BEAUREPAIKE ET LA CAI'ITULATIO.N DE VERDUN
de la dilibiralioii du cons3il de guerre (|ui avait làchenieul ordonné (jue la place serait livrée à renneini et nie donna les détails suivants sur !a mort de Beau repaire :
Beaurepaire, qui [)résidail le conseil, fil de yrands efforts pour empêcher la décision qui fut prise, (le fut inutilement. Mais, pour sa part, il refusa de consentir à la reddition de la place contre laquelle l'ennem: n'avait encore lancé que des bombes. Une trop sévère loi portait la peine de mort cjutre tout officier qui capitulerait avant (pie la brèche fut ou\erte au corps de la place et avant (pie trois assauts eussent été soutenus sur la Inèche.
Il refusa de signer la ca])itulalion.
La décision du conseil de guerre ne fut pasplu- {()[ connue qu'une dt'putalion des trois bataillons composant la garnison vint offrir à Jieauiepaire de sortir de la place et de se faire un passage à travers l'armée ennemie en pla<;ant ses canons sur l'un de ses flancs et en appuyant l'autre à la -Meuse.
Beaurepaire, tout en a[)plaudissant à cjtle no!)le résolution, leur répondit qu'il était responsable tlu précieux dépôt qui lui avait été cjnfié [)ar les pjres de familh' ; (|u"ils allaiiuit s"('\[);)ser sans
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ulililc à une iiiorl presque certuine, et qu'ils deviùenl couseiver poui' une occasion plus heureuse des bras qui pouvaient encore être utiles à la patrie. En les quittant, il s'enferma dans sa chambre, et ne voulant pas survivre à ce qu'il icgardait comme un déshonneur pour lui, il mit iiii à ses jours d'un coup de pistolet (i).
Par la capitulation qui fut signée le môme joui . l;i garnison obtint la faculté de sortir avec 1»> honneurs de la guerre, et il fut accordé un caisson couvert à chaque bataillon, lequel devait sortir de la ville sans être visilé. Les officiers du bataillon de Maine-et-Loire ne voulurent point profiter de cette faveur pour emporter leurs bagag-es; ils j)lacèrent sur leur caitsou les dépouilles mortelles de leur commandant dont ils ne voulurent se séparer qu'en le déposant à Sainte Ménehould, sur une terre cpii n'était point souillée ])ar la présence de l'ennemi. Quelques jours après les trois bataillons piirent part aux glorieux combats de la forêt d'Arg^onne et de Valmy.
Le 12 septendjre 179:^, sur le rapport de Dell) lùxirait du procès verbal delà morl de Beaurepaire, aux Arcli. de la truerre, à Berliu :
o lieaurepaire tiil Irouvi- velu d'un liabil de garde national, tl'unc veste de basin blanc, culotté de peau cl bollc ; il portail la croix de Saint-Louis sur la poitrine, cl l'epée au colé. » (.V. de VEi.)