DES CLUBS OU SOCIÉTÉS POPLLAIRES
roncevoir quelque inquiélude sur ses projets, elle crut se faire oublier eu s'établissant aux Capucins de la rue Saïut- Honoré, mais elle n'y resta pas Ion-temps tranquille, parce .,ue l'opinion publique la poursuivait partout : entm la reunion se fixa à rhùlel de Massiac où elle n'attira pas beaucoup de prosélytes ; elle se prétendait le parti mitoyen entre la monarchie et la démocratie. .
Un ieune écrivain, M. Roche, dit, dans son histoire de France imprimée en 1820, qu'il n'existait que ces deux sociétés rivales. Pour moi, j'en ai connu plusieurs autres, notamment le club de Clichy et le club des Cordebers, le club de Clichy voulait la monarchie absolue, le club des Cordeliers voulait la RépubUque. Certains écnvams n ont su faire aucune distinction entre ces dirtérenles sociétés, ils ont tout confondu et il n'est point étonnant que dans ces conditions ils ne nous aient donné que des idées très imparfaites de la Révolution.
M l'abbé Georirel, qui présente rarement les choses sous leur véritable jour, dit, tome II, page ^'.o de son « Histoire», que les députés c,ui faisaient partie de la socete des Jacobins étaient obli-^és parles statuts de faire serment de porter à l'Assemblée nationale toutes les motions adoptées par la Société. J'ai fait partie de la société des Jacobins e e puis affirmer que je n'y ai jamais prête aucun serment et •;,aaucun de mes collègues n'eût voulu contracter une semblable obligation. Comment peut-on avancer de pareilles
absurdités' , . j'a.-o
Les principes des sociétés populaires et leur raison d et e ont toujours été d'assurer les libertés publiques, et celle des opinions étant la première de toutes, comment VJ^^'^^ '2' po'ser qu'on ait pu imposer de pareilles conditions a des hommes qui ont donné tant de preuves dmdependance?
NTaTs il n'est point étonnant que de pareilles suppositions se'rencontrent sous la plume de l'his.orien 4"' "« ^7.'°^ pas de dire, page 483 du même volume, que la Convention Ta ionafe n'efait composée que de la lie .les scee..sAU^ vrai que cet historien a pris pour épigraphe cet e maxime de Tacite que l'histoire doit être écrite sme im et o<l.o.
\'o autre abbé un peu moins haineux que l'abbé Georg'el, mais qui n"a pas mieux connu que lui l'org-anisalion des sociétés populaires, M. Anquetil, a dit, tome IX, pag-e 208, dans son « Histoire de France )>, en parlant de laSociété des Jacobins, que les femmes y étaient admises ety exprimaient leurs opinions. Cette assertion n'est pas plus exacte que celle du serment qu'on exig-eait des membres de la Société. Il est vrai (jue le peuple était admis daus les tribunes publiques et, par conséquent, les femmes comme les hommes; mais jamais les femmes n'ont fait partie de la société des Jacobins et jamais elles n'ont été admises à y exprimer leurs opinions. Il paraît que M. Anquetil n'a point assisté aux séances de la société ; il la confond sans doute avec un autre club qui existait dans le même local et dans une salle séparée sous la dénomination de Société fralernelle des deux se.res. Quant à cette société, non seulement les femmes pouvaient y parler, mais elles y tenaient le premier rang ; ou distinguait parmi elles M""' Robert, plus connue sous le nom de M'ie delvéralio, la baronne de Haëlder, M'ie Théroitrne, M"e Lacombe qui, dans les fêtes publicjues, représentait ordinairement la déesse de la liberté ; peu d'hommes ont cherché à faire partie de cette société et elle n'a pas eu une long-ue existence, parce que l'opinion de tous les hommes raisoimables était que ces dames auraient beaucoup mieux fait de s'occuper de leur ménag-e (jue de pérorer sur les allaires publiques.
C'est ainsi qu'eu cherchant à jeter du ridicule sur une société qui a été le berceau de la liberté, je veux dire la société des Jacobins, on s'est rendu ridicule soi-même. Pourquoi parler de ce qu'on ne sait pas ? pourquoi dénaturer ce que tout le monde sait? Il n'est heureusement pas au pouvoir de quelques écrivains de faire oublier que la société des Jacobins a été un foyer ardent de patriotisme, (pie c'est dans son sein (ju'ont été développés les premiers principes de la souveraineté nationale. Ces sociétés si diverses et si vivantes ont contribué à former l'opinion puitlique qui n'est à craindre que pour le despotisme ; et je ne crains pas d'avancer que sans elles la France serait