‹ Mémoires et observations cliniques de médecine et de chirurgieChapitre 6 sur 22 · UTILITÉ DE LA COMPRESSION · texte numérisé non relu

UTILITÉ DE LA COMPRESSION

POUR ARBBTBH LES PROGRÈS L)E L ERNSIPELE QUI SURVIENT A LA SUITE DES MOUCHETURES PRATIQUEES SUR LES MEMBRES.

Les résultats que l’on obtient en général par l’emploi des mouchetures , sont trop subits et trop utiles pour que l’on ne soit pas tenté d’y avoir recours toutes les lois que l’on n’a plus rien à espérer des moyens ordinaires. JNonseulement la sérosité qui s’en écoule procure le dégorgement des parties infiltrées , mais encore la guérison de la maladie s’ensuit assez souvent. Aussi n’attendrait-on pas le moment extrême pour les pratiquer , si l’on n’avait à redouter un accident de la plus grande gravité , c’est-à-

«lire l’érysipèle gangreneux qui arriva souvent à leur Mule (/est une complication qui a fait regretter parfois de le» avoir employées, et qui explique la circonspection des médecins dans ces circonstances.

Pourtant , il est des occasions où il n’y a pas d'slterna tive , où, quelles que soient les craintes qu'elles inspirent, il faut se dérider A cette espèce d'opération. Beaucoup de praticiens ont dû se trouver dans ce cas. Pour moi , témoin déplus d un exemple fâcheux dû aux mouchetures, j’ai re« herclié parmi les moyens connus le plus propre à prévenir le» suites de ce redoutable accident Je donne la pré ference à Ij compression t'est dans les deux cas suivants que j’ai eu le plus i m’en louer.

• 'its. Madame Mirant, rue de la Monnaie, k Tours, Agée de 3<Uns, dune faible constitution, est depuis longtemps atteinte rie p ilpit liions produites par un commencement d’hypertrophie du cœur. Hile accouche le H novembre 1836; dix jours après se développe une anasarque géné raie. I/œdètne des extrémités inférieures est très prononcé, et, nonobstant la médication suivie avec exactitude , des crevasses sont sur le point de s’y faire, bes mouchetures sont alors proposées . acceptées et pratiquées sur les cûtés des jambes. Klles amènent un dégorgement complet des parties infiltrées. Il en résulte un grand soulagement, répondant les petites plaies des mouchetures ne tardèrent pas à s'envenimer. Il se déclare une fièvre intense , précédée d’un frisson qui dure plusieurs heures , et la rou-

geur, la tension et la douleur des jambes sont le prélude d’un violent érysipèle. Pour en prévenir les suites funestes, je pose aussitôt sur les membres inférieurs deux bandes dont les circuits commencent aux orteils et finissent au-dessus du genou. Je les ôte au bout de vingt-quatre heures : je remarque alors un grand mieux. lie gonflement, la lièvre avaient singulièrement diminué. Les bandes sont néanmoins réappliquées les jours suivants. Le quatrième, il ne reste [tas trace d'érysipèle. Peu de temps après , l’anasarque avait aussi disparu.

2II1C Cas. — Le sieur Judes, journalier, demeurant à Tours , près le ruau Sainte- Anne , ûgé de 4L» ans , d’un tempérament lymphatique , a présenté , à deux fois différentes, dans le cours d’une hydropisie générale, des sypmptômes d’érysipèle diffus, survenus à la suite de mouchetures, et deux fois la compression, exercée dès le début,

les a dissipés. Dansla prévision du développement de l’érysipèle, j’avais eu soin, afin de n’occasionner aucun retard

dans l’emploi de la compression , de faire confectionner à I avance deux bandes , et j’avais montré à la femme Judes la manière de les appliquer . en attendant mon arrivée.

Réflexions. — Quand on considère les effets rapides et salutaires de la compression dans les deux cas qui précèdent , on doit être convaincu (pie les éloges qui lui ont été donnés ne sont pas au-dessus de la vérité.

Assurément, la compression est un excellent moyen pour arrêter les progrès de ce genre d’érysipèle qui tend

essentiellement a la gangrène. L'on ne saurait trop répéter que se» ••lifts août d'autant plus efficaces el plus sûrs , qu elle est uuse eu usage dès l'apparition du mal. Il est donc facile ici de remplir une pareille indication , puisque l’on peut prévoir les suites fâcheuses qui résultent parfois de l'emploi des mouchetures.

Je pense que c'est la meilleure médication à employer dès le principe. Mlle est 4 la première période de cette affection ce qu'à mon avis, les injections toniques et détersif es sont à la dernière période. Si l'une peut prévenir les accidents , l'autre peut , lorsque toutes les ressources de l'art sont épuisées, obvier aux graves désordres qui existent et procurer encore la guérison.

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