PRÉFACE VI
Pierre-Uenc Clioiulicu naquit à Anyors, en 17G1, d'une famille de petits magistrats. Il fut élève à l'école militaire de Metz, puis avocat du Roi au présidial d'Angers, député du Maine-et-Loire à rAssciiiblée lég-islative, réélu à la Convention, commissaire de la République près les armées de la Vendée, en 1793, et du Nord, en 1794- Ses démêlés avec le présomptueux Plîilippeaux sont restés célèbres. Absent de Paris à l'époque du 9 Thermidor, il ne prit aucune part à la chute de Robespierre et bientôt s'éleva contre les basses tendances des thermidoriens. Décrété d'accusation par ceux-ci, le 12 g-erminal an III, il fut emprisonné au fort de Ham jusqu'à l'amnistie de brumaire. On le retrouve dans le parti parlementaire des anciens conventionnels qui favorisaient le mouvement babouviste. Sous Beruadotte, il fut chef de division au ministère de la gfuerre. Compris dans la proscription consulaire qui suivit l'attentat de la rue Saint-Nicaise, à cause de ses opinions républicaines, Choudieu, averti à temps, ne crut pas que son innocence de toute participation à l'attentat suffirait à le sauver ; moins naïf que les Rossig-nol, Vaneck, Talot, Daubig-ny, Audouin, etc. (et disons aussi licrtin l'aîné, un des fondateurs du Journal des Débals, déporté en 1801 à l'île d'Elbe d'où l'on revient), Choudieu prit la fuite et passa en Hollande où il vécut en pavsan les années dé l'Empire. 11 rentra en France en i8i4.
Vinrent les Cent-Jours, le deuxième réi^ne de Napoléon, ce régime indécis, chaotique et frémissant, (jue l'esprit des premières proclamations, celle de Lyon entreautres, orientait vers une restauration révolutionnaire. iJans un cll'ort de g-énie politi(jue jnal servi par