‹ Mémoires et observations cliniques de médecine et de chirurgieChapitre 5 sur 22 · POUR ARRÊTER L’HEMORRAGIE OCCASIONNEE PAR LA MORSURE DES SANGSUES · texte numérisé non relu

POUR ARRÊTER L’HEMORRAGIE OCCASIONNEE PAR LA MORSURE DES SANGSUES

L'hémorragie qui provient de la morsure des sangsues cesse promptement par l’usage du moyen suivant :

On prend un mélange de six parties d’huile d’olive et de deux à trois environ de cire jaune* ; on en forme une espèce de boulette que l’on applique rapidement sur cha-

* tt non d’une partie de cire , comme on l’a inséré par erreur dans le Recueil de la Société médicale de Tours, année 1843 ; dans le journal V Expérience , n° 363, 8e année , el le Journal de médecine et de chirurgie pratique, art. 2,858.

que piqûre , après avoir essuyé avec soin la sans qui en sort; condition essentielle , car le moiudre liquide interposé entre le topique et la peau nuit à l'agglutination.

Avec le doigt, on étend le pourtour de cette espèce de boulette sur la peau, alin de favoriser son adhésion. Si cette adhésion n’a pas lieu, et si le sang continue à couler, on ajoute une quantité suffisante de corps gras. Il en résulte une couche qui recouvre toutes les piqûres, et dont l'épaisseur doit être d'un centimètre au moins.

Si les circonstances thennométriques rendent le mélange trop mou , on augmente sa consistance avec de la cire , ri tore vend.

Après avoir laissé cette couche à découvert assez de temps pour espérer que l'hémorragie ne reparaîtra pas, on pose dessus un morceau de linge (in. Tout appareil compressif est inutile.

C.e mélange agit ici en obstruant l’ouverture de la plaie , et donne par là au sang le temps de se coaguler. De celte manière , il arrête ces hémorragies quelquefois si dangereuses chez les enfants et chez les sujets dont le sang est très- fluide. Lotir persistance e>t parfois telle que plus d'une célébrité médicale s'est trouvée fort embarrassée pour y mettre fin.

Dans «les cas de ce genre, on est souvent obligé, après avoir employé en vain les remèdes ordinaires, de recourir aux caustiques , ou , même , a un bouton de fer rougi à blanc, moyens très-efficaces, sans doute, mais qui ne lais-

sent pas que d’être effrayants et douloureux; au lieu que celui que je propose est d’une innocuité parfaite, exempt de douleur et facile à se procurer.

La première fois que je l’ai employé (5 mars 1838), c’était pour le jeune Tressé, âgé de quatre ans, demeurant à Tours, faubourg La Riche, rue Sauvage, n. 2. Cet enfant était atteint d’une violente pleurésie. Pour la combattre, dix sangsues avaient été appliquées sur le côté droit du thorax. Le sang coulait avec abondance. Quand on voulut l’arrêter , on ne put y parvenir ; tous les moyens mis en usage échouèrent ; cependant, l’enfant s’affaiblissait beaucoup. La petitesse du pouls, la pâleur du visage, le refroidissement du corps faisaient craindre une issue funeste. Dans ce danger extrême, il me vint à l’idée d’étendre sur chaque plaie essuyée une boulette d’un corps gras ; et , comme je ne pouvais disposer à l’instant que d’une sorte d’encaustique composé de cire et d’essence de térébenthine , destiné à cirer les meubles , j’en appliquai une couche épaisse , au travers de laquelle le sang ne put transsuder. L’hémorragie cessa aussitôt.

Depuis cette époque , et chaque fois que je me suis trouvé dans la nécessité de parer à un accident de cette nature, j’ai fait usage du mélange de cire et d’huile, et. à son défaut, de corps gras, tels que le beurre, le suif ramollis ou la graisse, et je m’en suis bien trouvé. Il est utile que les corps gras aient la consistance de ce mélange. Trop mous, ils pourraient se liquéfier et ne pas adhérer; trop

fermes , il* pourraient être grumeleux, et présenter quelque* Assure* par où le sang ne manquerait pas de s'échapper, ce qui s'opposerait à l'adhésion,

DE PERICARDITE AVEC ÉPANCHEMENT. — APPLICATION MUL- TIPLE DE N ÉSICATOIRES VOLVNTS. — GUERISON.

I,r Observai ion. — La veuve Victorine Prouteau, âgée de trenle -cinq ans, d’une forte cowplexion , cuisinière chez M. Luzarche fils, avait eu, dans le courant de juillet 1841 , sur le visage, sur la poitrine et sur les bras une éruption dont la nature n’a jamais pu être bien déterminée. Impatiente d’en être débarrassée, elle consulta un médecin. Les remèdes qu’elle prit firent disparaître en peu de temps celte éruption ; mais , dès ce moment , il se manifesta de l’oppression et des palpitations. La malade n’en tint pas

compta d'abord, et crui devoir les attribuer aui émotions éprouvait fréquemment par suite de l'état désespéré île sa jeune maîtresse Du rest«- , elle n’en vaquait pas moins à ses occupations. Klle faisait des marches assez longues, montait fréquemment un escalier. Lorsqu'elle arrivait au haut, elle avait un grand easoiifllement, ees forces étaient épuisées Son courage lui lit supporter longtemps toutes ces incommodités avant de consulter un homme de l’art; enfin , poussée à bout , elle réclama mes soins.

Lorsque je la visitai LH» février I H4*J ) , je fus frappé de la dyspnée eitréme qu’elle ressentait La toux était fréquente et sèche. Mes investigations se dirigent tout de suite vers l’appareil respiratoire. Du cAté droit de la poitrine on entend le murmure vésiculaire , et la percussion donne un son clair. Vers b partie moyenne du poumon gauche, il existe un peu de râle sous crépitant, et çà et là un peu de râle muqueux. La sonorité est moindre dans ce point. La matité est complète dans la région précordiale. Les battements du cœur sont peu perceptibles ; cependant, en écoutant avec attention, on reconnaît qu'ils sont viles, petits. déprimés et parfois irréguliers. Sur les neuf à dix heures du soir, la chaleur de la peau s'accroît, la soif devient très-vive; l’oppression est alors plus grande, la toux continuelle est sans expectoration. Dans certains moments du jour , les pommettes rougissent un peu, et la chaleur devient très-prononcée ; en un mot, la fièvre est continue. Il y a un léger paroxisine le jour, et un autre

plus marqué la nuit. Ces symptômes décèlent une péricardite chronique avec épanchement.

Cette affection, au point où elle était arrivée, exigeait de prompts secours ; au deuxième paroxisme , la dyspnée était si grande, qu’elle allait jusqu’à faire craindre la suffocation. 11 fallait donc agir; les moyens ne manquaient pas sans doute, mais tous étaient incertains. M. le docteur Bretonneau avait aussi vu la malade, il avait également constaté la péricardite chronique et l’épanchement, et il en avait signalé le danger. Voici sa prescription : deux sétons sur la région précordiale et des pilules composées d'antimoine diaphorétique et de digitale. La malade opposant une résistance invincible à l’emploi des sétons, je me décidai à lui appliquer un large vésicatoire sur cette région; il produisit une vive irritation à la peau et une vaste ampoule. 11 résulta de cet effet une diminution notable de la fièvre, de l'oppression et de la toux. Trois jours après, (2tl courant), aussitôt que l’épiderme fut renouvelé, un second vésicatoire est appliqué sur le môme point. Amendement encore plus notable , résorption d’une grande partie du liquide épanché. La poitrine devient sonore dans divers points où la matité avait été jusqu’ici très-prononcée. 11 n’existait plus qu’un peu de fièvre, de toux et d’oppression. Une pareille amélioration donnait les espérances les plus grandes de guérison.

Malgré ma recommandation expresse, la malade n’a pris que fort inexactement des pilules prescrites. On ne peut

•loue croire* qu elle# soient pour quelque chose dan# le mieux qui #’e#l manifesté ; c'ait assurément aux i Giratoire* vola ii u qu’il faut l'attribuer. Dan# cette opinion, je n'hésite pa* À poser, huit jour* plu* tard, un troisième vésicatoire. toujours sur le mémo point, dès que l'épi derme est assez refait pour en supporter l'application.

Ce troisième vésicatoire produisit un excellent effet et détermina la convalescence. Elle fut, il est vrai, traversée par quelques accès de lièvre intermittente ; mais le sulfate de quinine en lit prompte justice Un bon régime, des soins hygiéniques bien entendus consolidèrent la guérison. Quelque temps après. ‘26 mars , la veuve l 'rouleau partit pour le Item; elle n'éprouvait plus alors d'oppression; les battements du coeur s'entendaient bien , ils étaient naturels.

*2* Observation. — Dans le cours de l'automne dernier, je fus chargé, par l'administration de l'hôpilil-général de Tours, de remplacer par intérim le médecin de service. Parmi les malades que j'eus à traiter, se trouvait la fille Angélique Goulet , affectée d’un rhumatisme articulaire goutteux. Cette fille. Agée de dix-neuf ans. est petite, mais bien constituée. Chez elle, le rhumatisme avait débuté d’une manière intense; il était très-mobile, très- douloureux ; il parcourait rapidement les articulations. Il ne tarda pas à se jeter sur la séreuse du péricarde, et à y produire une inflammation et un épanchement qui furent aussitôt combattus par trois saignées de bras, quinze sangsues et un vé-

sicatoirc volant, placés loco dolenti A la suite de ce traitement, la douleur et l’épanchement disparurent. Mais la poitrine , percutée et auscultée alors dans les régions antérieures , donne le son et le murmure vésiculaire normaux ; il n’en est pas de môme dans les régions postérieures: on entend, de la manière la plus distincte, des deux côtés, de l’égophonie et du souille tubaire. La matité est très-étendue. La malade a une dyspnée extrême, une toux fréquente et écourtée. L’expectoration est très-rare et nullement sanguinolente. Cependant le rôle crépitant de retour, qui a été perçu plus tard, a prouvé que les couches au moins les plus superficielles des poumons avaient été hépatisées , et que le souille tubaire n’était pas entièrement dû à leur compression par le liquide épanché , comme d’abord j’avais été porté aie supposer.

La teinture de colchique et l’antimoine diaphonique sont administrés, et, dans l’espace de huit jours , six vésicatoires volants sont successivement posés , là où il existe de l’épanchement.

Par cette médication, les symptômes diminuent d’intensité. Cette intensité avait d’abord été telle , que j ’avais porté, en présence des étudiants qui suivaient ma visite , le pronostic le plus fâcheux sur l’issue de cette maladie remarquable par ses complications. Cependant, au moment où je quittai le service, l’état d’Angélique (ioulet s’était amélioré , et permettait d’espérer la guérison.

Plut lard , Us kermès a été administré à doses réfractées , ri la convalescence a Üui par se déclarer.

tlrflcj tons. — - Les résultats de celle médication, que j'ai employée dans plusieurs circonstances pareilles, m'auionsenl à insister sur le point de thérapeutique suivant : pour assurer la résolution des plileguiasirs chroniques et particulièrement des épanchements séreux , on doit tenir compte des dimensions des vésicatoires, de lu force, de la durée de leur action vésiraote, et surtout, du nombre d’applications qu'il est utile d'en faire.

Sans doute , ce point de thérapeutique a été élucidé avant moi , mais j’y reviens parce que je le crois de la plus grande importance. Telle affection qui résistera à une seule application de vésicatoire cédera à une deuxième ou à une troisième, etc. En effet, le deuxième ou le troisième vésicatoire agira souvent plus que le premier , parce que l'épiderme aminci donne plus de prise à la vésication, l'afflux des humeurs devient alors plus considérable et le dégorgement des parties malades plus complet.

Dès que l’épiderme est renouvelé , on doit faire une autre application et continuer ainsi, à chaque renouvellement d épiderme, jusqu'à parfaite résolution des parties engorgées, ou du liquide épanché. Dans ces cas-ci, les effets des vésicatoires volants sont admirables. Je pense que leur action ainsi comprise deviendra une arme encore

plus puissante entre les mains des hommes de l’art. On se borne trop souvent à une seule application , et par ce motif on n’obtient pas les résuit ‘ts que l’on pourrait espérer de [plusieurs. On l’a dit avec raison, ce n’est pas le médicament qui fait tout , mais bien la manière d’en faire usage.

OBSERVATIONS DE MENINGITE.

EMPLOI I)E L’EMPLATRE STIB1É. — GUÉRISON.

Comme beaucoup d’autres affections , la méningite chronique s’enveloppe de tant d’obscurité qu’elle peut échapper aux investigations d’un œil même très-exercé. Les maladies du cerveau et de ses dépendances sont sou vent l’écueil de la médecine : aussi les hommes de l’art ne sauraient trop indiquer les signes qui les leur font reconnaître , et par quels moyens ils obtiennent des succès.

Je vais, pour mon compte, citer deux faits de méningite chronique des plus intéressants , terminée par la guérison.

lre Observation. — Marie Chesnon , du Petit-Saint- Paillé , commune de Saint-Symphorien-extrà , près Tours,

âgée de 10 ans , «‘prouve pendant la visite que je lui fai* le 1 1 avril in:t‘J , des mouvements convulsifs qui ont quel que chose de spécial. O ne sont là ni les convulsions provoquées par un travail de dentition , ni celles dites épileptiformes , ni l’éclampsie que l'un voit souvent chez les enfants , ni les attaques de nerfs des femmes d’une constitution iriitahle, etc. Il y a ici quelque chose d’insolite qui doit frapper l’observateur et le conduire à certaines recherches sur le» causes de cet état singulier. Le genre de convulsions dont la malade est affectée , et «pie nous appellerons crise , ae renouvelle pendant notre visite , de cinq minutes en cinq minutes : les mouvements convulsif» s'exécutent «le «Iroile et de gauche avec une gramle force *•! une grande rapidité. Ils durent environ une minute ; c'est surtout dans la tête et «lans le tronc qu'ils se passent, puis par une contraction prononcée des muscles, l’une et l'autre, parties sont renversées en arrière et restent quelque temps dans une roideur tétanique à laijuclle succède un relâchement gradué des muscules. Marie Chesmm reprend alors connaissance, et tout rentre dans l’ordre Pendant le temps «les différentes crises qu'elle eut en ma présence , je l’observai attentivement; et ne découvrant pas les caractères des affections nerveuses «pie je viens d’énumérer , je reportai ailleurs mes investigations.

Cette enfant était pâle, très-amaigrie ; l’expression «le sa physionomie indiquait la souffrance ; son corps était brûlant , le pouls avait de la vitesse, la langue était un

peu rouge à la pointe. Une phlegmasie chronique expliquerait bien , pensais-je , cet ensemble de symptômes. Où devais-je la chercher? Dans le crâne , dans les enveloppes du cervelet. A chaque crise, la tête de l’enfant se rejetait fortement en arrière. Ce mouvement m’avait porté à croire que la phlegmasie devait plus particulièrement exister dans les enveloppes du cervelet. Je ne voulus cependant pas formuler une opinion avant d’avoir remonté aux causes premières de cette maladie.

Marie Chesnon , six semaines avant de tomber dans un état si extraordinaire, avait été plongée (1er mars 1839), subitement et contre sa volonté , dans l’eau froide. La frayeur que lui causa un pareil acte de violence avait été grande; ses parents conçurent des craintes sur les suites de la vive et pénible impression qu'elle en avait ressentie. Ils regardèrent donc ces craintes comine justifiées, lorsqu’un mois après ( 30 mars ) apparut, sur le corps de leur enfant, une éruption de taches rouges que la fièvre et un mal de gorge accompagnaient. Cette éruption disparut plus vite que ne le fait celle de la scarlatine. Pourtant les symptômes de cette affection étaient manifestes , et la disparition rapide des taches m’expliqua leur répercussion sur les méninges du cervelet. Eclairé par ces antécédents, je ne balançai pas à attribuer à cette répercussion les mouvements convulsifs qui se déclarèrent quelque temps après. Mon opinion bien arrêtée sur ce point, je n’avais plus qu’à rechercher la meilleure

médication à employer. Déjà reniant avait été traitée par plusieurs médecin*, et le* remède* prescrits n'avaient produit aucun effet. Quoi qu’il en fût, en présence d’une maladie aussi {{rave et des dilllcullés qui semblaient s'opposer à la guérison , je ne me décourageai point ; j’eus recours aui moyens suivants (15 avril) : un très large emplâtre saupoudré de tartre stibié (4 grammes) est posé sur le sommet de la tête , de petits vésicatoires sont mis aux jambes ; tisanes adoui issantes. Trente six heures n'étaient pas encore écoulées que Marie Uhesnon se plaignait de douleurs intenses au cuir chevelu. — Kn même temps les mouvements convulsifs perdaient de leur fréquence, ils n'avaient plus lieu que d’heure en heure ; deux jours après l'application de l'emplâtre , ils avaient cessé. De temps à autre, l'enfant éprouvait encore un peu de roideur générale ; il s’en suivait , à la vérité , une perte de connaissance, mais en quelques seconde* tout cela disparaissait.

Le quatrième jour (i‘J courant), de nombreuses et grosses pustules soulèvent un peu l’emplâtre , et déjà le pus coule abondamment. Un gramme de jalap en poudre est administré et provoque plusieurs selles , les vésicatoires sont supprimés.

Le huitième jour, plus de roideur, plus de perte de connaissance : Marie Chesnon jouit de toutes ses facultés, il ne lui reste que beaucoup de faiblesse et la souffrance occasionnée par les pustules , dont la suppuration deven ne

très abondante , ne se supprime qu'au bout d’un mois (15 mai). A cette époque la jeune malade avait de à repris de l’embonpoint , elle était en pleine convalescence. Elle jouissait d'un grand appétit. Le traitement avait commencé le 15 avril 1839, elle vint me remercier de sa guérison, le 10 août suivant.

Réflexions.— Il arrive quelquefois que l’on attribue au traitement ce qui est dû aux efforts de la nature; mais ici, en présence de médications variées , puissantes, auxquelles la maladie avait résisté , on ne peut s’empêcher d’admettre l’action curative de l’emplâtre stibié. Cette action a été prompte ; en 48 heures est survenu un mieux qu’on n’osait plus espérer. Il n’est pas possible de l’attribuer aux petits vésicatoires des jambes ; on ne peut vraiment les regarder que comme des agents auxiliaires. Le mérite de la cure repose donc sur l’emplâtre stibié. Les effets de cet emplâtre sur le derme ne sont-ils pas autrement énergiques que ceux du vésicatoire, et bien plus durables ? Ce ne sont pas seulement les couches superficielles du derme qui sont affectées , le derme lui-même tout entier, le tissu cellulaire sous-jacent participent de l’inflammation. Les pustules que le tartre stibié fait naître, n’ont-elles pas la plus grande ressemblance avec des turoncles. Multipliées, agglomérées, elles doivent avoir une force d’attraction capable d’appeler un afflux considérable de liquides et d’humeurs dans les régions de la peau qu’elles occupent. On conçoit qu’une dérivation de cette

nature puisse encore être d’une grande ressource dans certaines maladies, lors loèuie que beaucoup d'autres remède* ont échoué. Ainsi dans les plilegiuasien de la poitrine, notamment dans les catarrhes chroniques, celle médication est souvent heureuse.

hulhi pour donner plus de poids à l'observation que je viens de citer , je vais eu rapporter sommairement une autre, ou l'emplâtre Milné, employé en désespoir de cause, a également eu un plein succès.

‘i Obiervation . — Julie («rnsbois, de Tours (rue Abrasé), âgée de ‘J ans, d’un tempérament nerveux , d’une constitution faible, ressent, le Ifi avril 1840, un violent mal de tête ; elle fait entendre des cris plaintifs, prolongés et souvent répétés. Os cris ont quelque chose de caractéristique qui donne à penser qu’ils appartiennent à la méningite ; en effet , il suffît d’avoir entendu une fois les cris propres a cette affection pour ne plus s’y méprendre; Le pouls, au-dessous de son rhylhme habituel, n'est qu’à Ml pulsations par minute. La peau est sèche, un peu brûlante, yeux caves, traits détirés, teint pâle . un peu plombé , agitation , insomnie , inappétence , vomissements fréquents, langue blanche au milieu, rouge à la pointe, (les symptômes suffisent pour mettre sur la voie d'une affection cérébrale ; il n’y a pas à en douter. Pendant 3 jours consécutifs un traitement énergique et approprié est mis en usage. J’insiste particulièrement sur l’application des sangsues derrière les oreilles, sur le calomel, à doses ré-

fractées, sur les vésicatoires aux jambes. Aucun résultat avantageux n'est produit par cette médication. Il était réservé à l’emplâtre slibié de dissiper le cruel mal de tête dont la continuation ne se révélait que trop par les cris répétés de l’enfant. Dès que deux emplâtres stibiés placés, l’un au sommet de la tête, l’autre à la nuque , eurent fait développer des pustules, il cessa pour ne plus revenir. Julie Grosbois n’accusa plus d’autre souffrance que celle qui provenait de l’inflammation du cuir chevelu et de la peau du cou. Les accidents cérébraux avaient complètement disparu.

Des ulcérations étendues succédèrent aux pustules, elles durèrent longtemps et déterminèrent des accès de fièvre , évidemment dus à la phlogose assez profonde des parties affectées et à la résorption d’un peu de pus. La cicatrisation fut longue à se faire , parce qu’une grande partie du derme avait été détruite. Il est donc important de tenir compte de la dimension des emplâtres, du lieu où on les applique , et de n’en faire usage que dans les cas extrêmes , puisque la cicatrice qui en résulte est indélébile , et que les poils ou les cheveux n’y repoussent pas.

Mon but , en décrivant ces deux observations , est d’ajouter aux faits contenus dans le Bulletin de Thérapeutique, où l’on trouve (tome 9, 1835), une note de M. L. Constant, sur l’emploi du moxa et du cautère , dans le traitement de l’encéphalite et de la méningite chez les enfants.

Cet auteur dit (pages 304, 305). : «L’emploi du moxa et

•lu cuillère dans le traitement des maladies cérébrales, n’est pas nouveau Le premier (pii ait appel»1 l'attention dea praticiens sur ce moyen thérapeutique est le docteur Trury, de Marseille , qui consigna , il y a ‘20 ans environ , dans le Journal de Mrdcrine , deux observations d'hydrocéphale idiopatique , où le cautère actuel fut employé avec >uccès â une période avancée de la maladie. A ces faits le docteur Valentin de \ancy en joint quelques nouveaux dans son traité sur I f itton du crâne Plus tard Mongenot et \ y sien . médecins k l'hopit.il des enfants, firent également usage du moxa et du cautère. Smith , dans son traité de I Hydrocéphale des enfanta, publié à Londres en 1 H 1 4 , recommande la cautérisation du ainciput à l’aide d'une pommade caustique dont il renouvelait l'application toutes les douze heures , etc

M. le docteur Durr , médecin de liait . vient de publier, dans les journaux allemands, un travail sur le même sujet; ce praticien se sert aussi du cautère potentiel , etc., etc. <•

Si j’ai employé ici de préférence l'emplâtre stibié, c’est parce que j'en ai fait usage dans diverses maladies; c’est parce que j’ai l’habitude de son action et de ses effets , plus prompts chez les enfants dont la peau est très-fine , que chez les grandes personnes ; c’est aussi parce qu’il n’a rien d'effrayant pour les parents . dont la tendre sollicitude s’oppose souvent à l’emploi de moyens qui leur inspirent de l’elTroi , tels que le moxa , le cautère actuel, etc.

d’un SPHACKLE DE PLUS DES DEUX TIERS INFERIEURS DE LA JAMBE DROITE. — AMPUTATION. — GUERISON.

Burochin , demeurant près la Colonie de Mettray , âgé de 14 ans, est pris d’une angine vers la mi-avril 1842. Quelque temps après, il ressent des douleurs articulaires. On observe dans les parties affectées de la tuméfaction et de la rougeur qui disparaissent assez vite , et il leur succède un gonflement œdémateux des extrémités inférieures ; des vésicatoires y sont placés. On fait inutilement l’essai de plusieurs remèdes diurétiques : l’œdème augmente , il survient une anasarque générale.

Quelle avait pu être la cause première de ces accidents? Probablement la scarlatine. Lors de l’apparition de

l'angine, celle maladie régnait épidémiquement dans la localité ; il est dune présumable <jue la nature intime de c eiii» angine lenait du principe scarlatineux , et que celle succession «le phénomènes morbides en «‘tait la couséquence. Quant à la constitution du sujet , elle était bonne; jusque-là Hurocliin avait joui d'une santé parfaite. Du r«*ste , il était assez fort et d'un tempérament sanguin.

Pour «pie ma narration frtl plus explicite , j'avais be soin «le faire connaître les symptômes par lesquels la maladie grave que je vais décrire avait débuté. Ces symptômes , loin «le diminuer , allaient toujours en augmentant ; un accident «le la plus grande gravité vint encore s’y joindre. Des «leux vésicatoires mis aux jambes, l'un se couvrit d'une tache livide . brunâtre ; il se manifesta de la douleur à la jambe droite , dans ses deux tiers inférieurs ; le gontlement et la dureté des tissus compliquèrent l'œdème. La peau prit rapidement un aspect violacé, puis elle devint froide , insensible ; ce froid et cette insensibilité frappèrent de crainte l'homme «le l’art qui , jusque-là, avait traité le jeune Burochin. I ne consultation ayant été décidée , je fus invité à m'y trouver (7 mai 1842).

Le résultat «le l'examen que je Ils des parties malades, vint à l'appui des sinistres présages de la famille éplorée. Les symptômes, «iont j'ai fait l'énumération, avaient acquis le plus haut degré d'intensité. Je n'eus «juà constater un spbacèle «les «leux ti«*rs inférieurs de la jambe. Je prescri-

— fil

vis les remèdes qui peuvent rappeler à la vie une partie frappée de stupeur ; — ceux aussi qui peuvent borner les progrès de la gangrène. Pendant trois jours de suite , je remarquai que celle-ci restait stationnaire ; mais , dans cet intervalle (iü courant), j’eus à lutter contre les autres accidents, qui avaient acquis un tel degré de gravité, que je ne pus m’empêcher de penser que la mort allait bientôt mettre fin à ce déplorable état de choses. Le pouls était d’une vitesse et d’une petitesse extrêmes : il y avait un épanchement de sérosité dans les cavités du péritoine et du péricarde , une tension douloureuse du ventre , une anxiété et une douleur précordiales très-fortes, une dyspnée si grande, qu’elle allait parfois jusqu’à faire craindre la suffocation ; enfin les lèvres étaient un peu cyanosées. Dans une pareille occurrence , j’eus recours à des diurétiques et à des dérivatifs énergiques. Peu à peu les symptômes s’amendèrent , et l’amélioration parut assez sensible après quelques jours de traitement (15 courant), pour faire concevoir des espérances de guérison.

Le sphacèle de la jambe , au contraire , devenait de plus en plus apparent; déjà l’épiderme formait de larges phlyctènes, la sérosité qui s’en écoulait était jaunâtre, l’odeur caractéristique de la gangrène s’exhalait fortement; tous les tissus, frappés de mortification, présentaient une teinte noirâtre; ils commençaient à se ramollir; une fonte putride générale était donc imminente. Pour la prévenir et donner au mal le temps d’arriver à des conditions favora-

bleu à 1‘ imputation , l'imaginai de momifier les parties gangrenées; j’eus recours, pour cela, à la solution Gannal. (Chlorure do soude fit» grammes, alun , et nitrate de potasse 60 grammes, eau bouillante I kilog.)

Par l’usage île cette solution , l'odeur gangreneuse se dissipa presque aussitôt L’on appliqua sur la jambe des compresses qui en furent souvent arrosées. Dès lors, les tissus se raffermirent de manière à donner h la partie inférieure du membre l’aspect d’une momie. Déjà un cercle inflammatoire s’était établi au point où la gangrène était bornée, un travail d’élimination commençait Dans tout autre circonstance , on eftt pu penser que le moment de pratiquer l'amputation était arrivé (Quinze jours s'étalent écoulés depuis ma première visite ('JS courant), mais l’anasarque , quoique diminuée , imbibait encore tous les tissus , la fièvre existait toujours. Il y avait du mieux ; ce mieux offrait , il est vrai , des chances de guérison ; mais, eftt-il été prudent de les compromettre par une amputation précipitée? \on, sans doute ; c’était du moins mon opinion. Comme elle pouvait être controversée , et que sous ce rapport les auteurs ne sont pas d'accord , je la soumis à MM. les docteurs Moreau et \nglada, qui la partagèrent; l’opération fut donc différée. J’attendis, sans négliger pourtant les moyens qui pouvaient remettre le malade dans de meilleures conditions. Après dix-sept jours de soins les plus assidus , il était dans l’état suivant : expression de la physionomie assez bonne , pâleur de la

peau, légère bouffissure du visage; le liquide que contenait l’abdomen a presque entièrement disparu : les parois en sont encore infiltrées. Le membre pelvien gauche est sans œdème, il en reste toujours au droit La respiration est normale. Le matin , le pouls a peu de fréquence, le soir il est fébrile. Depuis quelques jours la faim sc prononce , elle a besoin d’être satisfaite ; le travail éliminatoire a opéré une séparation complète des parties vivantes et des parties mortes. La ligne de démarcation a, dans certains endroits, au moins trois centimètres ; le tibia et le péroné y sont à découvert ; on aperçoit aussi les artères et les nerfs. La résorption des liquides de mauvaise nature que l’on avait redoutée dans le principe , n’est plus à craindre aujourd’hui ; mais la fièvre hectique et l’épuisement dans lesquels la suppuration allait faire tomber le malade , ne permettent pas , ce me semble , de reculer davantage l’époque de l’opération. C’est pourquoi je me rends auprès du malade , avec le docteur Anglada et deux' autres hommes de l’art , MM. Vincent et Desmoulins. Après avoir délibéré sur l’opportunité de l’opération , et étant unanimes sur les graves inconvénients qu’il y aurait à la retarder , nous nous décidons à la pratiquer sur-le-champ (10 juin 1842).

Toutes mes dispositions étaient faites à l’avance. Avec 1 assistance de ces Messieurs , je procédai immédiatement à 1 amputation , suivant la méthode circulaire. Ln trois

minuit .s . i l. niir , l.i jambe i. .mita . il ne , ,,„|a .jn. t,,.* P®u *•»»£ veineux. Une particularité qui mérita d'être signalée , c'est qu'il n'y eut pas de jet de sang artériel. 1,‘aitle qui uvaù bien voulu se charger de la compression, la cessa; h* résultat fut le uiéiue; point de jet artériel. Je I attendis vainement. Je fus obligé de chercher Tarière tibiale k travers les rameaux du nerf qui Taccompagne. Son calibre me parut rétréci. Dans la ligature que j’en fis , j'apportai le plus grand soin à ne pas lier ce nerf'. I.a tibiale antérieure et la péronière échappèrent à nos recherches réitérées. Cette absence d'hémorragie mérite d être notre. (Quelles pouvaient en être

' Cette jambe , remarquable par m>ii élal de momification , a été dépoté* au cabinet d'anatomie pathologique do I" Renie préparatoire de médecin* il* Tour*

1 Ko ISîJ, riant premier interne a l'hdpilal-géorral de Tours, je lia ('amputation d* la jambe droite du sieur Hni, marron Ih>u. Ii.-r , pla.é su n- IS delà aalle d- 17. M. ***, chirurgien-adjoinl , rompril par tm-gardr , dan* la ligature , le nerf el Tarière tibide. I»e* arrideula grave» a e déclarerenl peu de lenq* après. A une vise douleur *e joignirent de* aoubresauta dans le moignon . une lièvre Inleuae , du délire. Lorsque la plaie suppura, elle fo.irnil un pu* Irhoreiii ; ce* aymptome» ac dissipèrent assez prmsptcmenl , la guérison eu fut a peine retardée Cependant, ou a vu quelquefois cens -ci devenir ai Intenaea, qu'on doit tenir compte de tour gravité, et éviter soigucutcttcal la ligature dea nerf*; lea auteur* s’expliquent tmp positivement à ce sujet pour que j'en dise davantage.

Lea médecin*, le* chirurgien* de l'établissement et le* étudiants, au nombre desquels *e trouvait >1 f rousseau, k présent professeur à la (-'acuité de médecine de Pari», assistaient à celle ampulation.

les causes ? L’air, en frappant subitement les parois des vaisseaux, les avait-il tellement crispées, qu'une suspension prolongée de l’hémorragie en ait été la conséquence ? ou , plutôt , l’inflammation qui s’était déclarée dans les tissus vivants, avait-elle atteint les artères? ou, enfin , une artérite primitive , en déterminant l’oblitération de toutes les artères de la jambe , n’avait-elle pas été l’origine des accidents inflammatoires et du sphacèle ? Ici la question est complexe et difficile à résoudre. Voici mon opinion à ce sujet : l’absence d’hémorragie m’a paru venir de l’oblitération des artères , et celle-ci , de l’inflammation qui avait affecté les tissus vivants pour les séparer de ceux qui étaient gangrenés.

Après avoir cessé la compression , j’ai suspendu le pansement pendant une demi-heure, parce que je redoutais une perie de sang. Cette crainte s’explique tout naturellement : j’avais amputé à six centimètres au-dessus de la ligne de séparation établie par la nature , afin d’avoir un lambeau plus régulier et d’obtenir la réunion par première intention ; je ne pouvais me reposer sur l’adhésion des parois des vaisseaux à ce point un peu éloigné du centre de l'inflammation ; je devais donc me défier d’une hémorragie. Cependant elle n’a point eu lieu, et par là l’oblitération des artères s’est trouvée démontrée.

Enfin , du moment où je fus persuadé de cette disposition , je procédai au pansement ; j’eus recours à la réunion immédiate , au moyen de bandelettes agglutinatives; puis,

uj»rt*ü avoir pria toutes 1rs précautions indiquées en par»»il ras , mes confrères et moi, nous quittâmes le malade.

Le premier appareil fut levé au bout de quatre jours ( 14 juin). Il n'y eut pas d'écoulement de sang et peu de suppuration ; au *2r pansement ( fi' jour de l'opération ), la réunion immédiate inr parut établie dans tous les points , sauf dans le voisinage des ligatures, qui tombèrent le H jour de l'opération. A chaque pansement, il s'écoulait, de l'endroit où elles étaient placées, un peu de pus ; là, seulement l'appareil en était tarbé. Le VJr jour , l'appétit commence à ae manifester ; la bouffissure du visage , l'œdème des extrémités ont entièrement disparu. La lièvre a beaucoup diminué , l'état du malade est trèssatisfaisant. Chaque jour il prend un peu plus de nourriture ; on le met pendant quelques heures dans la cour sur un coussin. Knfln le 30* Jour (*2 juillet), la guérison est complète, et la cicatrice i»sl solide. Il reste au jeune Iturorhin beaucoup de faiblesse et de maigreur, mais il a une faim dévorante. Deux mois après l’opération (10 août) , il jouit de la plénitude de la santé, et marche lestement avec des béquilles.

Hrflcj ions. — La manière dont la nature a procédé dans ce cas doit suggérer de sérieuses réflexions; elle démontre combien on doit être circonspect dans l’application de cer tains agents thérapeutiques. Cependant je ne pense pas que l’on puisse attribuer à la seule action irritante du vésicatoire appliqué à la jambe , dont l’emploi est journalier , les

graves accidents qui ont nécessité l’amputation; c’est plutôt dans une altération des liquides , que l’on doit en trouver la cause et reconnaître que le principe délétère , résultat de cette ulcération , répandu d’abord dans toute l’économie et ensuite attiré sur un seul point , s’y est concentré et s’est éteint dans la mortification des tissus qu’il avait produite. C’est l’éloignement de ce principe , des organes essentiels à la vie , c’est son extinction dans les tissus mortifiés, qui ont probablement garanti les premiers de la désorganisation qui les menaçait. Quant à l’existence d’une artérite primitive , les raisons énoncées ci-dessus me forcent à n’y pas croire. Il y a bien eu une artérite ; mais elle m’a paru être secondaire et la conséquence de l’inflammation éliminatoire.

d’un ABCES FISTULEUX SITUE DANS LA FOSSE ILIAQUE DROITE. INJECTIONS REITEREES. — GUÉRISON.

Dans ma thèse inaugurale'\j’aifaitressortirles avantages que l’on pouvait retirer des injections à certaine période de l’érysipèle phlegmoneux, par exemple, lorsqu’il y a formation de pus , écoulement d’ichor et décollement de la peau. Ces avantages m’ont éié confirmés depuis dans plusieurs autres cas d’érysipèle phlegmoneux ; ainsi il me

* Le Journal des Connaissances médico-chirurgicales en a donné un extrait, page 197, 3* année, 1835-1836.

parait bien démontré que îles injection» toniques délersives, et Mil tout celles avec le chlorure «le Munie, «ont d'un grand secours du moment on il existe des clapiers imruleuts , profondément situés , et susceptibles d'entretenir rintlammation et par suite de déterminer la gangrène de la peau J'ai dit aussi . à la fin de ina thèse, que les injections pouvaient convenir dans d'autres aflections ou l’on négligeait irop sotiven d'en faire usage. Je vais aujourd'hui citer , à l’appui de cette dernière opinion , une observation fort remarquable ou les injections ont réussi , lorsqu'une infinité d'autres moyens avaient échoué.

Julie Autreux , de Saint C.vr. ngée de ffi ans, portait dans le liane droit une mineur qui paraissait avoir particulièrement son siège dans la fosse iliaque. KHe avait une ouverture (Istuleuse . située atl-dessus de la crête de l’os des isles et près l'apophyse transverse de l'avant-dernière vertèbre lombaire. Celte ouverture laissait suinter continuellement une sérosité purulente. A son aspect , on aurait pu supposer U cane d'une vertèbre; mats l« liquide était inodore, et l'embonpoint de la jeune malade témoignait d'ailleurs du contraire; la cause de ce mal venait d’uo coup très-violent reçu dans le côté, et contre, les suites lâcheuses duquel elle n’avait opposé d'abord aucun remède. Quinse jours après l'accident ( 11) mars IMil ). elle sentit dans ce point se développer une tumeur; elle eut d'abord recours à quelques médications insignifiantes, ha tumeur augmenta , devint volumineuse et finit , au bout de trois

mois , par abcéder. Elle était indolente , peu douloureuse. Il en sortit d’abord du pus , mais il fut bientôt remplacé par la sérosité purulente dont nous avons parlé. La prolongation de son écoulement finit par donner de l’inquiétude. Ce fut alors (llJ septembre 1841) que l’on vint me consulter. Je palpai la tumeur, j’introduisis un stylet dans la poche qui la formait ; il ne s’arrêta qu’à la profondeur de neuf cen timètres environ. Pendant longtemps j’employai, pour faire résoudre , disparaître celte tumeur, un assez grand nombre de remèdes , sans aucun résultat. La profondeur du foyer de l’abcès où l’instrument ne peut guère pénétrer sans danger , m’empêcha d’avoir recours à une opération et me suggéra la pensée d’user des injections. Elles furent répétées six fois de suite avec l’eau végéto-minérale. A la première injection , faite le 1er juin 1842 , le liquide ressortit sans aucun mélange d’impuretés : le deuxième jour, elles furent poussées avec force et entraînèrent au dehors une infinité de tlocons de pus concret ; le troisième et le quatrième jour, il en sortit encore , mais beaucoup moins ; le cinquième et les suivants, il n’en sortit plus. Dans l’intervalle des injections, il s’écoula de la sérosité jaunâtre. La tumeur , qui était très apparente , diminua d’une manière sensible : le onzième jour , l’écoulement de sérosité avait cessé. La cicatrisation de l’ouverture fistuleuse s’effectuait. Le quinzième jour, elle était complète. J’ai revu depuis la jeune personne plusieurs fois; la dernière fois

(la juillet f H43 ) j’ai k liane droit , je n'y ai plut) re

trouvé de tumeur, elle était résolue.

Htflriion* — truand il y a du diogcr à porter le bistouri dans uu abcès Aslulêux situé profondément; quand le malade d'ailleurs oppose une résistance invincible à son emploi ; quand eullti les topiques ne peuvent rien sur le mal , il faut alors user des injections; faites avec des substances appropriées à sa nature , elles seront d’une grande ressource. D'après le-» bons eflVls que j'en ai obtenus, je ne crains pas de dire que , dans beaucoup de cas , elles pourraient , lorsqu'il existe une llstule , précéder l’usage des instrumenta tranchants et être associées de prime abord aux topiques; on ne saurait trop les recommander , et les praticiens devraient signaler avec empressement les succès quelles leur procurent. Biles méritent, ce me semble, d'étre rangées parmi les moyens héroïques que la science possède , et dont le nombre est encore trop restreint.

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