‹ Mémoires et observations cliniques de médecine et de chirurgieChapitre 4 sur 22 · I.es tampons retirés furent examinés avec soin ; ils · texte numérisé non relu

I.es tampons retirés furent examinés avec soin ; ils

avaient acquis un tiers en plus de leur volume primitif. Cette augmentation était évidemment due au sang et aux mucosités dont ils étaient imprégnés. On remarquait à leur surface des caillots qui s’étaient formés dans les anfractuosités des fosses nasales, où ils devaient sans doute suppléer le tampon en obstruant les ouvertures des vaisseaux capillaires.

J’ai déjà dit que le tampon hémostatique doit être disposé de manière à occuper toute la capacité des fosses nasales , et non l’ouverture antérieure seulement ; en cela il a beaucoup de rapports avec ceux des professeurs Pelletan et Abernetliy * ; mais la substance dont il se compose a l’avantage sur la charpie , dont ces derniers sont formés , d’être d’une seule pièce , spongieuse , plus élastique , par conséquent plus susceptible de se gontler et de remplir complètement ces cavités. Elle a, lorsqu’elle est roulée , une fermeté qui permet de l’introduire par le seul efTort de l’index et du pouce.

Lorsque, en l’absence du médecin, une hémorragie devient excessive , et qu’elle menace d’être mortelle , un moyen aussi inoflensif peut être employé par une personne adroite , tandis que cette même personne ne pourrait sans danger se servir d’instruments conducteurs , tels que portemèche, pince, sonde, etc., exigés dans les procédés des professeurs Lallemand et Abernetliy.

* Voyez page 02 et sniv. de la lrü liv. du Guide du Médecin praticien, par le docteur Valleix , tom. T , novembre 1841.

Je ne comparerai point ce procédé 4 celui du docteur llelloc (tamponnement antéro-postérieur), (pii ne doit être employé que dans les cas extrêmes; ni 4 ceux îles docteur» Miquel, Martin Saint-Ange et autres. Au reste, c'e^t au praticien 4 choisir , parmi tous les moyens compressifs que la science possède . celui dont il jugera l’application plus facile et les elTels plus sûrs.

Au mois de mai dernier , la itazclU tnrtiicalr a rendu compte et a fait l'éloge d'un mémoire du docteur Calvy.de Toulon , sur l'emploi de l'éponge préparée contre l’épistaxis. I.e procédé qu'il indique u beaucoup d'analogie uvcc relui du professeur Abernetby. Il en diflere seulement par la substance dont il se sert pour former son tampon : c’eal l'éponge préparée au lieu de la charpie. Tout en reconnaissant frs avantages de l’éponge préparée sur la charpie , je pense que l'amadou mérite la préférence sur ces deux substances, parce qu'il est d'un (issu plus doux , et que son contact avec une surface muqueuse est moins irritant ; parce qu'il ne se gonlle pas outre mesure comme l'éponge , et qu’il n’acquiert qu’un volume modéré qui permet d’en faire l’extraction au bout de vingt-quatre heures. L'éponge préparée devient quelquefois si gonilée , qu'elle comprime trop fortement les cornets, qu’elle dilate douloureusement les parties mol les, et que souvent elle ne peut être extraite qu’au bout de quelques jours, ce qui devient tres-génant pour le malade. Cependant , pour éviter , dans les tentatives d’ex-

traction , le retour de l’hémorragie , il est prudent d’attendre ce laps de temps. Enfin, l’amadou se trouve partout ; on en peut faire un rouleau instantanément, tandis que la confection d’un cylindre d’éponge exige, au préalable, la préparation de cette dernière , et si l’on n’a pas eu soin de s’en prémunir , il en résulte une perte de temps qui peut être préjudiciable.

Quoi qu’il en soit de ces différences, l'initiative appartient au docteur Calvy. Ses observations n’ont pas la priorité de date sur les miennes, il est vrai, mais elles ont celle de l’impression. Je ne produis donc les faits ci-dessus que pour donner une preuve de l’efficacité de l’amadou. Son application est facile , et il arrête d’une manière prompte et sûre l’écoulement du sang. J’en ai fait usage pour la première fois en 18*24 ; depuis, j’y ai eu recours bien souvent.

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