‹ Mémoires et observations cliniques de médecine et de chirurgieChapitre 9 sur 22 · HH · texte numérisé non relu

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vert lire Il en s *rtii six cuillerées de sérosité limpide , de bonne qualité. Au moyeu du bistouri boulonné , j'agrandis celte ouverture. Je vis alors une portion d’intestin prèle, de quarante-cinq à cinquante millimètres , d’un aspect violacé. le débridai, et lis sortir un peu d’intestin. Il présentait une forte injection vasculaire, une prande pldopose; mais il était lisse, poli , distendu par des gaz , contractile : rien n’indiquait la panprène , ni la tendance à cette fâcheuse terminaison, ha réduction se lit avec facilité; il avait peu coulé de sanp; une seule lipature fut posée : je me décidai ft réunir par première intention. Même pansement que relui décrit dans l'observation précédente.

L'appareil est levé le quatrième jour. Plus des trois quarts supérieurs de la plaie étaient réunis; en peu de temps le reste se cicatrisa. On pouvait considérer la puérison comme accomplie , lorsque le malade s'avisa d'arracher la petite lipature. Il y eut, avant mon arrivée auprès de lui , une hémorragie assez considérable pour compromettre son existence. Du reste , il m’a sufll de poser un morceau d'agaric sur le point d’où coulait le sanp, pour l’arrêter. Sans des fièvres intermittentes provoquées , sans doute, par l’hémorragie, et qui durèrent peu , il n'eût pas fallu plus de huit jours pour rappeler ce vieillard à la santé, et le rendre à ses habitudes.

3e Observation. — Hernie inguinale étranglée.

OPÉRATION

Le sieur Arrault , maître maçon, fait un effort; à l’instant même une tumeur de la grosseur du poing se manifeste au bas-ventre. Sa situation entre les piliers de l’anneau inguinal droit, sa dureté, sa rénitence, les douleurs dont elle est le siège, le gonflement du ventre à travers lequel on sent les bosselures des intestins distendus par des gaz qui n’avaient pas d’issue par le bas , des coliques , des vomissements ne laissent aucun doute sur la nature de cette tumeur. L’existence d’une oschéocèle avec étranglement est facile à constater. Cet étranglement ne céda qu’au débridement fait au bout de vingt-quatre heures (9 juillet 1834). L’opération ne fut pas laborieuse, elle ne présenta rien de particulier. Les chances pour la réunion immédiate étaient des plus favorables ; aussi fut-elle employée avec succès. En peu de jours la guérison était complète.

i" ObsKHY ATIO.l — l/rrnir imjuinn/r rtranglêe.

OHKhATION.

Le sieur Desssché , closier aux fontaines d«* Sainl- Averlin, près Tours, est «l’une forte comptexion; en faisant un effort pour aller à la selle, il restent une vive douleur dans l'aine droite; il y porte la main et touche une tumeur volumineuse s'étendant jusque dans le scrotum; aussitôt il réclame les secours du médecin de la localité. Le docteur Lovote s'empresse de venir , et reconnaît une hernie inguinale. Pendant vingt-quatre heures , il essaie . par les moyens les plus convenables, de la faire rentrer. Vaine tentative, l’étranglement résiste même aux efforts réitérés du taxis. Les accidents s’aggravent ; une forte douleur existe dans l'aine droite. La colique est permanente . des vomissements de matière stercorale se renouvellent fréquemment, le pouls est petit, il y a prostration générale. Tout retard à pratiquer la kélotomie ne peut qu’accroître le danger. Le docteur Lovote juge que l’opération est pressante. Il invite les parents du malade à lui adjoindre un confrère. Je suis désigné pour la consultation et pour faire l’opération. Après avoir visité le malade et e • avoir reconnu l'urgence , je me mets en devoir de

la pratiquer (4 juin 1841). La tumeur était volumineuse, elle dépassait de beaucoup la grosseur du poing d’un adulte. Je fus obligé de faire une longue incision (douze centimètres); un jet de sang s’échappe d’une artériole assez forte. La ligature en est faite aussitôt. Je dissèque avec précaution les tissus sous-jacents, j’arrive promptement au sac; il est ouvert dans toute son étendue. Une anse d’intestin de cinq centimètres d étendue s’offre à nos regards. L’injection vasculaire en est très-prononcée et lui donne une couleur brune ; examiné avec attention avant et après le débridement de l’anneau , nous ne voyons , mon confrère et moi , à cet intestin aucune trace de spbacèle ; alors je procède à sa rentrée. Elle s’effectue assez facilement. Je fais ensuite le pansement. Je réunis, au moyen de bandelettes agglutinatives , les bords de la plaie , excepté à l’angle inférieur, où une mèche de charpie est posée. Attendu la longueur de la plaie, une aiguille est placée au milieu , pour maintenir ses lèvres plus sûrement en rapport. A la levée du premier appareil , je trouvai la plaie cicatrisée dans les trois quarts de son étendue. Les parties où la réunion immédiate n’avait pas eu lieu , étaient celles où la mèche avait été mise et où se trouvait la ligature. Dans ce dernier point, il s’était formé un petit phlegmon qui suppura et retarda de quelques jours la guérison ; mais elle n’en a pas moins eu lieu en quinze jours.

S' OuskhvatIoN* — Hernie crurale etranjlee .

<1rr.l1.tN0N.

Catherine (««dlmn , de quarante-cinq ans , demeurant à T oura , rue de» (Quatre- Vente, est atteinte de symptôme» d'étranglement , le 20 février 1K42, qui l'obligèrent à réclamer me» »oin». Une tumeur qu’elle portait dan» l'aine droite depuis deux an» ne lui avait encore causé ni souffrance, ni inquiétude. La pré-senre de cette tumeur n'était pa» constante ; quand elle sortait , il lui suffisait de presser un peu dessus pour la faire rentrer. Cette fois- ci la tumeur sortie ne rentra pas , malgré les tentatives de réduction faite» par celte femme; loin de là, les souffrances augmentèrent. Du reste , j'ai pu juger île la force de l'étranglement par l'insuccès de tous les moyens employés , et par les essais de taxis pratiqués non-seulement par moi, mais encore par M. le docteur Anglada , qui

voulut bien m'assister dans cette circonstance. La ma-

nœuvre du taxis fut faite avec mesure , lenteur , et dans la direction de l’anneau , direction dont la hernie crurale exige particulièrement qu’on tienne compte.

Trois jours déjà s’étaient écoulés; le quatrième commençait, et la malade n'avait obtenu aucune amélioration.

Elle s’affaiblissait beaucoup. Un pluslong retard ne pouvait donc être que préjudiciable. L’opération nous parut, à mon confrère et à moi , la seule ancre de salut. Nous la proposons , elle est acceptée , je la commence aussitôt. J’observe les mêmes règles que dans les opérations ci-dessus,etje la termine heureusement. Ensuite je réunis les bords de la plaie par première intention. Mon procédé eut encore ici un plein succès. Au bout de onze jours la plaie, y compris l’angle inférieur , était cicatrisée. Catherine n’a plus eu besoin que d’un bon régime et de repos pour obtenir une guérison parfaite.

Cette opération a présenté une particularité bien digne de remarque. Elle consiste dans l’adhérence du sac à l’intestin. Une petite ampoule pleine de sérosité, placée antérieurement , permettait seule d’établir une différence entre ces deux parties si importantes à distinguer. J’avoue que je réfléchis , que j’hésitai beaucoup avant de l’ouvrir. Les parois de l’intestin que je sentais au delà de la sérosité me rassurèrent cependant contre cette anomalie. J’incisai donc l’ampoule , il en sortit de la sérosité , et au fond je vis clairement l’intestin. Partout ailleurs il était uni au sac par des adhérences faibles , peu résistantes. En introduisant mon doigt entre lui et les parois du sac, et en le conduisant tout autour , je les détruisis facilement. Je débridai alors, puis, après avoir bien examiné l’intestin, dont la séreuse avait en grande partie perdu son poli , je le lis rentrer. Le commencement d’inflammation de cette mem-

brane m’avait fait craindre une péritonite. Heureusement file ne s’esl point développée.

Je dois aussi dire que j’ai fait usage d'une «onde ‘à large cannelure, dont j'ai obtenu un trés-lion effet. L'évasement de la cannelure de celte «onde empêche l’intestin de passer par dessus ses bords et de se présenter au tranchant du bistouri, tl'est un inconvénient qui n'arrive que trop f équemmentavec la sonde dont on se sert ordinairement, et qui eiige les précautions les plus minutieuses pour éviter de couper l'intestin.

J’ai vu plus d'une fois l'opérateur embarrassé par le renversement des déni portions d'intestin sur les bords de la «onde cannelée ordinaire , ne pouvoir placer la lame de son bistouri dans la cannelure , jusqu'à ce qu'un aide adroit eftt maintenu chaque portion de cet intestin. Quelquefois même on n’y parvenait pas sans peine. Puisque dans le débridement la section de l'intestin est un accident à redouter , et que la sonde à large canelure est . plus que toute autre . susceptible de faire éviter cet accident; je pense que cet instrument peut ici rendre un grand service et doit par conséquent obtenir la préférence.

Il me semble donc résulter un enseignement utile des eiplicalions dans lesquelles je viens d'entrer, sur un des points les plus importants du débridement.

' Celle »on«tr est fepréaenVe h U diiiitème plane Im

6e Observation. — Hernie crurale étranglée.

OPÉRATION

La femme Voisin, âgée de cinquante ans, demeurant au village du Hautbourg , commune de Saint-Cyr , près Tours , est d’une faible constitution et d’un tempérament nerveux. Elle portait depuis trois ans dans l’aine droite, une tumeur oblongue du volume d’un petit œuf de poule. Cette tumeur , pendant le repos de la nuit , rentrait , et sortait le jour par les efforts que nécessite le travail des champs. Elle lui causait parfois de vives coliques. Cette femme n’avait jamais usé de bandage. Le 28 août 1842, dans un effort pour aller à la garde-robe , elle ressent une forte douleur dans l’aine droite. Au même moment elle s’aperçoit que cette tumeur a triplé de volume. La souffrance l’oblige à se rendre chez elle et à se coucher. Pendant la nuit, les coliques deviennent de plus en plus prononcées, elle a plusieurs vomissements. Le jour suivant , ces symptômes ont acquis plus de violence encore. Dès le matin (29), la femme Voisin réclame mon assistance. Je me rends auprès d’elle vers les deux heures du soir. Je constate l’existence de la hernie et les symptômes de l'étranglement. Le ventre est ballonné; la malade attribue avec

raison le ballonnement à l'impossibilité où elle e si de rendre aucun vent. Je commence d'abord par exercer le taxis à plusieurs repris»»; me» tentative» étant inutiles, je fai» frictionner la tumeur avec la pommade à l'extrait de belladone. Je pre»cri« des lavement» à la décoction de tabac, je recommande de faire prendre de» demi-bains, et de donner au tronc une position inclinée, etc. Malgré l’emploi de» moyens les plu» rationnels pour amener la réduction de cette hernie , l'étranglement persiste. Le lendemain , 30 août , les mêmes moyen» sont répété» , mai» sans aucun succès. Alors je compris, par la persistance des vomissements . par la petitesse, la vitesse , la faiblesse du pouls , enfin par l'épuisement de» forces de la malade . qu’il y avait danger à différer l'opération. J'avais avec moi les instruments nécessaires; je la pratiquai sur le champ. L’incision de la peau faite, le sac mi» à découvert , je reconnus , en pinçant ce dernier , qu’il adhérait à l'intestin dans les trois quarts de son étendue. Une ampoule pleine de sérosité , pareille à celle que j'avais observée dans l’opération précédente et à peu près du même volume, en révélait encore l'existence. Il y a, dans l’exercice de l’art de guérir, de bien grandes singularités. Jamais, dans toutes les opérations de hernie que j’ai faites ou vu faire , je n’avais rencontré pareille anomalie, et dans l’espace de six mois, j’ai eu l’occasion de la rencontrer deux fois. Le souvenir des résultats obtenus dans le premier cas me rassura et me servit de régie de con-

tluite dans le second. J’ouvris celle ampoule : je détruisis facilement les filaments nombreux qui unissaient les parois internes du sac à la tunique externe de l’intestin. Celui-ci, ainsi dégagé, fut réduit , dès que j’eus débridé, malgré son aspect violacé et la légère phlogose dont il était atteint. Ensuite les lambeaux du sac furent réséqués, et les bords de la plaie réunis immédiatement au moyen de bandelettes agglutinatives. La petite mèche de charpie fut posée dans l’angle inférieur ; enfin , le reste du pansement fut fait suivant mon habitude.

A la levée du premier appareil , la réunion était parfaite jusqu’à l’angle inférieur de la plaie. Dans cet endroit, elle n’avait pu avoir lieu à cause de la mèche. Aussi , il y eut là un peu de suppuration pendant quelques jours. 11 ne s’est déclaré aucun accident inllammatoire du côté de l’abdomen. La diète d’abord , puis un régime bien entendu, ont été prescrits et observés. En douze jours la guérison était parfaite.

Déjà il s’est écoulé du temps depuis que ces opérations ont été faites , et je n’ai eu jusqu’à présent connaissance d’aucune récidive de hernie. A la vérité, l’emploi du brayer a été continué chez tous les opérés.

Je ne finirai pas sans faire connaître les conclusions de la commission nommée par la Société médicale d’Indre-et- Loire , pour lui faire un rapport sur ce Mémoire.

Les voici textuellement :

« Tel est, Messieurs, dit cette commission, l’intéres

• sanl travail que vous a communiqué M. In docteur

• Morand sur un dns point* In* plus importants de la

• prati(|un chirurgicale. Bien que la méthode de pansa-

• ment qu'il propose d'adopter, dans un grand nombre de

• ras, api** l'opération de la hernie, soit loin d'étre en-

• cure d’un u*age général , nous sommes persuadés qu’elle

• deviendra de plus en plus familière, et les observations

• de l'auteur nous paraissent très-propres à concourir

• puissamment à ce résultat. •

Les deux observations qui suivent m'ont paru devoir être insérées à la suite de ce Mémoire , en réponse à diverses réflexions dont il a été l'objet , et qui ont été faites par un des membres de la Société médicale.

7' Observation — Hernie crurale étranglée.

OPERATION

Le sieur Raton (commune déjoué . près Tours), âgé de quarante an* , bien musclé . «Hait atteint , depuis trois ans , d'une hernie crurale , dont la sortie s'effectuait de temps en temps, et dont la rentrée avait été jusqu’ici facile.

Le 31 juillet 1836, il est pris de coliques, en bêchant

' Celte observation a été lue à la Société médicale d'Iudrc-et- Loire, séance du 3 novembre I83G.

ses vignes. Il est obligé de quitter le travail et de se mettre au lit. Les deux jours suivants , les coliques continuent, deviennent plus violentes. Bafou est en proie à des nausées , à des éructations , à des vomissements , etc. Ces accidents ont été précédés par le développement d’une tumeur grosse, comme le poing , qui se fait douloureusement sentir dans le pli de l’aine droite. Le malade souffre beaucoup, et réclame mes soins. J’arrive auprès de lui; j’explore le ventre , je le trouve ballonné , sensible au toucher et légèrement bosselé. A l’odeur et à l’aspect des matières vomies , je reconnais la présence des excréments délayés. Les selles sont nullcs , l’expulsion des vents impossible. Tous ces signes caractérisent suffisamment un étranglement herniaire. Le pouls est resté assez fort.

Je commence par avoir recours au taxis; il est sans résultat. Je fais une saignée , j’ordonne un bain , des lavements de décoction de tabac , des cataplasmes émollients et des frictions avec une pommade où l’extrait de belladone entre à haute dose l. Le malade est mis sur un plan incliné de telle sorte , que la tôte est plus basse que la partie inférieure du tronc. Je l’y laisse pendant quelque temps. C’est une position dont le docteur Tonnellé fils fait une heureuse application en pareille circonstance.

1 Dans une des propositions de ma thèse (183G), j’ai aussi fait connaître les effets remarquables que j’ai obtenus de celte plante pour la réduction des étranglements herniaires.

I.a saignée , le» tentatives cio réduction , sont renouvelées plusieurs fois en vingt-quatre heures ; vains ofiorta. Les accidents s'aggravent , et une trmporisaiùm plus longtemps prolongée deviendrait une fatale incurie.

Je propose l'opération . elle est acceptée. Je la pratique à l'instant même. Le malade reste sur son lit. La première incision faite dans la direction du pli de l'aine est d'une étendue de du centimètres environ. Je dissèque lu tumeur, je la dégage d'une assez grande quantité de graisse qui l'enveloppe , le sac se trouve alors à nu. Il n'a pas l'épaisseur qu'on lui trouve ordinairement dans les hernies in> guinales Quoiqu'il ne soit pas lisse , il présente une arborisation veineuse qui lui donne une certaine ressemblant*, avec l'intestin. Il est disséqué avec les plus grands ménagements ; enfin il est ouvert, et, chose remarquable, il ne s'écoule pas de sérosité. Le cul-de-sac du cæcum et la portion attenante de l'épiploon occupent toute sa cavité.

Je fais plusieurs incisions peu profondes sur le bord Iran chant île l’arcade crurale; par conséquent . je débride suivant le procédé du professeur Velpeau. Ces incisions me, permettent d'érailler en quelque sorte celte arcade , d’où résulte une dilatation suffisante pour la rentrée de Tintes tin. Celui-ci , un peu attiré en dehors , n'ofirc pas une grande phlogose. Je le fais rentrer. Mais à peine l’est-il , qu’il ressort. Je le repousse dans la cavité abdominale, j'ai la certitude qu'il y est. Je l’y maintiens un moment;

mais aussitôt que mon doigt est retiré , il se représente à l’anneau , il va sortir. Je me vois obligé de le repousser encore, puis je m’assure s’il n’y a pas quelques brides, quelque étranglement interne d’où vient cette tendance extrême à ressortir. 11 n’y a rien de tout cela. La situation de l’intestin cæcum dans la fosse iliaque , dont le cul-de-sac est placé dans le voisinage de l’arcade crurale , et les attaches du péritoine qui le fixent dans cette fosse d’une manière plus ou moins lâche , expliquent assez , dans l’état actuel, un pareil inconvénient. Pour y obvier, je suis forcé do poser au fond de la plaie , une compresse fenestrée , graissée , et , dans la poche que forme cette compresse , le tampon de Jean-Louis Petit. Par ce moyen , l’intestin est sûrement contenu , et ce tampon ne peut occasionner une irritation capable d’enflammer le péritoine , puisqu’il n’a qu’un contact médiat avec le cæcum ; les lambeaux du sac et beaucoup de parties fibreuses se trouvant interposés.

Le pansement est ensuite terminé suivant la méthode ordinaire. L’appareil est levé le troisième jour. L’inflammation adhésive a déjà solidement réuni les parties molles qui enveloppent l’anneau crural. Le reste de la plaie suppure, le pus est louable ; cette plaie marche assez vite vers la guérison qui est complète au bout de trois semaines.

Réflexions. — Messieurs , ce qui doit le plus fixer l’attention dans l’opération dont je vous ai fait le

récit, c’est assurément la tendance de l'intestin à ressortir, ce sont les moyens de contention employés. Parmi ceux que l’on peut mettre en usage, j'ai choisi de préférence le tampon de Jean-Louis Petit , parce qu'il remplit l'indication la plus importante , en opposant il l'intestin un obstacle impossible à franchir. Je n'ai pas dû songer à ht méthode ordinaire de pansement , et encore moins à lu réunion immédiate. Ode dernière aurait pu avoir deux inconvénients graves. Le premier , de laisser repasser l’intestin par l'anneau , toit dans un effort du malade , soit par le relâchement du bandage; le deuxième , d'établir, s'il fut venu à sortir, un point de compression trop fort , lequel eût pu produire un véritable étranglement artificiel et , par suite , de l'mllainaiaiion , attendu que le degré de compression rûl dû être augmenté en raison de la difllcullé S le contenir. C’est par res considérations majeures que j'ai été conduit à poser eu principe , dans le mémoire précédent , (pie toutes les fois (jue les parties réduites ont une. tendance extrême à ressortir, il faut renoncer à la réunion par première intention. Je dois beaucoup regretter que le membre qui ne partage pas mon opinion sur ce principe , n’ait pas assisté à l’opération de Bafou , il aurait vu cl mieux reconnu que , si la réunion immédiate était praliquable , elle n’était ni rationnelle, ni sansdanger. De plus, je ne puis m’empêcher de dire (pic s’il m* fût bien pénétré du mode de pansement signalé dans le mémoire (pie je viens de cher, il n'eût point

imaginé que des compresses graduées ou un tampon de linge convenablement appliqués sur le centre de l’anneau inguinal , ajoutant sans effort à la compression du bandage , fussent susceptibles de déterminer de rinllammalion. MM. Bretonneau , Velpeau et bien d’autres praticiens emploient avec le plus grand avantage la compression dans les érysipèles , dans les brûlures , dans les plaies même ( le bandage unissant des plaies en travers ) , nonseulement pour favoriser l’adhésion des parties molles , mais aussi pour prévenir et arrêter les accidents inflammatoires. Les gens du peuple usent aussi , pour guérir leurs brûlures , de la compression , qui , sans être méthodique , n’en réussit pas moins En vérité , je suis loin de comprendre comment on peut dire qu'il ne fallût pas recourir à la réunion immédiate , dans le cas où, après l'avoir mise en usage, il surviendrait une collection purulente , dont on craindrait l’épanchement dayis l’abdomen. Une pareille prétention est le. résultat d’une erreur. Je ne balance pas à affirmer que , si l’on pouvait prévoir qu’une collection purulente vînt à se former , on ne devrait pas réunir par première intention ; mais , j’en appelle aux hommes les plus compétents dans notre art, n’est-il pas possible que la plaie la plus récente, la plus nette , réunie immédiatement , soit suivie d’un ac-

1 M. le professeur Serre (déjà cité), dit à la page 362 de son traité de la réunion immédiate : « autant la compression est utile à la suite de la herniotomie, autant elle serait préjudiciable après une amputation «

cillent , d’une complication quelconque , d'un phlegmon , par exemple? Peut -on de prime abord prévoir son arrivée ? non sans doute. On aurait donc tort de ne pas recourir à la réunion immédiate dans le pansement d'une plaie qui présenterait toutes les conditions requises pour son emploi. Puisque de telles complications ne sont pas impossibles , on peut regarder comme une heureuse prévision, celle de placer une petite tente de charpie dans l'angle inférieur de la plaie. Olle tente permet de remédier aux accidents consécutifs et n'entrave nullement la rapidité de la cicatrisation dans les autres parties.

Je ne m'arrêterai point à réfuter d'autres objections. D'ailleurs , ce serait peut être abuser de vos moments , Messieurs . que de combattre ce qui a été avancé sur l'époque ou les opérations de hernie doivent être pratiquées. En pareil cas, c’est à la sagacité du chirurgien à en décider l'opportunité; du reste, la question a été jugée « cet égard. De grands opérateurs ont prononcé. Aussi ne doiton déférer qu’avec une extrême réserve à des conseils de temporisation , souvent dictés plutôt par la théorie que par une saine pratique.

K observation — ■ Hernie crurale étranglée ;

OPÉRATION

Madame veuve Renardeau , demeurant h Saint Syinpho-

rien , près Tours , avait depuis longtemps une tumeur dans l’aine droite. Cette tumeur , du volume d’un petit œuf de poule , grossissait quelque fois , se durcissait et lui occasionnait des douleurs qui cessaient, lorsqu’elle la faisait disparaître par la pression.

Cette dame , âgée de cinquante ans , avait de l’embonpoint , et jouissait d’une assez bonne santé , quoiqu’elle portât un cautère au bras gauche.

Le premier février 1838 , elle réclame mon assistance. Par suite d’une vive frayeur, la tumeur herniaire qu’elle portait dans l’aine avait grossi depuis quelques jours. Elle ne pouvait la faire rentrer. L’examen du pli de l’aine me fit reconnaître une hernie crurale étranglée , nullement douloureuse au toucher , peu dure , et rendant , par la percussion, une résonnance qui ne permit pas de douter de la présence de l’intestin.

Aucun vomissement, aucune colique; point de gonflement au ventre ; seulement suspension des vents et des matières alvines ; la fièvre n’existait pas.

J’emploie le taxis, la saignée, les bains, les frictions réitérées avec la pommade à l’extrait de belladone , et beaucoup d’autres moyens encore, mais sans résultat. Si la tumeur diminue un moment, c’est pour devenir plus grosse quelque temps après.

Quatre jours s’étaient écoulés en tentatives infructueuses , je craignais qu’un plus long retard pour opérer n’amenât la gangrène. Pourtant je remarquais que l’appa-

rilmn de* symptômes qui annoncent l'étranglement , avait une marche insolite. On entendait dans les effort* du taxis un hruitde gaz ; mais ce* gaz rentraient avec facilité dans l'abdomen et semblaient par là Icbiioigner d’une faible construction de l’anneau crural ; en outre , point de ces signes rapidement alarmants, qui caractérisent l'étranglement aigu. Klait-ce l'étranglement lent , ainsi désigné par M Jobert, dans son Trailr des Hernies ? t/en était au moins une variété, car. si l'alfrction faisait des progrès, ils étaient lents. La malade avait peu perdu de ses forces , de son appétit Néanmoins , je trouvais là quelque chose d'insidieux. Si l'imminence du danger n'était pas évidente , je trouvais une telle anomalie dans ce genre de hernie, comparée à toutes celles que j'avais vues , que J'en conçus de sérieuses inquiétudes : je jugeai à propos de m'associer un confrère , et , de concert avec le. docteur Anglada , qui voulut bien joindre ses avis aux miens, je proposai l'opération. hile fut formellement et énergiquement repoussée par la malade. Il fallut se résigner, recourir aux moyens de réduction déjà essayés, puis en ajouter d'autres , tels que les frictions élhérées , l’application de la glace, sur la tumeur, les lavements de tabac, l'inclinaison du tronc, du siège à la tête, le refoulement dans la région épigastrique de la niasse intestinale par la pression de bas en haut, suivant la méthode du docteur Cosseret, de Toulon sur Arroux , (Bulletin thérapeutique, huitième année, Tome 15, 9* , 10e livraison , page 309).

Tous ces moyens furent continués jusqu’à lasser ma patience. Il y avait plus de six jours que j’avais proposé l’opération , et la répugnance de la malade à s’y soumettre était toujours la même , encouragée en cela par une apparence de mieux. L’étranglement durait depuis dix jours. La tumeur s’était un peu affaissée. Il n’y avait point de souffrance ; seulement des tentatives de réduction faites par la malade , malgré ma défense , avaient produit un peu de tuméfaction ou plutôt d’empâtement à la peau de la tumeur. Cette apparence de mieux , sur laquelle s’abusaient la malade et ses parents , n’avait rien de rassurant pour moi ; le 10e jour de la maladie était fini, tout annonçait une nuit orageuse: il y eut, en effet, des vomissements de matières stercorales , beaucoup d’étouffement , de la fièvre. Le ventre se ballonna , il devint douloureux ; le volume de la tumeur s’accrut , la malade y ajouta encore par des pressions intempestives. Le matin , à ma visite , je constatai ce cortège de symptômes. Je trouvai le pouls vite , petit et faible , les traits du visage détirés , une grande prostration , du hoquet. Tout présageait une terminaison prompte et funeste. Je m’empressai de provoquer une nouvelle consultation. Les docteurs Anglada et Hulin se rendirent auprès de la malade; après avoir consulté , nous lui déclarâmes qu’il était de toute nécessité de faire l’opération , et pour prévenir la gangrène et pour en arrêter les suites , et que même c’était là le seul moyen de salut.

< è que madame lienardeau avait repoussé en temps oppoitun, elle l'accepta alors que la mort était imminente. (Jiiunt a nous , si noua proposions l'opération , c'était pour remplir un devoir, car nous n avions plus guère d'espérances de succès , déjà suffisamment avertis par un peu de crépitation que nous venions de sentir en palpant la tumeur.

L'opération unanimement décidée , je tue préparai à la pratiquer. L'appareil instrumental , l'appareil à pansement disposé** sur une taille , et la malade placée dans un bon Jour , je pinçai , avec un de mes confrères , la peau pour faire un pli ; ce pli ne se ()t qu'iiuparfaitement , la peau , ayant déjà subi un certain degré d'altération , était trop distendue et trop adhérente. Cependant, avec les précautions les plus grandes, je parvins à opérer la section jusqu'au sac. Me servant alors alternativement de la sonde cannelée , du manche du bistouri et du doigt indicateur , je détruisis les adhérences de Ip peau avec le, sac , que je mis à découvert. Sur ces entrefaites une fusée d'air et de matières fécales, partie d'un point ramolli de ce sac , vint démontrer que l'intestin était gangrené et perforé. J'ouvris dès lors hardiment le sac dans toute sa longueur ; les matières en coulèrent avec abondance ; j’explorai ce qu'il contenait : je trouvai d'abord une masse graisseuse d’épiploon assez considérable ; sons cette masse , une portion d'intestin ( probablement

de cæcum ) , du volume d’un gros marron d’Inde ; elle avait les adhérences les plus fixes avec le pourtour de l’anneau crural ; en dehors et en bas de cet anneau , il existait à celte portion d’intestin un point de gangrène de la dimension d’un centime et une perforation. Les matières ayant un libre cours , je pensai qu’il était inutile d’inciser l’intestin. 11 ne fut donc point ouvert par le bistouri. Je rompis d’anciennes et fortes adhérences qui retenaient l’épiploon dans le sac depuis longtemps et expliquaient l’existence permanente de la tumeur que la malade portait dans le pli de l’aine. Je le liai , j’en fis la section, puis je procédai au pansement.

La malade supporta bien l’opération ; mais sa faiblesse était si grande que nous portâmes, mes confrères et moi, un pronostic fâcheux.

Les pansements furent renouvelés autant de fois que les évacuations alvines l’exigèrent. Une diète rigoureuse fut recommandée , et des bouillons de veau , de poulet ; de l’eau de riz et de pain , furent prescrits.

Ainsi soignée pendant une huitaine de jours , la malade vit son état s’améliorer. La plaie se détergeait ; quelques lambeaux d’épiploon lié et de tissus mortifiés se détachèrent ; tout allait au mieux , lorsqu’un vaste phlegmon se forma dans la fesse droite , sur laquelle la malade reposait presque toujours. Il occasionna une fièvre intense ; bientôt une angine et une stomatite pultacées se manifestèrent , puis le phlegmon suppura abondamment. Pendant

et temps la plaie resta stationnaire . Le contact des excréments avait excorié ses bords ; la malade souffrait beaucoup Un pareil état me donna des inquiétudes ; mais peu à peu les complications disparurent. L’appétit revint : des aliments plus substantiels furent donnés; madame Benardeau se sentit alors plus foi te. Elle M quelques vents par l'anus , rendit même quelques matières atrrcorales au moyen de lavements.

Aujourd’hui (ü.'t mars , 15* jour de l’opération ) la plaie se rétrécit sensiblement , et quoiqu’elle serve encore de passage aux matières, il n’en est pas moins vrai qu’il en coule aussi un peu par l’anus. Des gax s’échappent par cet orifice, fréquemment et avec bruit, ce qui est d’un trèsbon augure.

Enfin , la mobilité de l’intestin au centre de la plaie , sa rentrée presque complète . dans certains mouvements, dans certains efforts de la malade, prouvent que les adhérences qui l’unissent au péritoine se relâchent, que leur tissu s’allonge , et que le moment où sa rentrée sera entière n’est peut être pas très-éloigné.

Hr flexions. — l.a hernie étranglée que je viens de décrire , me semble devoir fixer l’attention des hommes de l’art par rapport à sa marche et aux heureux résultats obtenus. J’ai traité bien des hernies , je n’en ai pas rencontré d’un caractère aussi insolite. Elle est une nouvelle preuve du danger qu’il y a à trop compter sur les ressources de la nature et à trop reculer le temps de l’opération.

Dans le fait , pour quelques cas où l’on voit la rentrée de l’intestin s’effectuer par le taxis , alors qu’on n’avait presque plus rien à espérer des moyens employés , doiton préconiser la temporisation prolongée au-delà des limites tracées par les grands chirurgiens? Pour réponse, je vais encore citer les paroles du professeur de Montpellier. Voici comment il s’exprime , à la page 363 de son Traité de la réunion immédiate : « Renonçons donc aux tenta- « tives trop souvent dangereuses de réduction , et la mé- « thode adliésive donnera encore des résultats bien plus sa- « tisfaisants. Ce n’est pas assez de réunir immédiatement la « plaie, il faut surtout opérer à propos : que de malheureux « la herniotomie n’eut-elle pas sauvés, si toujours elle eût « été pratiquée dans un moment opportun ! »

D’après cela, conçoit-on , lorsque la gangrène est à craindre , qu’il y ait aujourd’hui quelques patriciens qui veulent encore temporiser et qui proposent d’attendre du hasard une cure qu’une opération douloureuse , il est vrai, mais supportable , est presque sûre de procurer ?

Que celui qui ne veut pas s’armer du bistouri en temps convenable , cesse donc au moins de vanter une temporisation que j’appellerai alors funeste, qu’il s’empresse au contraire de le remettre en des mains expérimentées , au lieu de faire de vains efforts , pour saper le précepte d’opérer de bonne heure , précepte que le temps et l’expérience ont consacré.

Depuis que la Société médicale d’Indre-et-Loire a voté

l'impression île celle opération dans le recueil de ses travaux , la veuve Benardeau est décédée. Celle dame a eu l'imprudence de supprimer son cautère à mon insu. Quel* «pie» jours après, une fièvre «le résorption s'esl déclarée et sa violence a été telle , qu'elle y a succombé en soixante et ({uelques heures.

Il a été impossible de se livrer à des recherchas nécrop

impies

DOTHINENTÉRIE.

DR l/EMPLOI DU LA.UDA.NUM DANS LE DELIRE QUI SURVIENT A L.A DERNIÈRE PÉRIODE DE LA DOTHINENTÉRIE

Dans ces derniers temps les journaux ont préconisé l’opium dans le délire nerveux. Les heureux résultats de son administration m’ont conduit à l’employer dans le délire qui survient souvent à la dernière période de la dothinentérie. Les deux observations qui suivent prouveront que ce moyen n’est point à dédaigner ici , qu’il peut même rendre de grands services, lorsque tout semble désespéré.

1 Fièvre typhoïde du professeur Cliomel , putride , etc.

lr0 OBSERVATION. — I>e( ire compliquant une dothinenterie arrivée 4 sa dernière période.

Ha Jeune Mainguettc , âgée de 1 1 ans, demeurant à Tour», rue de» Anpes, est prise le 1CI mars 1H38, d’une doibinentérie.(>lle affection parcoure ses périodes d'abord d'une manière bénigne, puis s'aggra\e successivement et Unit par conduire la malade au dernier degré d’épuisement , et de marasme. Au trente-deuxième Jour de la maladie (1" avril) . elle parait être dans un état des plus fâcheux . Hile a un délire continu et cric sans cesse . Le docteur Bretonneau a fort bien caractérisé ces cris eu les qualifiant de braillements ; il suffit de les avoir entendus pour les distinguer de ceux de la méningite. Pour les calmer, ainsi que le délire, j’ordonne une potion composée de laudanum, 15 gouttes, et d'eau de tilleul 120 grammes. Administrée d'heure en heure, cette potion apaise les cris, procure du sommeil cl fait cesser le délire en 18 heures. Pour en prévenir le retour, la potion est continuée les jours suivants; puis un régime analeptique répare les forces de la jeune Mainguettc, et au grand étonnement de tout le monde, elle revient à la santé.

2« Observation. — Dothinentéric grave , avec délire

continu.

Mademoiselle Pharion , de Tours, logée place Victoire

n° 9, est affectée de dothinentérie depuis le 1er septembre 1840. Au vingt-cinquième jour, elle présente des symptômes adynarniques et ataxiques portés au plus haut degré. Le vingt-sixième elle perd connaissance dès le matin. Le délire est alors continuel. — Décubitus dorsal, traits altérés, dents fuligineuses, langue sèche, gercée, brunâtre, tremblottante. — Respiration peu accélérée, toux rare, pouls très vite, petit, parfois filiforme.— Chaleur âcre et brûlante. — Ventre tendu , météorisé. — Diarrhée. — Écoulement involontaire d’urine. Le soir cet état s’aggrave encore, face hippocratique. — L’œil gauche, est à demi ouvert, le droit l’est entièrement. Il est convulsé et renversé en haut. — Carphologie. Cet appareil de symptômes est si effrayant que la mort paraît prochaine ; cependant le délire, l’ataxie qui prédominent, me rappelent l’état de la jeune IYIainguettect me suggèrent l’idée d’administrer la potion qui m’avait si bien réussi pour elle. A dire vrai, j’étais loin d’en espérer un heureux résultat. — La potion est néanmoins administrée par cuillerée ordinaire d’heure enheure, à partir de 1 0 heures du soir. Vers 3 heures du matin l’agitation diminue. La malade tombe dans un léger sommeil , troublé seulement par quelques rêvasseries. A 8 heures du matin, je la visite. Le délire a cessé, le pouls est un peu relevé, mademoiselle Pharion ne chasse plus aux mouches, (signe que j’ai toujours vu être mortel). Enfin le mieux est sensible. Cependant la connaissance n’est pas revenue, continuation delà potion. Le soir, le mieux est plus manifeste. — La malade corn-

itfl —

nience à répondre aux questions qui lui sont adressées,

Même prescription. Kecotumaudalion de donner souvent du bouillon gras, bit de-poule.

Le viii|l huitième jour , le pouls prend de b force , il est moins fréquent (% pulsations). Mademoiselle l’harion e*t calme , elle cause avec les personnes qui b visitent. (Alimentation plus substantielle , tisanes nutritives, telles que. l’eau de riz, de gruau, etc.) Le soir on b change de lit, et l'on s’aperçoit alors que deux larges et profondes escarres occupent au moins le tiers interne de chaque fesse. Du reste, parla continuation d'un régime de plus en plus nourrissant, l'état de b malade s’améliore à ce point, que huit jours plus lard, elle est hors de danger. Sa guérison a été longtemps retardée par les plaies qui ont succédé aux escarres dont nous avons parlé. Enfln b cicatrisation s’est effectuée, et à présent mademoiselle l’harion jouit de b plénitude de b santé.

Inflexions.— L’on doit induire de ces deux observations que dans le délire qui survient aui dernières périodes des dothinenléries, l’on pourrait tirer parti de certaines préparations d’opium. ISe serait-on pas tenté, d’après cela , de comparer ce délire à celui qu’on observe dans quelques pneumonies (1) , à la suite de certaines fractures, des opé-

(1) Considération* thérapeutique* *nr le Mire nenreox et *nr *on traitement parle* opiacé*, par le docteur Padioiea» , médecin X Nantc*. Bulletin thérapeutique, page 346 , tome 28*.

rations (1) , et surtout au delirium tremens , où l’éiïicacité de l’opium est si manifeste, et cela avec d’autant plus de raison qu’il ne laisse aucune trace après la mort.

En réfléchissant aux bons effets du laudanum, dans les deux cas que je viens citer, et en les multipliant, on pourrait bien finir par reconnaître l’identité de ces divers délires et l’utilité du même traitement.

(I) Du Délire nerveux, par le baron Dnpuytren , leçons orales de clinique chirurgicale, tome l,r, article ix.

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