exécution du C^hairp-
(0 La -arde nationale d'An-ers fut constituée le 21 juillet 1789. Chouiiicu y fut élu au litre de major. [X. de l'E )
se MEMOIRES DE CHOUDIEQ
de-Mars fut fort reprochée à Lafayette et à Bailly. Mais tous deux, plaçant leur devoir dans l'observation de la loi en sacrifiant leur popularité et leur vie à son exécution, n'eurent aucun regret, aucune crainte de ce qu'ils avaient fait. »
Je ne nie point que le premier devoir d'un fonctionnaire public soit d'exécuter la loi, mais quand un mag-islrat est charg'é de l'exécution d'une mesure aussi terrible que la loi martiale, il doit y regarder à deux fois avant de commander le feu, et je ne doute point que si Bailly eût commencé par porter des paroles de conciliation, il lui eût été facile de se faire écouter comme l'avait fait Lafayette, qui était parvenu à dissiper le premier rassemblement. Enfin, quoi qu'en puissent dire certaines personnes qui ne savent qu'applaudir aux assassinats que l'autorité sait toujours couvrir d'une apparence de légalité, je me permettrai de soutenir que l'emploi de la force armée contre des citoyens sans armes est un crime.
Je me suis trouvé vers la niènie époque dans une position aussi critique ; il y avait cependant cette différence que le rassemblement que j'avais à disperser était armé et que les demandes qu'il formait n'étaient fondées en aucune manière, ce