‹ Mémoires et notes de--,représentant du peuble à l'Assemblée législative, à la Convention et aux arméesChapitre 28 sur 87 · LE GÉNÉRAL WIETINGHOFF · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL WIETINGHOFF

Les ofGciers composant la 17^ division mihtaire, ayant à leur tête le général Menou, furent admis à la barre pour y prêter le nouveau serment.

Je ferai remarquer ici que ces officiers auraient dû être présentés par le lieutenant-général Wietinghofl" quicommandait la 17*^ division, et non par le général Menou qui n'en était que le commandant en second. Mais legénéralWietiny^hoff était un Suisse qui avait passé au château des Tuileries la nuit du <j au 10 août et ne l'avait quitté, le 10 au matin, que parce que les gendarmes qui étaient sous ses ordres

avaient refusé de se joindre aux gardes suisses. Je ne fais cetteobservation que [)arce que l'année suivante cet officier général fut choisi jiar le général Beurnonville, alors ministre de la guerre, pour prendre le commandement en chef de Tarmée de l'Ouest, où je refusai de le reconnaître en cette qualité, parce que je ne croyais pas qu'une armée républicaine put être dirigée contre les Vendéens par un royaliste qui avait figuré au Château lors du lo août, et qui n'avait point encore prêté serment au nouvel ordre de choses.

l'aRGKNT du KOI

Le li I août le ministre des contributions publiques instruisit l'Assemblée que le Maire de Paris demandait le paiement de lasomme de 5oo.ooo francs accordée pour le traitement du Roi captif.

Sur cet article, je déclarai qu'à mon avis cette somme était beaucoup trop forte ; ([ue cependant, puisque le décret était rendu, je le respectais, mais que je croyais qu'on ne devait pas laisser cet argent à la disposition du Roi, parce (ju'il pourrait encore, du fond de sa prison, en faire un moyen de corruption et s'en servir pour entretenir des relations coupables avec nos ennemis. .le ne m'opposai [loiut du reste à ce qu'on lui donnât

tout ce qu'il désirerait, pour lui et pour sa famille, mais je demandai formellement qu'aucune somme ne fût laissée à sa disposition.

LA COMMUNE ET l'aSSEMBLÉE

Dans la séance du 3o août, le ministre de l'intérieur instruisit l'Assemblée que le comité des subsistances de la Commune, dans lequel il avait la plusg-rande confiance, venait d'être destitué par les représentants provisoires de la Commune de Paris.

M. Cambon dit qu'il était important pour fixer l'opinion de l'Assemblée qu'elle se fît représenter les pouvoirs donnés à ces membres provisoires de la Commune et il ajouta : « S'ils n'en ont pas, ce sont des usurpateurs qui doivent être punis comme tels, w

Je portai la parole après M. Cambon et dis : Il est temps d'appeler l'attention du Corps législatif sur la conduite de la municipalité actuelle de Paris. Tout en reconnaissant qu'elle a rendu de grands services dans la nuit du 9 au 10 août et même dans les jours suivants, je ne puis reconnaître en elle la représentation du peuple. Déjà plusieurs sections de Paris ont réclamé contre sa formation (jtii n'a pu être légalisée que par l'insurrection ; mais, (jiiand tout rentre dans l'ordre, la Commune

doit s'y soumettre. Cette assemblée ne se compose que de commissaires qui furent nommés pour se concerter sur les opérations relatives au lo Août ; elle s'est, à la suite de cela, érigée de son autorité privée en municipalité ; elle s'est attribué à elle-même des pouvoirs qui ne lui étaient pas délégués ; peut-être a-t-elle eu raison au moment de la crise, mais le dan^-er passé, elle doit se dissoudre ot rentrer d'elle-même dans la classe des citoyens. Aujourd'hui on l'accuse de tout entraver, de tout désorganiser, elle s'est même permis de suspendre le maire de Paris, un pareil état ne peut plus être toléré, car il nous conduirait à un bouleversement g-énéral.

Les circonstances étaient en effet bien difficiles : les passions populaires encore en effervescence avaient besoin d'être contenues et diri^^ées; l'enthousiasme national était une grande force, mais à la condition de ne pas se disperser en mouvements contradictoires, et chaque jour voyait naître, à côté des entraînements généreux, des propositions inconsidérées ou perfides, qu'on présentait sous couleur révolutionnaire.

— C'est ainsi que le ministre de la guerre instruisit l'Assemblée qu'on s'autorisait de la suspension du Koi pour prétendre (pie loules

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les places seraient données à l'anciennelé. Et làdessus, M. Marbot objecta qu'un pareil système condamnerait Turenne à servir sous un imbécile. L'Assemblée décréta, sur ma proposition, que le pouvoir exécutif était autorisé à faire une proclamation pour annoncer à l'armée que rien n'était changé dans son organisation . —

Dans la séance du 3o août, une députation de la municipalité provisoire de Paris fut introduite à la barre de l'Assemblée et demanda par l'oryane de Tallien à justifier sa conduite depuis le 10 août. Après le discours de Tallien, Manuel, procureur delà Commune, demanda la permission d'ajouter une seule réflexion et dit : « L'Assemblée nationale a rendu hier deux décrets ; par le premier elle casse la commune provisoire, par le second elle déclare que cette commune a bien mérité de la patrie ; ses commissaires ont à se plaindre de l'un ou de l'autre. »

La réponse du jtrésident fut pleine de dignité et réfutait suffisamment le dilemme du procureur ; ce n'était du reste de la part de Manuel qu'une pure subtilité; car il n'y avait aucune contradiction à déclarer d'abord que la commune provisoire avait bien méi'ité de la pairie au lo Août et jours

suivanls et à vouloir ensuite qu'elle cessât d'exercer des fonctions qui n'étaient que provisoires et (|ui,par l'extension (ju'elle leur donnait, pouvaient lie venir dangereuses.

Les événements qui se succédaient avec rapidité relardèrent l'exécution du décret aux termes duf[uel la commune provisoire de Paris devait cesser ses fonctions, ('elte assemblée, dont le zèle fut toujours excité par les dang-ers de la patrie, ne crut pas devoir se retirer dans un moment où, par son énergie, elle pouvait encore être utile.

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