COMPLIQUANT LA COQUELUCHE
Le jeune Ripaux, de Saint-Symphorien extra , âgé de 7 ans, d’une assez bonne complexion, est aux prises depuis trois semaines (octobre 1837), avec une coqueluche qui, jusqu’ici, n’avait présenté aucune gravité. Le 21 de ce mois à 7 heures du soir, il éprouve une oppression et une espèce d’étranglement qui étonnent les parents. Bientôt il se jette dans les bras de sa mère, en poussant des cris désordonnés. La respiration s’embarrasse, devient sifflante, les yeux sont convulsés, saillants, renversés en haut. Cet état dure environ une minute , puis la crise se calme un
|hmi, reprend, diminue, s'exaspère encore el finit par cesser au bout d’un quart d’heure. Le TJ, le 23, la crise revient à la infime heure el présente les infimes phénomènes. Les parents, qui n'avaient d’abord cru voir, dans tout cela, qu'un effet de la coqueluche, commencent cependant à s'inquiéter de la fréquence des récidives et m’envoient chercher i l'heure où l'accès doit avoir lieu. Les symptômes désignés ci dessus se reproduisent fidèlement devant moi et me paraissent fort extraordinaires. Le pouls est à peine afîilé, point de c haleur à la peau, point de céphalalgie, en un mot point de fièvre. — D'où vient donc un étal si sin gulier? line pareille question sembla difficile à résoudre, on ne pouvait en trouver la solution que dans l’existence d'une fièvre larvée. La périodicité des accès, ne laissant aucun doute à cet égard, je n'hésite pas à faire prendre au jeune Itipaux f»0 centigrammes de sulfate de quinine. Le lendemain l'accès ne revint pas, il ne s'est plus renouvelé. Par précaution une autre dose de sulfate de quinine est administrée, puis la coqueluche, combattue par l’extrait de belladone, disparaît en 12 jours.
Ur fierions . — (Quelle singulière espèce de fièvre larvée! il est sans doute peu de médecins qui n'aient rencontré des fièvres intermittentes larvées, dont le caractère est en général si insidieux qu’elles mettent souvent en défaut l’expérience la plus consommée ; mais il est rare d’en trouver de cette espèce. Ce n’est donc pas sans raison que j’ai dit (3-- proposition de ma thèse inaugurale), « les fièvres inter-
mittentes sont vraiement protéiformes ; elles peuvent simuler beaucoup de maladies. Le médecin doit toujours être en garde contre leurs métamorphoses . »